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Confinement : bilan positif pour le télétravail

Après huit semaines de télétravail pour cinq millions de salariés, et alors qu’il doit continuer à être la norme, on peut en tirer un premier bilan très positif, selon deux études.

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Un homme télétravaille chez lui pendant que ses enfants jouent, à Tokyo, le 23 mars 2020.
Un homme télétravaille chez lui pendant que ses enfants jouent, à Tokyo, le 23 mars 2020. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

Un sondage n’a pas forcément de valeur scientifique mais quand deux études sortent coup sur coup sur exactement la même question et qu’elles apportent rigoureusement la même réponse, on peut commencer à prendre la chose au sérieux. D’autant que l’un de ces deux sondages sur le télétravail porte sur un échantillon de 10 000 salariés issus de 200 entreprises.

Le résultat commun, c’est que les salariés qui ont expérimenté le télétravail plébiscitent cette pratique. Dans les deux sondages, respectivement 73 % et 74 % des personnes interrogées souhaitent qu’il se prolonge au-delà de la période de confinement. Selon l’enquête réalisée par Malakoff Humanis, un tiers opte pour un télétravail régulier, et 41 % pour une pratique ponctuelle du télétravail. Petit rappel : avant la crise - et aussi avant les grèves de décembre - seuls 7 % des salariés français pratiquaient le télétravail. Ce sont les chiffres officiels fournis par le service statistique du ministère du Travail. On va donc vers une explosion de ce phénomène et une installation durable du travail à distance.

Des pour et des contre

L’étude menée par ChooseMyCompany sur cet impressionnant échantillon de 10 000 personnes met en évidence que le télétravail divise. Du côté des pour, une très nette majorité - et ça peut surprendre au premier abord - de seniors. Ceux qui ont plus de 30 ans d’expérience sont nettement plus positifs que les autres. Pourquoi ? Les auteurs de l’étude avancent que, tout simplement, c’est parce qu’ils n’ont plus d’enfants à la maison. On peut aussi supposer qu’ils sont plus autonomes dans leur travail et qu’ils ont moins besoin de reconnaissance de la part de leur manager.

Autre public très friand du télétravail, les managers. Plus que les managés, ils sont satisfaits du travail à distance. Enfin il y a aussi des métiers où le télétravail est plus populaire. Il s’agit des fonctions marketing et communication. Les travailleurs de ces secteurs estiment notamment que - et là aussi cela peut être surprenant - le télétravail crée davantage de convivialité. Les réunions Zoom, Skype ou Teams peuvent donc créer du lien.

Les jeunes plus réticents

C’est aussi une surprise : les jeunes sont davantage opposés au télétravail. Les salariés qui ont moins de cinq ans d’expérience ne sont que 62 % à apprécier le télétravail. Cest beaucoup, mais c’est cinq points de moins que la moyenne. Il y a trois raisons pour expliquer cela. Quand on commence sa vie professionnelle, on a particulièrement besoin de soutien de la part de ses managers. On apprécie aussi la communauté physique de travail. On a également moins d’autonomie.

Enfin du côté des métiers, ceux qui apprécient le moins la formule travaillent dans les secteurs du conseil et de la grande consommation.

Un homme télétravaille chez lui pendant que ses enfants jouent, à Tokyo, le 23 mars 2020.
Un homme télétravaille chez lui pendant que ses enfants jouent, à Tokyo, le 23 mars 2020. (BEHROUZ MEHRI / AFP)