Macron "xénophobe", selon Mélenchon ? Les explications du leader de La France insoumise en quatre actes

Vendredi, au moment où le président rencontrait la chancelière allemande Angela Merkel sur la politique d'immigration européenne, le député des Bouches-du-Rhône a déclaré que le chef de l'Etat était "le plus grand xénophobe qu'on ait".

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, lors d\'une manifestation à Marseille, le 7 septembre 2018.
Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, lors d'une manifestation à Marseille, le 7 septembre 2018. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

"Xénophobe" ou pas "xénophobe", Emmanuel Macron ? En deux jours, Jean-Luc Mélenchon a fait une sorte de valse-hésitation autour du terme. Il s'est servi de cet adjectif pour qualifier le chef de l'Etat, dans le cadre d'une manifestation dénonçant  la rencontre entre le président de la République et la chancelière allemande autour de la question des migrants.

Interrogé à de multiples reprises par la presse, il est revenu sur ses propos, avant de les assumer. Résumé en quatre actes.

Acte 1. Jean-Luc Mélenchon affirme que Macron est "xénophobe"

Vendredi 7 septembre, Emmanuel Macron et Angela Merkel se rencontrent à Marseille. Sur la table, entre autres, une gestion plus coordonnée des migrants par l'Union européenne. Interrogé sur cette rencontre, Jean-Luc Mélenchon fustige deux dirigeants "contre-humanistes".

"Ils disent 'nous sommes des humanistes', mais pas du tout, ce sont des contre-humanistes !", lance le député devant la presse. Il ajoute : "Le plus grand xénophobe qu'on ait, c'est quand même lui, monsieur le président de la République française, qui vient de faire voter une loi dans laquelle il est prévu qu'on peut tenir en centre de détention des familles, enfants compris, pendant 95 jours."

Acte 2. "C'est peut-être une légère exagération marseillaise", nuance le député 

Le ton est plus cordial lorsque, le soir même, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se rencontrent. Lors d'une balade nocturne, le chef de l'Etat va en effet saluer l'élu marseillais "à une terrasse de café".

Quand des journalistes rappellent au dirigeant de La France insoumise ses propos de l'après-midi, le député se fait moins virulent et nuance son propos avec le sourire : "Peut-être une légère exagération marseillaise."

Acte 3. Sur Facebook, Mélenchon se félicite de cette rencontre

Le samedi matin, sur Facebook, Jean-Luc Mélenchon publie un post où il se félicite que le chef de l'État soit venu à sa rencontre "avec des paroles de respect".

Il estime que le président a ainsi "rappelé à l'ordre" les membres du gouvernement Benjamin Griveaux ou Nathalie Loiseau, qui traitent, dit-il, le chef de La France insoumise de "xénophobe" et "nationaliste".

Acte 4. Il précise ses propos sur BFMTV

Interrogé à nouveau par BFMTV samedi à Marseille lors de la Marche sur le climat, Jean-Luc Mélenchon revient sur sa rencontre avec le président. "Il s'est arrêté, j'ai trouvé ça courtois. Je ne vais pas à minuit et demi m'engueuler dans un bar avec le président de la République. Il est à Marseille, il est dans ma circonscription, il y a une dimension de respect (...). Il le sait, que je suis son opposant."

Puis il précise ses propos sur le terme "xénophobe" : "Alors, il y a quelqu'un qui m'a dit : vous l'avez traité de pire xénophobe. Je ne savais pas de quoi il parlait (...) J'ai dit 'ah bon, je ne crois pas que j'aie dit ça'. Et en réalité, ça m'est revenu après parce qu'on me l'a expliqué. C'est lui qui m'accusait d'être un xénophobe. Alors j'ai dit : 's'il m'accuse moi d'être xénophobe, il y a pire xénophobe que moi, il y a lui.' Parce que lui, il a fait voter la loi asile et immigration ! Ce n’est pas moi qui l’ai fait voter. Lui, il a dit non au débarquement de l’Aquarius. C’est parti comme ça."

Des explications qui n'ont pas convaincu l'Elysée, contacté par franceinfo : "Jean-Luc Mélenchon avait très bien entendu la question. On voit très bien qu'il n'assume pas ses propos devant le président."