"Un mal-être grandissant" à la SNCF : SUD-Rail alerte sur l'explosion des licenciements, démissions et ruptures conventionnelles en 2017

Le troisième syndicat de la SNCF affirme que le bilan social de la compagnie ferroviaire est "désastreux". La direction de l'entreprise n'a pas souhaité confirmer à franceinfo les chiffres avancés par SUD-Rail.

Des agents de la SNCF à la gare Saint-Lazare à Paris, en avril 2018. 
Des agents de la SNCF à la gare Saint-Lazare à Paris, en avril 2018.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Le syndicat SUD-Rail parle d'un "bilan désastreux" pour l'année 2017. Selon les statistiques dévoilées par le troisième syndicat de la SNCF, les départs de salariés ont explosé l'an dernier. 

Des départs en forte hausse 

Selon SUD-Rail, 660 personnes ont été licenciées à la SNCF en 2017, contre 452 en 2016, soit une augmentation de 46%. Les ruptures conventionnelles ont connu une hausse de 38%. Les démissions aussi ont crû de 24%, le syndicat affirme que 763 personnes ont démissionné contre 614 l'année précèdente. Cela correspond au total, selon le syndicat, à près de 1 500 cheminots qui ont quitté l'entreprise l'an dernier de manière plutôt brutale.

Il s'agit d'un signe vraiment inquiétant d'après Bruno Poncet, l'un des porte-parole de SUD-Rail. "Nous ce qu'on voit surtout, c'est un mal-être grandissant chez nos collègues qui préfèrent maintenant partir de la SNCF plutôt que de rester et de changer de poste. Beaucoup de choses qui font que les gens sont de moins en moins à l'aise à la SNCF", explique-t-il. "C'est toujours les hommes et les femmes qui travaillent dans cette entreprise qui en pâtissent", conclut le porte-parole du syndicat. 

Pas de commentaires de la direction 

La direction de la SNCF ne souhaite pas s'exprimer avant la présentation officielle de son rapport social 2017 aux syndicats, qui aura sans doute lieu un peu avant la mi-octobre. Mais selon nos informations, les chiffres de SUD-Rail n'auraient rien de fantaisistes. Ils traduiraient bien une tendance, perceptible en interne depuis la précédente réforme ferroviaire de 2014. Les syndicats redoutent que la nouvelle réforme adoptée cette année n'aggrave encore la situation à l'avenir.