C'est tout com'. Présidentielle 2022 : l’heure des premiers meetings à cinq mois du scrutin

"C’est tout com’", le rendez-vous de décryptage de la communication politique en cette période présidentielle, avec Laetitia Krupa, journaliste politique sur franceinfo et Gaspard Gantzer, ancien conseillé de François Hollande à l’Elysée de 2014 à 2017, patron d’une agence de communication et enseignant à Sciences Po Paris

Article rédigé par
Laetitia Krupa - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Meeting du candidat communiste Fabien Roussel, place Stalingrad, à Paris, le 21 novembre 2021. (ALAIN JOCARD / AFP)

Quelle est la place des meetings dans une campagne présidentielle ? La ferveur, le rassemblement, le projet collectif, le sacre du chef... Le meeting politique joue un tel rôle dans la course à l'Elysée, qu'il peut représenter le point d'orgue dans une campagne et tout faire basculer. Comment s'inscrit-il dans la communication politique en 2021 ? Pourquoi, dans nos sociétés ultraconnectées, reste-t-il incontournable ?

"Merci à vous toutes, à vous tous d’être venus nombreux, de toute la France. Merci parce que cette démonstration de force va compter dans les semaines et les mois qui viennent", déclarait le candidat communiste Fabien Roussel, lors de son premier meeting à Paris le 21 novembre. "Mes chers amis, c’est formidable de vous voir, de vous retrouver si nombreuse et si nombreux, ici rassemblés aujourd’hui. Vous êtes venus de toute la France", disait Anne Hidalgo, candidate du PS, à Lille le 23 octobre.

Laetitia Krupa : Gaspard Gantzer, quand on écoute ces deux extraits on se rend compte qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'originalité ? Est-ce que c'est possible encore d'innover en matière de meeting ?

Gaspard Gantzer : C’est difficile, en politique c'est comme en patinage artistique : il y a des figures imposées et des figures libres. Là, on est dans la figure imposée, aussi vieille d'ailleurs que l'est la démocratie quand elle a été créée à Athènes. On peut chercher à innover, il y a déjà eu des tentatives dans les campagnes précédentes : des meetings en plein air, des hologrammes etc. Mais au final, ça reste une personne qui dit un discours face à un public.

Nous verrons dimanche ce que proposeront demain Eric Zemmour qui promet une scénographie originale ou Jean-Luc Mélenchon qui lui réunit ses troupes à La Défense. Mais qu'est-ce que les candidats jouent dans ces rendez-vous ?

On aurait pu croire qu'avec la pandémie et le recours aux réseaux sociaux, les candidats décideraient d'arrêter les meetings, ce n'est pas le cas, pourquoi ? Parce que le meeting reste le meilleur outil de communication interne vis à vis de ses propres soutiens et militants mais aussi un très bon outil de communication externe, parce que cela crée l'évènement, cela crée un point de fixation médiatique et ça permet de rythmer la campagne.

C'est à l'énergie, au charisme, à la faculté de soulever des foules que l'on reconnaît un chef ?

Oui, on est vraiment dans le pouvoir charismatique au sens de Max Weber, on voit la force de la voix, la force des idées, la force qu'il y a dans l'énergie et l'interaction avec les militants. Et ce mois de décembre va être très chargé en termes de meetings. Quasiment tous les candidats ont prévu d’organiser un raout juste avant les fêtes de fin d'année, peut-être pour s'inviter dans les dîners des familles françaises entre la dinde et la bûche.

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