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Gilles Pélisson, PDG du groupe TF1 : "Avec Salto, on est autour de 100 000 abonnés"

La plateforme française, née de l’alliance entre TF1, France Télévisions et M6, réalise un démarrage prometteur. À relativiser toutefois…

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Gilles Pélisson, patron de TF1.
Gilles Pélisson, patron de TF1. (CAPTURE D'ÉCRAN DAILYMOTION)

Lancée le mardi 20 octobre dernier, Salto s’est ajoutée à la longue liste des services de vidéo à la demande. Elle propose le meilleur des programmes des trois groupes (TF1, France TV et M6), des inédits, des avant-premières et 19 chaines en direct. Le tout pour une offre de départ à 6,99 euros par mois. Si le Directeur Général de Salto, Thomas Follin, ne confirme pas le chiffre de 100 000 inscrits annoncé dans Le Figaro, Gilles Pélisson, lui, révèle sur franceinfo que : "On est autour" de ce résultat. Rappelons cependant que le premier mois d’abonnement est gratuit et sans engagement, il faut donc attendre de voir si, passé ce délai, le nombre d’abonnés reste stable. Gros handicap pour Salto, la plateforme n’est pour l’instant pas distribuée sur les box, elle est uniquement disponible en OTT, autrement dit sur internet. Mais un accord vient d’être signé avec l’un des opérateurs. Free, Orange, SFR, Bouygues ? "Je n’ai pas le droit de vous le dire, je ne suis que l’un des trois actionnaires !" Le patron de TF1 se félicite toutefois de cette alliance avec ses concurrents :  "Il fallait qu’on augmente notre niveau de jeu face aux plateformes américaines qui ont beaucoup plus d’argent que nous. Leur émergence a augmenté notre niveau d’exigence."


Les Netflix, Amazon Prime Video, Disney+, Apple TV+ et consorts ont certes bouleversé le paysage audiovisuel, les chaines traditionnelles ont dû s’adapter et le premier confinement au printemps a prouvé qu’elles avaient encore de l’avenir. Même si les audiences ont baissé depuis, elles restent au-dessus de la moyenne de l’année dernière : "Il y a encore un réflexe télé. Les gens ont de nouveau le plaisir de la regarder en famille, ils ont redécouvert des programmes comme 'Koh Lanta', l’information a repris une place majeure. La télévision est loin d’être morte !" 
Comme les autres médias, TF1 a été fragilisée par la crise sanitaire et a dû faire des économies : "140 millions sur les programmes, 60 millions sur d’autres coûts, c’est beaucoup ! Au 2e trimestre, on avait perdu plus de 250 millions de chiffre d’affaires, on a dû réagir. Le 3e trimestre s’est plutôt bien passé. Les annonceurs étaient de retour même si certains secteurs sont totalement ravagés comme le tourisme ou les compagnies aériennes. Globalement, on est plutôt dans une tendance assez positive."

Les droits de retransmission des matches de Ligue 1 sont trop chers dit Gilles Pélisson


TF1, co-diffuseur avec M6 des matches de l’équipe de France de football, est-elle intéressée par la Ligue 1, si jamais le groupe Médiapro en abandonne les droits ?  "Non, trop cher. Une saison de Ligue 1 coute entre 700 et 800 millions, soit l’équivalent de ce que met TF1 dans ses programmes en une année." dit le patron de TF1. Enfin, le journaliste suisse Darius Rochebin, accusé dans une enquête du journal Le Temps, de comportements déplacés lorsqu’il travaillait à la RTS, va-t-il reprendre son émission sur LCI ?  "J’ai signé la charte contre le harcèlement sexuel dans les médias. Il y a une tolérance zéro dans notre groupe. Mais il n’y a pas eu de plaintes contre Darius Rochebin, on a aussi le devoir de respecter la présomption d’innocence. En accord avec lui, on a décidé de le retirer de l’antenne pour qu’il organise sa défense. On verra avec lui au fil des semaines s’il revient. En attendant, il est toujours salariés de TF1."

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Gilles Pélisson, patron de TF1.
Gilles Pélisson, patron de TF1. (CAPTURE D'ÉCRAN DAILYMOTION)