Déplacements limités entre les régions, masques obligatoires… Voici les pistes des ministres pour le déconfinement remises à Matignon

Les membres du gouvernement ont remis leur copie secteur par secteur mercredi lors du Conseil des ministres.

Un jeune homme avec un masque à la station de métro Barbès-Rochechouart, le 17 avril 2020, à Paris.
Un jeune homme avec un masque à la station de métro Barbès-Rochechouart, le 17 avril 2020, à Paris. (FRANCK RENOIR / HANS LUCAS / AFP)

A quoi l'après-11 mai va-t-il ressembler en France ? Les membres du gouvernement réunis en Conseil des ministres ont remis à Matignon, mercredi 22 avril, leur plan de déconfinement. Cette première mouture de leurs plans sectoriels sera intégrée d'ici à la fin du mois dans un projet global aux allures de casse-tête pour l'éducation, les transports ou les entreprises, dans un contexte sanitaire incertain. Voici les premières pistes qui ressortent de leurs propositions, selon les informations de France Télévisions. 

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Les déplacements entre les régions limités dans un premier temps

Le gouvernement devrait se prononcer pour le maintien, dans un premier temps, de la limitation des déplacements interrégionaux pendant le déconfinement. "On ne veut pas 300 000 personnes sur les plages", explique une source gouvernementale à France Télévisions. Une restriction qui pourrait durer jusqu'à mi-juin, date à laquelle un premier bilan du déconfinement sera effectué, selon l'exécutif. 

"On peut alléger le déconfinement dans les départements où le virus circule peu ou pas, mais à la condition que les gens habitant dans les zones où le virus est présent ne viennent pas importer le virus. Il faut éviter qu’il y ait un brassage de population, donc un brassage du virus", souligne un ministre.

Toutes les options sur la table pour la réouverture des crèches

Si un plan pour la réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai a été esquissé par Jean-Michel Blanquer devant la commission des Affaires culturelles et de l'Education mardi, rien n'a encore filtré pour celle des crèches, gérée par le cabinet de Christelle Dubos, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé. Selon les informations de France Télévisions, toutes les options sont sur la table, mais rien n'est tranché. Des scénarios similaires à ceux envisagés pour les écoles sont à l'étude.

L'exercice est délicat car il implique le ministère de la Santé pour la protection des personnels de la petite enfance, les associations d'élus en charge de ces structures et le ministère du Travail pour la reprise d'activité des parents, qui déterminera le nombre d'enfants à garder. "Il est trop tôt à ce stade pour valider une hypothèse plus qu'une autre", fait-on valoir au sein du gouvernement.

Masques obligatoires dans les transports en commun

Le retour au travail de ceux qui sont actuellement au chômage partiel pose la question des transports. "C'est un travail énorme. Vous passez du confinement qui est une règle quasi générale pour tout le monde au déconfinement qui est plutôt une multitude de cas particuliers", explique une source gouvernementale à France Télévisions. 

Le gouvernement se dirige toujours vers une obligation du port du masque dans les transports en commun, mais il va falloir régler d'autres questions comme la distribution de gel hydroalcoolique, le renforcement du nettoyage des infrastructures ou la fréquence des rames, notamment aux heures de pointe, afin d'éviter l'engorgement.

Des fiches techniques sont également distribuées aux collectivités qui souhaiteraient installer des pistes cyclables temporaires. Par exemple, à Paris, de nouvelles pistes cyclables temporaires pourraient être balisées avec des barrières en plastique facilement modulables et qui suivraient les itinéraires des grandes lignes de métro.

Poursuite du télétravail, horaires décalés…

Pour le gouvernement, le télétravail doit se poursuivre autant que possible, mais d'autres pistes sont à l'étude, comme une incitation pour les employeurs afin de mettre en place des horaires décalés. 

Reste aussi la question des opérateurs d'importance vitale, comme pour le traitement des déchets. Le retour à la normale va augmenter la masse de déchets à traiter, avec la nécessité d'organiser le retour des agents dans les centres de traitement, qui fonctionnent aujourd'hui en activité réduite. Dans les centrales nucléaires, le calendrier des travaux de maintenance, qui nécessitent beaucoup de personnel, doit être réajusté en prévoyant des reports à l'été. Enfin, le ministère du Travail a mis en ligne un guide pratique avec des conseils par métiers.