Marine Le Pen en visite en Hongrie : ni elle "ni Eric Zemmour ne doivent être majoritaires au premier tour de la présidentielle" 2022, alerte Sacha Houlié

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Le député La République en marche de la Vienne Sacha Houlié était l'invité de franceinfo mardi. Il a estimé que les projets des politiques d'extrême droite Marine Le Pen et Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022 sont "une ruine pour notre pays".

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Sacha Houlié, le député LREM de la Vienne, invité du 19h20 Politique de franceinfo, le 14 janvier 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Ni Eric Zemmour, ni Marine Le Pen ne doivent être majoritaires ni même en tête au premier tour de la présidentielle" de 2022, a alerté mardi 26 octobre sur franceinfo le député La République en marche (LREM) de la Vienne Sacha Houlié, alors que la candidate du Rassemblement national est en visite en Hongrie, notamment pour rencontrer Viktor Orban, le Premier ministre. Pour le porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale, ces discours d'extrême droite doivent amener le parti présidentiel "à décupler [ses] forces" pour montrer que leurs projets représentent "une ruine pour notre pays" mais aussi "une véritable désorganisation de notre société".

franceinfo : Après que des coups de feu ont été tirés lundi soir contre un équipage de la brigade anti-criminalité de Lyon, il y a eu une polémique mardi entre le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le maire de Lyon Grégory Doucet sur l'absence de vidéosurveillance dans le quartier concerné. Le ministre a-t-il bien fait de rappeler le maire de Lyon à ses responsabilités en la matière ?

Cela me paraît évident parce que les compétences sont partagées entre les maires et l'Etat sur la question de la sécurité et parce que c'est un débat au long cours  que nous avons avec des maires écologistes. A Grenoble, par exemple, nous avons demandé au maire d'installer des caméras de vidéoprotection. A Marseille, elles ont été payées par l'Etat et ont été installées par la mairie. Nous avons également fait la demande à Poitiers, dans le quartier où se trouve ma permanence, qui a été incendiée. L'Etat peut payer ces caméras, la mairie a donc juste à prendre la décision. C'est une question de politique sur laquelle il faut être très précis. Est-ce que les caméras empêchent la délinquance ? Non. Est-ce qu'elles peuvent circonscrire les postes de délinquance en permettant le contrôle et la visualisation de ce qu'il se passe dans certaines zones ? Oui. Nous mettons plus de policiers sur le terrain, nous leur donnons plus de matériel et plus de moyens, mais c'est aux maires de donner l'autorisation. C'est un petit pas à faire qui ne leur demande pas beaucoup d'efforts.

Marine Le Pen a été reçue mardi à Budapest par le Premier ministre Viktor Orban. Que pensez-vous de cette rencontre ?

On est dans un anti-modèle. Ce que va vanter Marine Le Pen, c'est la cleptocratie, c'est-à-dire l'accaparement des richesses de l'Union européenne par une petite caste, celle de monsieur Orban, y compris au profit de sa famille ou au profit d'entreprises qui lui sont proches. Tout le monde est d'accord pour empocher les fonds de l'Union européenne mais quand il s'agit de la critiquer il y a aussi beaucoup de monde. Viktor Orban représente un recul de l'Etat de droit sur tous les plans : censure de la presse, fermeture de l'université qui porte atteinte à la liberté académique, politique anti-migrants avec par contre des aides de l'Union européenne à ce sujet, droits des LGBT qui reculent...

En France, est-ce que vous craignez que ces idées prospèrent à quelques mois de l'élection présidentielle ?

Il y a une collusion idéologique très forte entre Marine Le Pen et Eric Zemmour, qui agissent dorénavant en stéréo là où avant on était plutôt en mono. Cela doit nous amener à décupler nos forces pour montrer que ce qu'ils proposent est d'abord une ruine pour notre pays. C'est ensuite une véritable désorganisation de notre société puisqu'il y aura un problème de contrôle des frontières communes, des difficultés en termes d'investissement dans notre pays et des scènes comme celles que l'on voit en Angleterre. Avec le Brexit, l'armée est obligée de ravitailler les stations de carburant. Pour nous, ni Eric Zemmour, ni Marine Le Pen ne doivent être majoritaires ni même en tête au premier tour de la présidentielle.

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