Soupçons de financement libyen : Nicolas Sarkozy "se trompe d'adversaire", estime le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi

Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l'affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, a clamé son innocence et attaqué les médias jeudi soir sur TF1. "Il faut qu'il fasse attention", a réagi Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart.

Le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfi, le 29 juillet 2016.
Le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfi, le 29 juillet 2016. (MAXPPP)

Nicolas Sarkozy a tenté de se défendre jeudi 22 mars sur TF1 dans le journal de 20 heures après sa mise en examen dans l'affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007. L'ancien président de la République a dénoncé "l'ignominie" de la "bande Kadhafi" et a qualifié Mediapart de "premier diffuseur de fake news de notre pays". Sur France Inter, le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi a réagi : "Nicolas Sarkozy se trompe d'adversaire, il veut faire un mano a mano avec Mediapart mais on n'est plus son problème", a-t-il déclaré.

Lors de son intervention sur TF1, l'ex-président s'en est pris à six reprises au média qui a révélé l'affaire. Nicolas Sarkozy a notamment mis en cause la publication par Mediapart en mai 2012 d'un document libyen évoquant le financement de sa campagne, qu’il a qualifié à plusieurs reprises de "faux document". Ce document, attribué à l'ex-chef des renseignements libyens Moussa Koussa, accrédite un financement d'environ 50 millions d'euros.

Un document révélé par Mediapart "authentifié" 

Fabrice Arfi a tenu à rappeler que la justice a authentifié ce document. "Il faut qu'il fasse attention", a lancé le journaliste. "Il [Nicolas Sarkozy] s'assoit sur deux décisions de justice qui lui ont donné tort", a-t-il souligné. "Les juges d'instruction lui ont donné tort contre Mediapart" et "les magistrats de la cour d'appel de Paris ont confirmé le non-lieu en faveur de Mediapart sur la foi d'expertises techniques, graphologiques, qui ont permis de confirmer l'authenticité parfaite de ce document"; a-t-il insisté.

Fabrice Arfi a aussi rappelé que dans le dossier judiciaire, il y a "les carnets manuscrits de l'ancien ministre du Pétrole et de l'ancien Premier ministre libyen" qui "consignent les versements pour Nicolas Sarkozy". Ces carnets ont été "authentifiés par trois justices européennes : hollandaise, norvégienne et française".