Déconfinement: Marlène Schiappa craint "une décompensation" des violences contre les femmes

"La vraie crainte c'est qu'il y ait davantage de féminicides", déclare aussi la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes jeudi sur France Inter.

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Avec France Inter - franceinfo
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Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, à Bergerac (Dordogne), en février 2019. (FRANCE BLEU PÉRIGORD / RADIO FRANCE)

Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, revient sur les violences envers les femmes à la sortie du confinement, jeudi 21 mai sur France Inter. Elle craint "qu'il y ait davantage de féminicides" et une "décompensation" des violences contre les femmes en période de déconfinement. Elle détaille également un plan de lutte contre le harcèlement de rue va être mis en place dès lundi.

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Marlène Schiappa souhaite ainsi "généraliser les arrêts de bus à la demande" le soir et la nuit. Elle va aussi réunir "dans les prochaines semaines" les plateformes de VTC, pour "l'intégration d'un module de lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans l'examen pour devenir chauffeur VTC", et indique qu'Uber va offrir "1 000 trajets pour conduire les femmes victimes de violences conjugales au commissariat ou dans leur prochain logement". Par ailleurs, un réseau de lieux sûrs va être développé, avec le dispositif "demandez Angela". "Quand vous êtes en danger, un homme vous suit dans la rue, vous vous sentez menacée, vous vous réfugiez dans un endroit partenaire" en demandant à voir Angela, explique Marlène Schiappa. Les personnes de ce lieu appelleront alors les forces de l'ordre.

Les signalements de violences en hausse

Pendant le confinement, il y a eu "cinq fois plus de signalements sur la plateforme dédiée", confirme Marlène Schiappa, reprenant un chiffre donné mi-avril. En revanche, "il y aurait eu moins de féminicides que d'habitude", déclare-elle, en disant rester "très prudente sur les situations dramatiques que l'on pourrait potentiellement découvrir", "car toutes les portes ne se sont pas encore rouvertes". "Pour l'instant, on en serait à un féminicide tous les 4,2 ou 4,4 jours", selon la secrétaire d'État, contre ,"d'habitude", un féminicide "tous les trois jours, voire un tous les 2,5 jours".

L'éviction du conjoint violent du domicile a été plus rapide "en moyenne il a fallu trois heures pour trouver un logement", contre "plus de 48 heures" auparavant, selon Marlène Schiappa. Une ligne téléphonique destinée aux hommes"qui sentent avoir des accès de colère, de violence" et qui souhaitent un accompagnement psychologique, a reçu 200 appels.

Par ailleurs, le confinement a renforcé les inégalités au sein du foyer. "On a commandé une étude qui montre que dans 63% des familles, c'est la femme qui a fait la totalité des repas pendant tout le confinement", note Marlène Schiappa, qui estime qu'"historiquement, cela n'a pas le même sens de renvoyer les hommes et les femmes à la maison".

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