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franceinfo junior. C'est quoi l'homophobie ?

Alors que plus de 200 plaintes viennent d'être déposées contre les auteurs de posts homophobes, franceinfo junior revient sur ces agressions et ces insultes contre les personnes LGBT. Pour répondre aux questions d'enfants : Jeremy Faledam, membre de l'association SOS Homophobie.

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Un autocollant \"L\'homophobie tue\" sur un blouson appartenant à un manifestant lors d\'un rassemblement contre l\'homophobie à Rouen (Seine-Maritime), le 3 novembre 2018.
Un autocollant "L'homophobie tue" sur un blouson appartenant à un manifestant lors d'un rassemblement contre l'homophobie à Rouen (Seine-Maritime), le 3 novembre 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Une vingtaine d'avocats et les associations Stop Homophobie et Mousse, ont déposé jeudi 17 janvier 213 plaintes pour des messages à caractère homophobe postés sur internet. Le but des plaintes est d'obtenir des "condamnations exemplaires" à l'encontre des auteurs de ces messages, avec comme mot d'ordre : "l'impunité, c'est fini", comme le clame la campagne de sensibilisation lancée par l'association Stop Homophobie autour de cette initiative. Pour expliquer ce phénomène à des élèves de CM2, franceinfo junior reçoit Jeremy Faledam, membre du bureau national de l'association SOS Homophobie.

Lou pose la première question : "Il y a beaucoup d'homosexuels dans le monde ?" Jeremy Faledam de SOS Homophobie lui répond : "Il n'y a pas de statistiques exactes. Cela dépend ce qu'on compte : il y a des différences entre ce qu'on ressent, ce qu'on vit réellement et ce qu'on dit : est-ce qu'on se définit ou est-ce qu'on parle de soi-même comme étant gay, lesbienne ou bi ? Mais on peut estimer qu'il y a à peu près 5% de la population qui peut être considérée comme homosexuelle sur l'ensemble de la planète."

Titouan enchaîne : "Il  y a à peu près combien d'homophobes en France ?" Une question à nouveau où il est difficile de donner une réponse précise : "De la même manière, c'est assez compliqué", explique Jeremy Faledam. L'invité cite néanmoins une étude de 2014 réalisée à l'échelle mondiale : "Même dans les pays les plus tolérants, dont fait partie la France, on estime qu'il y a 20% de personnes qui considèrent que l'homosexualité n'est pas acceptable. Mais on ne peut pas ranger les personnes avec les méchants homophobes d'un côté et les personnes tolérantes de l'autre, nuance-t-il. Il y a des personnes qui considèrent que l'homosexualité n'est pas normale ou qui rejetent les personnes homosexuelles mais on peut aussi avoir des des comportements, des propos homophobes sans être soi-même homophobe ou sans rejeter l'homosexualité dans sa globalité."

Julie s'interroge à son tour : "Pourquoi les gens sont contre l'homosexualité ?" Jeremy Faledam de SOS Homophobie répond : "Parce que c'est tout simplement moins courant que l'hétérosexualité, ça peut faire peur ou déranger. Ça pose des questions sur des modèles qu'on considère comme traditionnels : qu'est-ce qu'un homme, une femme, un couple, une famille..." 

Des amendes voire des peines de prison

Mais "est-ce qu'ils méritent une amende ?", continue Julie, à propos des personnes "contre l'homosexualité". "La loi prévoit des amendes, c'est ce qu'on appelle une circonstance aggravante, détaille Jeremy Faledam. Si on dit des injures à une personne, on risque jusqu'à 12 000 euros d'amende si cette injure est publique. Mais si on le fait parce que cette personne est homosexuelle, l'amende peut aller jusqu'à 22 000 euros et il peut même y avoir des peines de prison. La plupart du temps, c'est appliqué."

Lou continue l'interview : "Est-ce que dans certains pays, on n’a pas le droit d’être homosexuel ?" s'interroge l'écolier. "Oui certains pays interdisent l'homosexualité : ça peut aller d'une amende à la prison jusqu'à la peine de mort. C'est pour ça qu'aujourd'hui en France, on accueille des réfugiés étrangers homosexuels."

Soutenir et écouter les victimes 

Au micro, Titouan livre ensuite une réflexion plus qu'une question sur les agressions dont sont victimes les personnes homosexuelles. il pense qu'après avoir été attaquées, certaines victimes se referment et se replient sur elles-mêmes. "Peut-être qu'elles pensent que ce n'est pas bien ce qu'elles font mais elles ne doivent pas penser ça."

Une réflexion qui fait réagir notre invité du jour : "Absolument, il y a beaucoup de victimes qui se sentent coupables ou qui n'osent pas parler des agressions vécues. C'est pour ça que le témoignage de Titouan est bien, il faut montrer du soutien aux victimes et aux personnes LGBT de manière générale. Plus on rend visible le fait que ce n'est pas normal d'agresser une personne parce qu'elle est homosexuelle, plus on pousse les victimes à s'exprimer et ne pas considérer comme normal ce qu'elles ont vécu."

franceinfo junior, une émission en partenariat avec le magazine d\'actualités pour enfants 1jour1actu et 1jour1actu.com.
franceinfo junior, une émission en partenariat avec le magazine d'actualités pour enfants 1jour1actu et 1jour1actu.com. (FRANCE INFO / RADIO FRANCE)

► Sur cette page, vous pouvez écouter en entier notre émission du jour sur l'homosexualité : des élèves de CM2 de l'école du Parc à Carrières-sur-Seine (Yvelines) interviewent Jeremy Faledam, membre du bureau national de l'association SOS Homophobie.

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Un autocollant \"L\'homophobie tue\" sur un blouson appartenant à un manifestant lors d\'un rassemblement contre l\'homophobie à Rouen (Seine-Maritime), le 3 novembre 2018.
Un autocollant "L'homophobie tue" sur un blouson appartenant à un manifestant lors d'un rassemblement contre l'homophobie à Rouen (Seine-Maritime), le 3 novembre 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)