L'invité éco, France info

Coronavirus : Carrefour va verser une prime de 1 000 euros à 85 000 salariés "pour plutôt fin mai", explique le directeur exécutif en France du groupe

"C’est une prime totalement exceptionnelle, mais qui correspond à un effort exceptionnel", indique Pascal Clouzard.

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Un supermarché Carrefour à Montpellier, le 28 mars 2019 (photo d\'illustration).
Un supermarché Carrefour à Montpellier, le 28 mars 2019 (photo d'illustration). (PASCAL GUYOT / AFP)

Plusieurs grandes enseignes de la distribution ont annoncé leur décision de verser une prime de 1 000 euros aux salariés mobilisés sur leur lieu de travail pendant la crise sanitaire du coronavirus, répondant ainsi aux souhaits de l'exécutif. "Cela concerne 85 000 personnes à peu près. C’est une prime totalement exceptionnelle, mais qui correspond à un effort exceptionnel", a expliqué Pascal Clouzard, le directeur exécutif de Carrefour en France, l'invité éco de franceinfo lundi 23 mars. Elle devrait arriver sur les fiches de paye vers la fin du mois de mai.

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Pascal Clouzard a tenu aussi à rassurer aussi sur l’approvisionnement des magasins : "Nous sommes approvisionnés. Nous avons à peu près, pour rassurer les Français, une trentaine de jours de stocks disponibles".
 
franceinfo : Combien de salariés sont concernés par la prime de 1.000€ que vous avez annoncée pour le groupe Carrefour ?

Pascal Clouzard : Cela concerne 85 000 personnes à peu près. C’est une prime totalement exceptionnelle, mais qui correspond à un effort exceptionnel. C'est vraiment une juste reconnaissance de ce que les gens vivent en ce moment. Ce n’est quand même pas si simple, donc je pense que c'était de bon aloi de faire en ce moment. Je pense que c'est plutôt pour fin mai parce qu'il y a quand même des aspects techniques à gérer. On prendra sur les deniers de la société. C'est très important de faire cet effort.
 
Est-ce que les clients respectent bien les consignes et vos salariés sont-ils assez protégés ?

Depuis quelques jours, les gens respectent assez bien les consignes. Il y a des gestes quotidiens pour nos employés. On a livré du gel et des gants. Il y a une désinfection systématique des magasins, de nos matériels ou des chariots. Mais le plus important, c'était la régulation à l'entrée des magasins. On a mis des plaques de plexiglas à l'entrée des magasins. Pour les hypermarchés c’est fini aujourd'hui, les supermarchés aussi. Nos partenaires franchisés sont en train de le faire. On s'est battus pour obtenir des masques. Il y avait une réquisition, la réquisition a pris fin, donc on attend une dizaine de millions de masques. Ça va être important. Une autre inquiétude aussi, c'était la prise de température éventuelle dans certains de nos entrepôts. C’est quelque chose qu’on a levé. Je crois que la bonne initiative, c'était aussi de mettre des plexiglas, qui quelque part protége la relation entre un caissier ou une caissière et un client. Après, ce qu’il faut vérifier dans les magasins, c’est que les gens respectent une certaine distance de sécurité. On parle d'un mètre, parfois de deux mètres. C'est ça qui est le plus difficile. On le fait bien à l'entrée en régulant, mais ça, c'est aux gens de le faire.

Est-ce que vos 5 000 magasins sont tous ouverts et fonctionnent tous normalement ?

Tous les magasins sont ouverts. Ils fonctionnent tous. Nous sommes approvisionnés. Nous avons à peu près, pour rassurer les Français, une trentaine de jours de stocks disponibles. On ne va pas mourir de faim.  Il y a des pics d'affluence qui fait que la logistique est un peu un peu troublée. Quand, tout d'un coup, beaucoup plus de clients que prévu viennent acheter des produits de première nécessité, vous retrouvez effectivement en rupture, ça donne une impression de pénurie mais les stocks sont derrière. Quand il y a une annonce, les gens se décident à aller acheter beaucoup le lendemain matin. Au lieu d'avoir entre 3 000 et 5 000 clients par jour, ce jour-là, vous allez avoir peut-être 6 000 clients qui vont se concentrer le matin. Après, ce qui peut arriver c’est que certains industriels vont peut-être petit à petit réduire des lignes de production. Vous n’aurez peut-être pas toutes les variétés de pâtes, mais il y en aura. Les gens ne doivent pas s'inquiéter.

Vous avez adapté votre offre de livraison pour aider à lutter contre cette épidémie, notamment avec de nouveaux paniers que tout le monde peut commander ? 

Ce sont des paniers qui sont à 5 euros par jour et par personne. On a mis trois types de paniers. "Veggie" parce qu'évidemment ce sont des paniers à base de légumes. Un panier qu'on a appelé "Terre" parce qu'il y a des gens qui aiment manger du cassoulet dans le confinement. Un panier qu'on a appelé le "Mer". On a prévu aussi des paniers pour les bébés, les chiens, les chats et l'entretien. Le client aussi pourra dire : “Je veux être livré tous les lundis. J'habite dans le 15e" ; et tous les lundis, on l’enverra. Le service a démarré lundi 23 mars à Paris. On a mis en place des horaires spéciaux pour le personnel soignant. On a préparé en hypermarché des paniers pour les routiers. Il y a toute une solidarité qui est en train de se mettre en place. Là, vous pouvez y aller. C'est dans un site à part qui s’appelle les essentiels de Carrefour. C'est plutôt de l'épicerie fond de placard. Petit point en plus, pour chaque commande, on reversera un euro à l'aide d'urgence "Covid-19 aidons nos soignants". Je trouve que c'était aussi un geste élégant. Pour le moment, ce n'est qu'à Paris. C'est compliqué de le faire ailleurs, car on a ouvert un entrepôt spécial, et on l'a trouvé dans la banlieue parisienne. On sera amené à l'envisager dans d'autres grandes métropoles françaises.

Un supermarché Carrefour à Montpellier, le 28 mars 2019 (photo d\'illustration).
Un supermarché Carrefour à Montpellier, le 28 mars 2019 (photo d'illustration). (PASCAL GUYOT / AFP)