Télévision : l'émission d'Eric Zemmour sur CNews sera désormais enregistrée

L'émission diffusée en direct depuis la mi-octobre a été marquée par de nombreux dérapages. 

Eric Zemmour lors de son émission \"Face à l\'info\" sur Cnews le 21 octobre. 
Eric Zemmour lors de son émission "Face à l'info" sur Cnews le 21 octobre.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

L'émission d'Eric Zemmour, "Face à l'info" diffusée depuis la mi-octobre sur Cnews du lundi au jeudi de 19 heures à 20 heures sera désormais enregistrée a appris franceinfo mardi 29 octobre de source proche de la chaîne. La décision – applicable dès ce mardi - a été prise par la direction générale de Canal +, propriétaire de la chaîne d'info en continu.

Cette décision suit une préconisation du comité d'éthique du groupe Canal + rendue vendredi 25 octobre. Il préconisait une diffusion "en différé ou en léger différé" pour que la chaîne puisse garder la maîtrise éditoriale des propos diffusés dans le cadre de l'émission. 

Cette émission, diffusée jusqu'à présent en direct, a été marquée par de nombreux dérapages. Dans l'une d'elle, Eric Zemmour a notamment indiqué être "du côté du général Bugeaud" qui, lorsqu'"il arrive en Algérie, commence à massacrer les musulmans et même certains juifs". Le général Thomas Robert Bugeaud a participé à la conquête de l'Algérie par la France, réalisée entre 1832 et 1871. Dans les années 1840, il avait mis en place une "politique de la terre brûlée" avec des colonnes militaires mobiles, des "enfumades" (des feux pour asphyxier des personnes réfugiées dans une grotte), des razzias et des regroupements de populations.

Des personnalités ne vont plus sur CNews

Des déclarations qui ont suscité l'indignation. Le PCF a ainsi exhorté le CSA à prendre des sanctions contre CNews. EELV de son côté a demandé l'arrêt de la diffusion de cette émission. Par ailleurs de nombreuses personnalités ont décidé de ne plus se rendre sur l'antenne de CNews.

Le recrutement d'Eric Zemmour a déclenché d'importants remous en interne. Il avait déjà été vivement critiqué par la Société des rédacteurs de CNews et la Société des journalistes de Canal+, qui s'inquiètent de même des "retombées négatives" qu'elle pourrait avoir sur l'image de la chaîne, du groupe et de ses journalistes, et ces organisations ont également réclamé son départ.

Ce retour sur CNews (ex-iTELE) avait été décidé malgré l'intense controverse déclenchée par son discours très virulent sur l'islam et l'immigration prononcé fin septembre à la "Convention de la droite", et la confirmation en septembre d'une condamnation judiciaire pour "provocation à la haine religieuse".