Guerre en Ukraine : la Russie mise sur la chute de Kharkiv

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Après quasiment 7 jours de guerre, les forces russes progressent. Avec un symbole : le contrôle progressif de Kharkiv, la grande ville du Nord Est.

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Radio France
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Un bâtiment après le bombardement par les forces russes de la place de la Constitution à Kharkiv, la deuxième plus grande ville d'Ukraine, le 2 mars 2022. (SERGEY BOBOK / AFP)

Un million et demi d’habitants, Kharkiv c’est la grande ville du Nord Est. La 2e ville du pays. Moscou espérait sa chute rapide parce que Kharkiv est toute proche de la frontière russe, quelques dizaines de kilomètres à peine. Ça prend plus de temps que prévu, mais les forces russes semblent être en passe de prendre le contrôle d’une bonne partie de la ville avec des troupes aéroportées et au prix de combats et de bombardements très violents. Ils ont fait de nombreuses victimes civiles, y compris dans le centre-ville. Des structures hospitalières ont également été touchées.

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Les destructions semblent déjà massives, et on pense forcément à des précédents épouvantables, Alep en Syrie, Grozny en Tchétchénie. L’Ukraine redoute aussi le recours à des armes sales, comme les bombes thermobariques à double explosion. Et elle demande un couloir humanitaire pour évacuer les victimes. Les forces russes ont également progressé dans le Sud, à partir de leurs bases de Crimée. Elles encerclent Kherson et semblent avoir fait la jonction au nord de Marioupol, la grande ville du Sud Est. En revanche, elles ont tenté une percée vers le Nord, à Zaporojia, sur la route de Dniepro au centre du pays, percée qui semble avoir été repoussée. Enfin à Kiev, la situation est un peu plus calme. Mais c’est peut-être le calme qui précède la tempête.  

La bataille de l'information

Avec ces premier succès militaires, Moscou espère certainement un effet en chaine : l’objectif c’est que le moral des Ukrainiens soit atteint. Mais ça n’en prend pas le chemin. Au contraire. Dans de nombreuses villes, les habitants se préparent à résister, dressent des barricades, etc. Et la bataille de l’information bat son plein avec toujours beaucoup d’habileté côté ukrainien Par exemple, le ministère de la Défense ukrainien a lancé un appel aux mères de soldats russes pour qu’elles viennent chercher à la frontière polonaise les soldats russes faits prisonniers par les Ukrainiens. C’est de la communication, mais c’est adroit, c’est une façon de dire : nous ne tuons pas nos ennemis et une façon de chercher à faire bouger l’opinion publique russe. Pour en revenir à l’aspect strictement militaire, les forces russes semblent aussi avoir des problèmes logistiques, d’approvisionnement pour l’infanterie.

Une deuxième séance de négociations

Un nouveau round de négociations entre Ukrainiens et Russes est en outre programmé. Il pourrait débuter dès ce 2 mars au soir, à la frontière avec la Biélorussie. Mais les premiers pourpalers n'avaient pas donné grand-chose il y a 3 jours. Et on a du mal à imaginer que ça puisse aboutir. La 2ème semaine de guerre va débuter. Et le conflit semble plutôt parti pour durer. Quand bien même les Russes prendraient le contrôle des villes de Kharkiv, Kiev et Marioupol, il leur faudrait ensuite tenir le terrain. Ce sont des zones immenses. Plus de 1600 km2 au total. Il est probable que l’on se dirige, dans ces villes, vers des semaines voire des mois de guérilla.  

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