Déconfinement : zone verte, réouverture des écoles et collèges, second tour des municipales... Ce qu'il faut retenir de l'allocution d'Emmanuel Macron

Déconfinement accéléré, reconstruction "écologique et solidaire", "patriotisme républicain" et "soutien" aux forces de l'ordre... Le chef de l'Etat s'est adressé aux Français, dimanche 14 juin, à 20 heures.

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France Télévisions
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Le président de la République, Emmanuel Macron, s'adresse aux Français à la télévision durant le confinement, le 13 avril 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

C'était sa quatrième allocution aux Français en trois mois. Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, s'est exprimé, dimanche 14 juin à 20 heures, sur la troisième étape du déconfinement prévue le 22 juin. Mais il a aussi longuement abordé le chapitre de la reconstruction économique après la crise due à la pandémie de coronavirus. Selon lui, celle-ci devra être "écologique et solidaire".

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Enfin, il a évoqué la lutte contre les "discriminations", mais aussi contre le "communautarisme". Il a réaffirmé son soutien aux forces de l'ordre, dans un contexte de manifestations contre les violences policières, thème qu'il n'a pas abordé. Voilà ce qu'il faut retenir de son discours.

L'Ile-de-France devient "zone verte" dès lundi

Le chef de l'Etat a annoncé l'accélération de la troisième phase de déconfinement. L'Ile-de-France, qui était en orange jusque-là, devient zone verte. "Dès demain, tout le territoire, à l'exception de Mayotte et de la Guyane, (...) passera dans ce qu'il est désormais convenu d'appeler 'verte', ce qui permettra notamment une reprise plus forte du travail et la réouverture des cafés et restaurants en Ile-de-France. (...) Dès demain, il sera à nouveau possible de se déplacer entre les pays européens (...)".

Réouverture complète des écoles et des collèges le 22 juin

Tous les élèves seront de retour sur les bancs de l'école, sauf les lycéens dont la situation est plus contrastée (certains retournant dans leurs établissements, d'autres non). Emmanuel Macron a annoncé que les crèches, écoles et collèges rouvriront pour tous les élèves à partir du 22 juin, avec "une présence obligatoire". "Dès demain [lundi] en Hexagone comme en outre-mer, les crèches, les écoles, les collèges se préparent à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves de manière obligatoire et selon les règles de présence normales", a-t-il déclaré. Les établissements scolaires avaient fermé leurs portes le lundi 16 mars à l'annonce du confinement.

Visites "autorisées" dans les maisons de retraite et les Ehpad dès le 15 juin

Un soulagement pour les résidents et leurs proches. Emmanuel Macron a déclaré que les visites dans les maisons de retraite et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) seraient "autorisées" "dès demain", lundi 15 juin, et ce sur tout le territoire. "Pour nos aînés en maisons de retraite ou en établissements, les visites devront désormais être autorisées", a-t-il dit lors de sa quatrième allocution solennelle depuis le début de la crise du coronavirus. Les visites dans ces établissements ont été interdites dès le 11 mars, avant le début du confinement, pour freiner l'épidémie de Covid-19. Elles avaient repris, de façon très encadrée, dans la plupart des établissements depuis le 12 mai.

Le deuxième tour des élections municipales "pourra se dérouler" le 28 juin

Le deuxième tour des élections municipales "pourra se dérouler dans les communes concernées le 28 juin", a précisé Emmanuel Macron lors d'une allocution faisant le point sur le déconfinement. "Il faudra éviter au maximum les rassemblements" qui resteront "très encadrés" car "ils sont la principale occasion de propagation du virus", a-t-il ajouté, lors de cette allocution prononcée à la veille de l'ouverture de la campagne officielle pour le second tour.

"Nous n'avons pas à rougir de notre bilan"

Il a également justifié son "choix humaniste" de "placer la santé au-dessus de l'économie", face aux voix qui se sont fait entendre récemment contre un confinement trop dur et trop long.  "Nous n'avons pas à rougir de notre bilan. Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées par nos choix, par nos actions", déclare Emmanuel Macron.

Sur le volet économique, "notre mobilisation a été totale"

Il a rappelé que la France avait pris des mesures importantes pour rétablir l'économie. "Depuis le premier jour de la crise, notre mobilisation est totale. Quoi qu'il en coûte, tel était l'engagement que j'avais pris devant vous dès le mois de mars. Chômage partiel, prêts aux entreprises, accompagnement des commerçants, des indépendants, soutien des plus précaires. Tout a été mis en œuvre par le gouvernement pour sauvegarder nos emplois et pour aider chacun (...) Au total, nous avons mobilisé près de 500 milliards d'euros pour notre économie". 

Pas de hausse des impôts

Mais le chef de l'Etat a prévenu :  "Nous ne financerons pas ces dépenses en augmentant les impôts. Notre pays est déjà l'un de ceux où la fiscalité est la plus lourde. Même si, depuis trois ans, nous avons commencé à la baisser."

"Produire davantage" et investir dans "l'indépendance technologique"

Emmanuel Macron a poursuivi : "La seule réponse est de bâtir un modèle économique, durable, plus fort, de travailler, produire davantage pour ne pas dépendre des autres". Il a estimé qu'il fallait "tout faire pour éviter au maximum les licenciements. C'est pour cela qu'avec les syndicats et le patronat, nous avons lancé une négociation pour que dans toutes les entreprises, nous arrivions à préserver le plus d'emplois possible malgré les baisses d'activité", a-t-il affirmé.

Le chef de l'Etat a également affirmé que sa priorité numéro était "de reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire". Il a estimé qu'il fallait "créer de nouveaux emplois en investissant dans notre indépendance technologique, numérique, industrielle et agricole par la recherche, la consolidation des filières, l'attractivité et les relocalisations lorsque cela se justifie, un vrai pacte productif"

"Réconcilier production et climat"

Le chef de l'Etat a aussi mis l'accent dans son discours sur le verdissement, selon lui, de l'économie. "Il nous faut aussi créer des emplois de demain par la reconstruction écologique qui réconcilie production et climat avec un plan de modernisation du pays autour de la rénovation thermique de nos bâtiments, des transports moins polluants, du soutien aux industries vertes".

"Intraitables face au racisme"

Emmanuel Macron a abordé le thème de la lutte contre le racisme en défendant "l'unité de la République". "Nous unir autour du patriotisme républicain est une nécessité. Nous sommes une nation où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion, doit trouver sa place", a-t-il martelé.

Mais il a reconnu que le combat contre les discriminations devaient "se poursuivre" pour "lutter contre le fait que le nom, l'adresse, la couleur de peau réduisent encore trop souvent dans notre pays les chances que chacun doit avoir". Nous serons intraitables face au racisme, à l'antisémitisme et aux discriminations", a-t-il poursuivi.

"La République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire"

Parallèlement, il a dénoncé le "communautarisme" et la "réécriture haineuse ou fausse du passé".  "Je vous le dis très clairement, mes chers compatriotes, la République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n'oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue", a-t-il affirmé. "Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l'Afrique en particulier pour bâtir un présent et un avenir possible d'une rive à l'autre de la Méditerranée, avec une volonté de vérité".

Les policiers méritent "la reconnaissance de la nation"

Enfin, a-t-il affirmé, "nous ne bâtirons pas davantage notre avenir dans le désordre. Sans ordre républicain. Il n'y a ni sécurité ni liberté". Alors que les violences policières sont à la une de l'actualité dans le monde avec l'affaire George Floyd aux Etats-Unis, et qu'en France plusieurs manifestations ont réclamé que la lumière soit faite sur l'affaire Adama Traoré, il a réaffirmé son soutien aux forces de l'ordre : "Cet ordre, ce sont les policiers et les gendarmes sur notre sol qui l'assurent. Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom. C'est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation."

Un plaidoyer pour davantage de décentralisation

Le chef de l'Etat a défini un "troisième axe" : davantage de décentralisation. "J'en ai la conviction profonde. L'organisation de l'Etat et de notre action doit profondément changer", a-t-il dit. "Tout ne peut pas être décidé si souvent à Paris. Face à l'épidémie, les citoyens, les entreprises, syndicats, les associations, les collectivités locales, les agents de l'Etat dans les territoires ont su faire preuve d'ingéniosité, d'efficacité, de solidarité". 

"Faisons-leur davantage confiance, a-t-il demandé. Libérons la créativité et l'énergie du terrain. C'est pourquoi je veux ouvrir pour notre pays une page nouvelle donnant des libertés et des responsabilités inédites à ceux qui agissent au plus près de nos vies. Liberté, responsabilité pour nos hôpitaux, nos universités, nos entrepreneurs, nos maires et beaucoup."

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