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Le décryptage éco. Les élections professionnelles à la SNCF, un enjeu crucial pour l’entreprise après la grève du printemps dernier

Les élections professionnelles à la SNCF débutent vendredi. La CGT et Sud Rail pourraient perdre des points. La décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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(LOIC VENANCE / AFP)

C’est le top départ, vendredi 16 novembre, d’une élection professionnelle qui promet d’être très suivie : celle de la SNCF. Après la grève du printemps, la direction de l’entreprise espère que les syndicats contestataires perdront du terrain.
Evidemment, Guillaume Pepy , le patron de la SNCF ne le dira jamais comme ça mais on imagine, sans mal, que secrètement, il rêve que la CGT mais aussi SUD Rail perdent quelques points dans ce scrutin. Eux qui étaient les leaders du mouvement de grève.
À partir d’aujourd’hui, les 150 000 salariés de la compagnie ferroviaire vont voter.
Et ça va être intéressant de voir si le paysage syndical va être bouleversé après les 36 jours de grève du printemps où finalement les syndicats n’ont pas obtenu grand chose. Le gouvernement a bel et bien passé sa réforme. Réforme qui, rappelons-le, va transformer profondément l’entreprise, puisque la SNCF change de statut, il y aussi l’organisation de l’ouverture à la concurrence, la mise en place d’un nouveau pacte social. Qui va justement être négocié avec les syndicats. Les résultats des élections vont déterminer la manière dont la réforme ferroviaire va s’appliquer.

Les salariés peuvent sanctionner ou au contraire soutenir les syndicats

La plupart des syndicats ont combattu ensemble la réforme pendant plusieurs semaines, en revanche, à la fin, les positions ont divergé. La CGT qui est aujourd’hui le 1er syndicat de la SNCF avec 34% des voix ( si on se réfère aux résultats des dernières élections de 2015) a voulu continuer des actions l’été dernier.Sans grand succès. Sud Rail était aussi sur une ligne dure alors que le camp réformiste, lui, a préféré négocier. Est-ce que ce pôle réformiste composé de l’Unsa et de la CFDT va recueillir plus de suffrages ? La dernière fois, ça avait été le cas. Est-ce que la CGT dont la SNCF est un bastion traditionnel va se maintenir ou au contraire perdre de l’influence ? ll faut voir. 

La grève va peser 

La SNCF reste un lieu de luttes sociales fort. Un expert en relations sociales, le chercheur Dominique Andolfatto a calculé que les cheminots recourent à la grève en moyenne 12 fois plus que les salariés des autres entreprises, privées et publiques – une moyenne faite à partir des données étudies sur les dix dernières années – cette fois, la grève était inédite, perlée, par intermittence, certes,
Mais, surtout le bilan était maigre !

Le contexte est très particulier

Ces élections seront encore plus déterminantes que d’habitude, car il y a moins de postes qu’avant à pourvoir. À la SNCF, les ordonnances Pénicaud ont déjà été appliquées – ça va être le cas, ou c’est déjà le cas dans toutes les grandes entreprises – les instances représentatives du personnel sont regroupées dans des comités économiques et sociaux, des CSE, qui regroupent les anciens comités d’entreprises, les comités hygiène et sécurité, les Chsct et à la SNCF, le changement est considérable parce qu’il n’y a maintenant plus que 33 CSE, en lieu et place des 31 anciens comités d’entreprises groupe, des 600 Chsct, les 300 délégués du personnels…ce sont près de 9 000 mandats en moins. Autant dire une vraie saignée pour les syndicats. Les salariés ont jusqu’au jeudi 22 novembre prochain pour voter. C’est une première, ils vont pouvoir le faire de façon électronique.

(LOIC VENANCE / AFP)