Allocution d'Emmanuel Macron : "On nous revend le 'travaillez plus", "c'est toujours la même chose", réagit le secrétaire générale Force Ouvrière

"Il ne faudrait pas renouer avec des slogans éculés qui ont fait la démonstration de leur erreur économique et sociale", prévient  Yves Veyrier. Le syndicaliste appelle à "relocaliser l'activité" pour "offrir du travail à tous ceux qui en manquent aujourd'hui".

Le secrétaire général de Force Ouvrière, Yves Veyrier.
Le secrétaire général de Force Ouvrière, Yves Veyrier. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"S'il s'agit de faire travailler plus ceux qui ont déjà du travail aujourd'hui en rognant sur les congés, les jours de repos, ou en dérogeant au temps de travail comme on a déjà pu l'entendre, cela n'ira pas", a prévenu Yves Veyrier, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière, dimanche 14 juin sur franceinfo, réagissant à l'allocution d'Emmanuel Macron. Après la crise sanitaire, le syndicaliste appelle à une "reconsidération d'ensemble" pour toutes les professions "qui servent chacun d'entre nous, au quotidien, et auxquels on ne prête pas suffisamment d'attention."


franceinfo : Le président a annoncé qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts. Le modèle économique à suivre est donc de travailler plus ? C'est un bon choix, selon vous ?


Yves Veyrier : Je ne sais pas ce qu'on entend par travailler plus. S'il s'agit de faire travailler plus ceux qui ont du travail aujourd'hui en rognant sur les congés, les jours de repos, ou en dérogeant au temps de travail comme on a déjà pu l'entendre, cela n'ira pas. S'il s'agit par contre de relocaliser de l'activité, de relancer l'économie pour pouvoir offrir du travail à tous ceux qui en manquent aujourd'hui, c'est mieux. N'oublions pas que les 800 000 demandeurs d'emplois en catégorie A supplémentaires, ce sont des contrats d'intérimaires et CDD qui n'ont pas été renouvelés. Tous ceux-là n'attendent qu'une chose, c'est un emploi pérenne. Il ne faudrait pas renouer avec des slogans éculés qui ont fait la démonstration de leur erreur économique et sociale.


Ne pensez-vous pas que compte tenu de la situation, les salariés qui ont un travail doivent faire un effort ?


Ceux qui ont un travail sont déjà très inquiets quant au devenir de leur emploi. D'autre part, tous ceux qui n'ont pas de travail sont d'autant plus en difficulté. C'est à ceux-là qu'il faut apporter des réponses. C'est toujours la même chose. On revend le "travailler plus". Si c'est ça qu'il faut attendre, ça n'ira pas. Par ailleurs, le président a évoqué les soignants, il a évoqué les travailleurs des secteurs essentiels qui ne se sont pas arrêtés. Eux méritent une reconsidération d'ensemble.


Attendez-vous des mesures du président sur ces premiers de cordée dont vous parlez ?


Absolument, il ne faut pas les oublier. Ils sont absolument essentiels. Ce sont des emplois qui servent chacun d'entre nous, au quotidien, et auxquels on ne prête pas suffisamment d'attention. Tous les salariés par exemple, des entreprises de sous-traitance, de nettoyage, de sécurité, qui travaillent souvent lorsque les locaux sont fermés, et qui sont tout en bas de l'échelle des salaires. Ce sont des métiers qui méritent une reconsidération. Pas seulement quelques euros de plus à la fin du mois, bien plus que cela.