Présidentielle 2022 : pourquoi le premier meeting d'Eric Zemmour s'annonce tendu

Plusieurs mobilisations contre le candidat d'extrême droite sont prévues dimanche à Paris, mais aussi à Villepinte (Seine-Saint-Denis) où Eric Zemmour tient son premier meeting de campagne.

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Eric Zemmour en déplacement à Bordeaux (Gironde), le 12 novembre 2021, dans le cadre de la sortie de son dernier livre. (STEPHANE DUPRAT / HANS LUCAS / AFP)

Cinq jours après son entrée officielle dans la course à la présidentielle, Eric Zemmour veut faire de son premier meeting, dimanche 5 décembre à Villepinte (Seine-Saint-Denis) à 16 heures, une démonstration de force. Mais cet événement, qui marque le véritable coup d'envoi de sa campagne s'annonce tendu, alors que plusieurs mobilisation sont attendues à Villepinte et Paris.

Initialement prévu au Zénith de Paris, le meeting aura finalement lieu au Parc des expositions de Villepinte. "Devant l'affluence, nous avons dû changer de lieu", s'est vanté Eric Zemmour. Le directeur des événements du nouveau candidat, Olivier Ubéda, assure auprès de l'AFP avoir recensé 19 000 inscrits.

Meeting délocalisé pour des raisons de sécurité

Même si l'affluence attendue est la principale raison invoquée par l'entourage du polémiste, ce changement de lieu tient aussi à des raisons de sécurité. Il s'agissait de ne pas mettre en "danger" le public au regard des manifestations prévues, qu'Olivier Ubéda anticipe "violentes".

Une cinquantaine d'organisations syndicales, de partis et d'associations, dont la CGT, le PCF 75 ou encore SOS Racisme, ont appelé à manifester à 13 heures à Paris, pour "faire taire" le candidat d'extrême droite. Malgré la délocalisation du meeting, les organisateurs ont décidé de maintenir le parcours initialement prévu, de Barbès à la Villette, où se trouve le Zénith.

Sur les réseaux sociaux, le collectif Action Antifasciste Paris-Banlieue a quant à lui appelé à une mobilisation à partir de midi à Villepinte pour "ne pas laisser la moindre parcelle de terrain au candidat d'extrême droite".

Eric Zemmour chahuté lors de ses récents déplacements

Face à ces appels, l'ambassade des Etats-Unis en France déconseille à ses ressortissants de fréquenter le secteur du Parc des Expositions de Villepinte dimanche, compte tenu d'un risque d'"affrontements violents" en marge du meeting. Des "groupes antifas ont appelé à des manifestations et à d'autres actions pour perturber ce rassemblement", écrivent les services américains (en anglais). Ils évoquent également la présence de "groupes d'extrême droite et d'extrême gauche" dans des manifestations de soutien ou d'opposition au candidat à la présidentielle.

Dans ce contexte, la sécurité du meeting est une obsession de l'entourage du candidat. "Nous avons justement besoin d'avoir la main sur l'ensemble de l'événement, et donc, évidemment, la sécurité", souligne auprès de L'Obs (article abonnés) Albéric Dumont, ancien vice-président de la Manif pour tous, en charge du pôle sécurité de la campagne. "Il serait impensable que [des] Français renoncent (à se rendre au meeting) par peur", appuie auprès de l'hebdomadaire Stanislas Rigault, le président de Génération Z, mouvement des jeunes soutenant Eric Zemmour.

L'équipe du candidat garde en tête les images d'Eric Zemmour chahuté lors de ses récents déplacements. Comme à Marseille (Bouches-du-Rhône), où sa visite, dimanche 28 novembre, a été marquée par un échange de doigts d'honneur avec une passante. Un mois plus tôt, à Nantes (Loire-Atlantique), des affrontements entre opposants et forces de l'ordre avaient éclaté en marge de la salle où Eric Zemmour tenait une conférence, rappelle France Bleu.

Le président de Seine-Saint-Denis s'oppose à la venue du candidat

Outre la crainte de débordements dimanche, la pression sur le meeting d'Eric Zemmour a également pris une tournure politique. Le président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, s'est vivement opposé à la tenu du rassemblement à Villepinte.

L'élu a lancé jeudi une pétition pour demander à Viparis, la société propriétaire du Parc des expositions de Villepinte, "des explications" sur l'accueil d'Eric Zemmour. Stéphane Troussel a interpellé l'entreprise sur sa "charte de la diversité" qu'il juge "incompatible" avec l'organisation du meeting d'un candidat condamné pour incitation à la haine raciale. Interrogée par l'AFP, Viparis n'a pas souhaité faire de commentaire. Dans le camp du polémiste, la démarche a scandalisé. "Stéphane Troussel voudrait maintenant un département entier interdit à tous ceux qui veulent que la France reste la France", a rétorqué Eric Zemmour sur Twitter.

Dans le reste de la classe politique, la pétition a également été contestée par le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui tient lui aussi un meeting ce dimanche et pour qui "la démocratie, c'est d'écouter aussi ce qui vous déplaît". "C'est par l'argumentation d'abord, et in fine dans les urnes, que se combat utilement l'extrême droite", a abondé le député Les Républicains, Guillaume Larrivé.

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