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"Echec", "fin du PS"... Les politiques français lâchent leurs coups après le premier tour de la primaire de la gauche

Du Parti de gauche aux Républicains, les critiques pleuvent, lundi, sur le scrutin organisé par le PS. Seul Europe Ecologie-Les Verts a tenu à saluer la victoire de Benoît Hamon, tout en taclant Manuel Valls. 

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Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le 22 janvier 2017 à Paris.  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Un duel entre deux gauches. Benoît Hamon est arrivé en tête du premier tour de la primaire de la gauche, dimanche 22 janvier, avec plus de 36% des voix contre environ 31% pour Manuel Valls. Comme la plupart des journaux, beaucoup de formations politiques voient dans ces résultats une preuve de la fracture qui existe au sein du Parti socialiste. D'autres préfèrent critiquer la faible participation enregistrée par rapport à la primaire de la droite. Franceinfo fait le tour des réactions, de la gauche à la droite de l'échiquier politique.

>> Primaire de la gauche : suivez les derniers résultats en direct 

Le Parti de gauche fustige un "échec" électoral

Logiquement, le Parti de gauche – dont le candidat Jean-Luc Mélenchon a refusé de participer à la primaire – tire à boulets rouges sur le scrutin. La faible participation montre qu'"aucun des deux [finalistes] n'est en capacité d'accéder au second tour de l'élection" présidentielle, estime la formation de gauche radicale.

"Le premier tour de la primaire du PS et affiliés a confirmé, ce soir, son échec malgré un gavage médiatique depuis des semaines : plus d'un électeur sur trois de la primaire de 2011 ne s'est pas déplacé", écrivent les deux coordinateurs du Parti de gauche, Danielle Simonnet et Eric Coquerel, dans un communiqué.

EELV salue le score de Hamon et tacle Valls

Europe Ecologie-Les Verts, dont le candidat Yannick Jadot est engagé dans la bataille présidentielle, a salué la percée du candidat frondeur. "Bravo à Benoît Hamon. Du fond, des idées (écolos) qui bousculent : une bonne nouvelle pour la démocratie et le débat", a écrit sur Twitter Julien Bayou, le porte-parole d'EELV.

Au passage, il tacle l'ex-Premier ministre, arrivé en deuxième position malgré son statut de "favori".  

En marche ! critique deux candidats "d'accord sur rien"

Certains se délectent de l'affiche de ce second tour entre deux candidats aux divergences idéologiques aussi fortes. C'est le cas des responsables d'En marche !, le mouvement d'Emmanuel Macron, qui espèrent récupérer certains élus PS déçus par ce spectacle.

"Les deux finalistes ne sont d’accord sur rien. Ils seront dans l’incapacité de se réconcilier, de porter une dynamique, a lancé Richard Ferrand, le délégué général d’En marche !, sur le plateau de France 2. Le problème essentiel, c’est qu’aucun des deux ne sera en capacité de porter une alternative à l’offre conservatrice de François Fillon ou l’offre nationaliste de Marine le Pen."

"Il n’y pas de regret à ne pas avoir participé à cette primaire, a ajouté Benjamin Griveaux, porte-parole du mouvement d'Emmanuel Macron, sur franceinfo. Les appareils qui sont nés, il y a un peu plus de quarante ans, ne répondent plus à la manière dont les Français souhaitent formaliser leur engagement politique."

L'UDI prédit la "fin du PS"

Pour la formation centriste, cette faible participation est la conséquence d'un quinquennat décevant pour les électeurs de gauche. Le "bilan de François Hollande, c'est moins d'électeurs qu'en 2012 et 31% pour un PS social-libéral", de Manuel Valls, écrit Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI, sur Twitter. Il donne déjà perdant l'ex-Premier ministre : "Benoît Hamon va gagner, mais quoi ? Le fin du PS ?"

Les Républicains raillent la faible participation

Au lendemain du premier tour, une polémique a éclaté sur la participation. Certains accusent le Parti socialiste d'avoir, dans un premier temps, gonflé les chiffres en annonçant jusqu'à 2 millions de participants alors qu'ils sont désormais estimés à 1,7 million. "Je serais un des sept candidats, je me poserais la question de la crédibilité de l'organisation, en tout cas sur la participation", a estimé Thierry Solère, le porte-parole de François Fillon, après avoir affirmé que le nombre de votant était "de toute évidence", "très bas". 

"A la primaire de la droite et du centre, Francois Fillon totalisait, à lui seul, le score total des sept candidats de la primaire de la gauche (à quelques milliers près)", écrit par ailleurs Valérie Boyer, une proche du candidat de la droite, sur Twitter. Au passage, la vice-présidente du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale a critiqué le voyage officiel de François Hollande au Chili pendant la primaire : le président de la République n'a fait aucun commentaire sur le scrutin.

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