SNCF : la grève a coûté 790 millions d'euros à la compagnie ferroviaire

Cette perte dépasse le bénéfice net enregistré par le groupe sur l'année 2017 (679 millions d'euros).

Deux trains patientent en gare Saint-Charles, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 28 juin 2018.
Deux trains patientent en gare Saint-Charles, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 28 juin 2018. (GERARD BOTTINO / CROWDSPARK / AFP)

Le mouvement des cheminots contre la réforme ferroviaire du gouvernement a coûté un total de 790 millions d'euros à la SNCF, soit plus de 21 millions pour chacune des 37 journées de grève, entre le 22 mars et le 28 juin, selon un document interne consulté vendredi par l'AFP. Cette perte dépasse le bénéfice net enregistré par le groupe sur l'année 2017 (679 millions d'euros).

L'essentiel de l'ardoise s'explique par une perte de chiffre d'affaires de 770 millions d'euros. Sur ce total, 600 millions de recettes ont été perdues pour les activités voyageurs, de nombreuses personnes ayant renoncé à prendre le train en raison des perturbations de trafic. En outre, 60 millions de ventes ont été perdues dans le fret, certaines entreprises préférant se tourner vers d'autres modes de transport. Le reste provient d'une diminution de contributions de la part des autorités organisatrices de transports liées à des baisses de refacturation des péages.

Réduction des charges de l'entreprise

Aux recettes perdues s'ajoute un coût de 160 millions d'euros pour les mesures commerciales mises en œuvre par la société des chemins de fer afin de réduire le préjudice subi par ses clients. La SNCF a notamment accordé des dédommagements sur leurs abonnements aux usagers des TGV, Intercités, TER et Transilien. Les mesures commerciales incluent aussi des abonnements TGV Max gratuits pour le mois d'avril, des billets à prix réduits, le service de covoiturage IDVroom gratuit les jours de grève... Ces remises ont coûté 120 millions d'euros. De nombreux bus de substitution ont été mis en place durant les grèves, pour un coût de 40 millions d'euros.

Le mouvement des cheminots s'est en revanche aussi traduit par une réduction des charges de l'entreprise pour 140 millions d'euros. Cette baisse provient des retenues sur salaires pour 100 millions d'euros et de moindre dépenses (en électricité notamment) liées au plus faible nombre de trains roulants.