Complément d'enquête, France 2

Complément d'enquête - "Riches : quand leur argent fait notre bonheur"

a revoir

Présenté parNicolas Poincaré

Diffusé le 29/01/2015Durée : 01h5

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Près de 85 % des richesses sont concentrées entre les mains d'à peine 8 % de la population. Et sept ans après la crise des subprimes, le fossé continue à se creuser entre les "ultra riches" et le reste du monde.

"L'homme qui meurt riche meurt déshonoré", écrivait en 1889 Andrew Carnegie, que l'on surnommait à l'époque "l'homme le plus riche du monde". Un siècle plus tard, Bill Gates, le fondateur de Microsoft, et Warren Buffet, patron d'un fonds d'investissement, soit deux des plus grandes fortunes mondiales, lancent un appel aux dons à leurs compatriotes milliardaires. 

Redistribuer la moitié de sa fortune à des ONG

L'idée de The Giving Pledge ("la Promesse de don") est simple : les participants s'engagent moralement à redistribuer, de leur vivant ou à leur mort, au moins la moitié de leurs biens à des organisations. Un engagement qui n'a aucune valeur légale. Ce geste s'inscrit dans une tradition bien ancrée de "philanthropie" qui remonte aux Rockefeller et aux grands barons du capitalisme américain au début du XXe siècle.

Ainsi Warren Buffet, l'un des initiateurs du Giving Pledge, a annoncé en 2010 qu'il donnait 80 % de sa fortune personnelle, estimée à 40 milliards d'euros, à la Fondation Bill et Melinda Gates, active dans le domaine médical pour les pays en développement. Quarante milliardaires se sont engagés à verser la moitié de leur fortune à des organisations caritatives. Un pactole qui s'élèverait à 150 milliards d'euros. 

Le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99 % restants, selon un rapport de l'ONG Oxfam paru le 19 janvier. Pour Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam, "l'ampleur des inégalités est tout simplement vertigineuse". 

Une nouvelle philanthropie

L'effet Bill Gates est considérable. Dans son sillage, une nouvelle génération de "philanthropes capitalistes", européens, chinois, indiens, moyen-orientaux s'engagent. Mais cette nouvelle philanthropie est-elle un devoir moral que ressentent les plus riches ou une façon d'accroître leur influence en se donnant bonne conscience ? Ils ne parlent pas de charité, mais d'un investissement social. Ces "super riches" veulent de leur vivant pouvoir s'impliquer personnellement et mesurer les effets de leur philanthropie.

Quelles sont leurs réelles motivations ? Depuis le début de l'administration Obama, les abattements fiscaux sur les donations privent les caisses du Trésor américain d'au moins 30 milliards d'euros chaque année. Et un tel élan de générosité pourrait avoir un effet pervers et apporter sur un plateau une excuse aux gouvernements pour diminuer l'aide publique au développement. En 2009, par exemple, les USA n'ont consacré que 0,2 % de leur PIB aux pays les pauvres. La question de la gouvernance de la philanthropie se pose plus que jamais. Surtout quand on sait que la Fondation Gates gère un budget aussi important que celui de l'OMS. Qu'en est-il en France ?

Au sommaire de Complément d'enquête :

Millionnaire et missionnaire

Jean-Baptiste Descroix-Vernier est un ancien séminariste devenu millionnaire. Discret et généreux, il vit modestement malgré les millions gagnés grâce à sa start-up. Romain Boutilly et Matthieu Rénier ont rencontré cet homme atypique qui projette de léguer sa fortune à des ONG.

États-Unis : une charité bien ordonnée

Yvan Martinet et Yann Moine se sont rendus aux USA, où il est de bon ton de donner. Reportage au cœur des musées de Seattle, où les œuvres exposées sont offertes par de riches mécènes, jusqu'aux prestigieuses universités de la côte est qui ne fonctionneraient pas sans les donateurs.

François-Marie Banier : un très cher ami

Yvan Martinet et Valérie Lucas nous dressent le portrait de l'homme qui est devenu riche grâce à l'étonnante générosité de Liliane Bettencourt.

 

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