Déconfinement : Ile-de-France-Mobilités réfléchit à des mesures pour éviter la "surcharge aux heures de pointe" dans les transports

Grégoire de Lasteyrie, délégué spécial aux nouvelles mobilités à la région Ile-de-France, souhaite que les employeurs modulent les heures d'embauche et de débauche pour éviter la foule aux heures de pointe dans les transports en commun.

Hall de la Gare du Nord à Paris, le 30 septembre 2019.
Hall de la Gare du Nord à Paris, le 30 septembre 2019. (STÉPHANIE BERLU / RADIOFRANCE)

"Il faudra voir avec les employeurs comment on peut étaler l'embauche le matin et la débauche le soir pour ne pas avoir ce phénomène de surcharge au moment des heures de pointe" dans les transports en commun, a expliqué dimanche 26 avril sur franceinfo, Grégoire de Lasteyrie, délégué spécial aux nouvelles mobilités à la région Ile-de-France et maire de Palaiseau (Essonne).

>> Covid-19 : suivez les dernières informations dans notre direct

Beaucoup d'usagers font part de leur inquiétude à l'idée de reprendre les transports à partir du 11 mai. "Il y a habituellement 12 millions de déplacements dans les transports en commun, ça fait 5 millions de Franciliens qui sont dans les transports tous les jours. Si on retrouve tout le monde au 11 mai, c'est clair que ça ne passera pas", a reconnu Grégoire de Lasteyrie. "La première solution, c'est le port du masque obligatoire" et chaque "abonné Navigo aura" un masque offert par la région. "Ce sont des masques aux normes Afnor qu'on produit sur le territoire francilien. Ils seront distribués selon des modalités qui seront transmises directement aux abonnés".

franceinfo : Comment faire pour prendre les transports en Ile-de-France en toute sécurité au moment du déconfinement ?

Grégoire de Lasteyrie : Les inquiétudes sont tout à fait légitimes. Au lendemain du déconfinement, on ne pourra pas se déplacer comme la veille du confinement. Il y a habituellement 12 millions de déplacements dans les transports en commun, ça fait 5 millions de Franciliens qui sont dans les transports tous les jours. Pendant le confinement ce sont 500 000 Franciliens, si on retrouve tout le monde au 11 mai, c'est clair que ça ne passera pas. La RATP et la SNCF ne seront pas en capacité d'avoir 100 % de l'offre habituelle. La RATP sera à 70 % de son offre et la SNCF à 50 %. Nous, on leur demande de passer le plus rapidement possible à 100 % de l'offre. Je ne vois pas comment le matin dans le RER B, qui est extrêmement chargé, on arriverait à garder un mètre de distance entre chaque passager si tous se présentent comme à l'accoutumée. La première solution, c'est le port du masque obligatoire. Tous les déplacements doivent-ils être maintenus tels quels ? Pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler il faudra voir avec les employeurs comment on peut étaler l'embauche le matin et la débauche le soir pour ne pas avoir ce phénomène de surcharge au moment des heures de pointe. C'est notre demande auprès du gouvernement. On se demande s'il ne faudra pas réfléchir à un dispositif de déplacement avec une attestation qui préciserait l'heure à laquelle le salarié commence son travail pour une bonne répartition de la charge sur la journée.

Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile-de-France, annonce la distribution prochaine de deux millions de masques pour les Franciliens abonnés au Passe Navigo. C'est aux régions d'assurer cette distribution et non à l'Etat ?

Il faut qu'on le fasse, il faut qu'on s'y mette. Tout le monde doit prendre sa part. La Région également. A Palaiseau, chaque habitant aura un masque. Dans le département, chaque Essonnien aura un masque donné par le Conseil départemental et ceux qui ont l'abonnement Navigo auront un masque par la Région. Un abonné Navigo aura par les collectivités déjà trois masques en tissu lavables qui lui seront donnés dans les prochains jours, dans les prochaines semaines. C'est un effort qui doit être collectif. C'est énorme le défi qui est devant nous. Ce sont des masques qui sont aux normes Afnor, qu'on produit sur le territoire francilien. Ils seront distribués selon des modalités qui seront transmises directement aux abonnés Navigo. On a l'appareil productif francilien qui s'est mis en ordre de marche, ces masques seront disponibles. Notre objectif c'est de pouvoir protéger les Franciliens qui, dès le 11 mai, n'auront pas d'autre choix que de prendre les transports en commun. Ile-de-France Mobilités s'engage à fournir des masques au départ, ensuite, je pense notamment aux employeurs qui auront la charge de protéger leurs salariés et de leur fournir les modes de protection adéquats pour pouvoir faire les trajets domicile-travail.

Pour favoriser le déplacement à vélo, que va-t-il se passer, y aura-t-il de nouvelles pistes ?

Il faut aussi réfléchir aux autres formes de mobilité à commencer par le vélo qui peut être un très bon mode de déplacement à partir du déconfinement. Nous avons annoncé, avec le collectif Vélo-Ile-de-France, le RER vélo : ce sont des pistes cyclables qui sillonnent toute l'Ile-de-France pour doublonner les lignes de transports en commun, les principaux axes routiers. On se propose de financer des pistes temporaires avant les pistes définitives pour que dès le déconfinement on puisse déjà faciliter la pratique du vélo. Il y a 400 000 Franciliens qui avant les grèves de décembre prenaient le vélo tous les jours. Notre objectif c'est qu'à partir du 11 mai on soit 800 000 Franciliens sur les pistes cyclables en Ile-de-France.