EDITO. La première rentrée de Gabriel Attal à la tête de l'Education nationale, un ministère très politique

Vendredi c'est la prérentrée des enseignants, trois jours avant leurs élèves et c'est aussi la première rentrée de Gabriel Attal rue de Grenelle, un ministre de l'Education nationale aux ordres de l'Elysée.
Article rédigé par franceinfo, Renaud Dély
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Gabriel Attal, le nouveau ministre de l'Education Nationale à la sortie du conseil des ministres le 30 août 2023 (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Gabriel Attal à l’Education nationale, c'est un ministre très politique qui succède à un autre qui l’était beaucoup moins : l’historien Pap Ndiaye qui a tenu à peine plus d’un an à ce poste. La différence de style est frappante. Gabriel Attal est omniprésent dans les médias, quand son prédécesseur semblait fuir la lumière. Sur le fond, le nouveau ministre a déjà marqué sa différence à propos de la laïcité en décrétant l’interdiction du port de l’abaya à l’école, ce que Pap Ndiaye s’était refusé à faire. Mais il y a quand même un point commun aux deux ministres : c’est le "surgé" (ou le CPE pour parler jeune), le surveillant général qui, lui, n’a pas changé.

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Emmanuel Macron, le "surgé" de l’Elysée

Le surveillant général c’est le chef de l’Etat. L’école, c’est son dada. Comme celui de son épouse, enseignante à la retraite, et très influente sur ce sujet à l’Elysée. Emmanuel Macron en fait désormais un enjeu "régalien", qui relève presque de son "domaine réservé".

Lui aussi a fait sa prérentrée, la semaine dernière dans un entretien au Point où il a dévoilé son plan pour l’école : restaurer l’autorité du maître, raccourcir la durée des vacances pour aider les élèves en difficulté, revaloriser les salaires des enseignants, et même rétablir l’enseignement chronologique de l’Histoire, déjà largement en vigueur. Une feuille de route très précise. L’Élysée a même annoncé le report des épreuves de spécialité du bac de mars à juin quelques heures avant que le ministre ne le confirme à la télévision.

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Avec son ministre de l’Education, Emmanuel Macron pourrait reprendre la fameuse formule de Jacques Chirac à propos de son ministre Nicolas Sarkozy : "Je décide, il exécute !"

Emmanuel Macron cornaquait déjà de très près Pap’ Ndiaye qu’il avait choisi personnellement. Sans doute de trop près : le ministre n’a jamais pu imprimer sa marque. Au début du premier quinquennat, Jean-Michel Blanquer était lui aussi en étroite liaison avec l’Elysée, avant de parvenir à prendre un peu ses distances. Pur produit du macronisme, Gabriel Attal va donc devoir à son tour apprendre le dur métier de ministre de l’Education sous surveillance.

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