Présidentielle : si à gauche "chacun joue son couloir", l'après élection "sera catastrophique", prévient un politologue

Le chercheur associé au Centre d'études et de recherches de sciences administratives et politiques analyse les faibles intentions de vote accordées à la gauche dans les sondages et l'impossibilité d'organiser une primaire commune.

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La candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, est isolée dans sa volonté de voir émerger une primaire de la gauche et une candidature commune.  (JOEL SAGET / AFP)

Si à gauche, "chacun joue son couloir", l'après élection présidentielle "sera catastrophique", prévient dimanche 9 janvier sur franceinfo Olivier Rouquan, politologue et chercheur associé au Centre d'études et de recherches de sciences administratives et politiques (CERSA). À moins de 100 jours du premier tour, les forces de la gauche restent faibles dans les intentions de vote.

franceinfo : Vous diriez que c'est la division qui plombe la gauche dans cette campagne ?

Sur le papier, quand on regarde les enjeux qui sont prioritaires pour l'opinion, le pouvoir d'achat, la santé, l'environnement etc., on a plutôt un contexte qui aurait pu être favorable à des programmes portés par des partis de gauche. Or, on se retrouve dans une situation où ils ne sont pas trop visibles, audibles et pour l'instant dans les intentions de vote, leurs résultats sont très faibles. La désorganisation des partis et les clivages qui se sont creusés sur les dix, quinze dernières années empêchent la gauche d'être suffisament présente dans cette pré-campagne. La proposition d'avoir une candidature unique a aussi désorganisé le jeu.

Est-ce que la primaire de la gauche, c'était une manière pour Anne Hidalgo de se dédouaner d'un échec annoncé ?

Il y a cette idée que si le Parti socialiste n'atteint pas 5%, le PS ne sera pas remboursé de ses frais de campagne, ce qui pour lui serait vraiment catastrophique. Donc, on ne sait plus trop s'il s'agissait d'une ruse maladroite ou d'une posture sincère. Mais dans tous les cas, ça a pu déconcerter les militants : on se souvient du meeting de Perpignan, qui a été considéré comme réussi. Or, au même moment, la candidate disait qu'elle ne serait peut-être pas candidate jusqu'au bout s'il y avait une primaire. Pour motiver, ça n'est pas ce qu'il y a de plus efficace.

Est-ce que la candidature de Christiane Taubira ajoute simplement de la confusion dans ce paysage ?

Pour l'instant oui, mais on ne sait jamais, ça peut se mettre en ordre au dernier moment. Mais ça relèverait du miracle parce que, maintenant qu'il n'y a plus de primaire, Anne Hidalgo a annoncé qu'elle irait jusqu'au bout.

Quelles sont les issues pour la gauche ?

Il y a deux options : d'abord, qu'il y ait soudain une prise de conscience des leaders et un accord autour d'un seul, mais si elle doit avoir lieu c'est dans les 15 jours. Ou alors, chacun joue son couloir pour l'après. Mais si les résultats sont faibles, et semble-t-il ils le seront, l'après sera catastrophique et augurera d'une reconstruction des partis politiques de gauche.

"L'après, ça ne va pas être un nombre important d'élus à l'Assemblée nationale."

Olivier Rouquan, politologue et chercheur associé au Centre d'études et de recherches de sciences administratives et politiques

à franceinfo

La piège c'est ça : l'électeur pense à l'après et sans possibilité de gouverner, la crédibilité de ces candidats reste faible.

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