Financement de la campagne de 2007 : ce qu'il faut retenir de l'intervention de Nicolas Sarkozy au 20 heures de TF1

L'ancien chef de l'Etat, mis en examen hier, a nié toutes les accusations qui ont été portées contre lui. Il affirme que la Libye de Kadhafi n'a pas financé sa campagne électorale de 2007, et pointe du doigt les "mensonges" du "clan Kadhafi".

Nicolas Sarkozy sur le plateau du 20 heures de TF1, jeudi 22 mars 2018. 
Nicolas Sarkozy sur le plateau du 20 heures de TF1, jeudi 22 mars 2018.  (TF1 / AFP)

Au lendemain de sa mise en examen dans l'enquête sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy s'est exprimé à la télévision, dans le journal de 20 heures de TF1. Jeudi 22 mars, il a clamé son innocence : "Il n'y a que la haine, la boue, la médiocrité, la calomnie", a-t-il martelé, niant les faits qui lui sont reprochés.

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Nicolas Sarkozy est mis en examen depuis mercredi soir pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens". Voici ce qu'il faut retenir de son intervention : 

"Aucun élément nouveau"

"Qu'est-ce qui pouvait justifier la garde à vue ?" s'est interrogé Nicolas Sarkozy dès le début de son intervention.  Et d'ajouter : "Les policiers ont fait leur travail. Je ne suis pas au-dessus des lois, je ne suis pas en dessous non plus." Revenant sur son placement en garde à vue, mardi matin, il a déclaré ne pas avoir été mis au courant au préalable : "J'ai reçu un coup de téléphone à 8 heures du matin et l'on m'a dit que j'étais en garde à vue. Mediapart était au courant 10 minutes plus tard", a-t-il lancé. 

Lors de sa garde à vue, "aucun élément nouveau n'a été produit" contre lui, a encore assuré l'ancien président de la République, dénonçant "les calomnies qui courent dans certaines rédactions". Ainsi, il a affirmé avoir répondu aux questions des enquêteurs "sans être jamais à un moment en difficulté".

A l'issue de cette garde à vue, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement de fonds publics libyens". Il a notamment l'interdiction d'entrer en contact avec ses proches Claude Guéant et Brice Hortefeux, ainsi qu'avec le sulfureux homme d'affaires Ziad Takieddine.

"On met un ancien président au même niveau que des escrocs" 

"Je suis accusé par des proches d'un dictateur" dont "nous avons détruit le régime de terreur" en 2011, a commencé Nicolas Sarkozy. En se défendant, il a en effet pris soin d'attaquer ceux qui l'accusent, à commencer par Ziad Takieddine. L'ancien président a affirmé ne pas avoir rencontré Ziad Takieddine depuis 2004, contrairement à ce que déclare l'homme d'affaires. "Entre 2004 et aujourd'hui, je ne l'ai jamais reçu", a-t-il indiqué, assurant avoir la preuve que celui qu'il qualifie de "sinistre monsieur", de "malfaiteur", ou encore de "déséquilibré (...) biberonné à l'argent de Kadhafi", "a menti". Alors que l'homme d'affaires franco-libanais a déclaré avoir rencontré Nicolas Sarkozy, ce dernier a assuré qu'aux dates indiquées par l'homme d'affaires, il n'était pas à Paris. 

Sur Twitter, Mediapart a aussitôt répondu : "Nicolas Sarkozy conteste l’intervention de Ziad Takieddine auprès de lui, mais oublie celle auprès de son équipe."

A plusieurs reprises pendant cette interview, Nicolas Sarkozy a dénoncé le "clan Kadhafi" et qualifié le colonel Mouammar Kadhafi de "dictateur infâme". "Kadhafi était un fou", a-t-il encore martelé. En parlant de l'entourage du dictateur, il cite une "bande d'assassins" et s'indigne de voir sa parole opposée à la leur : "On met un ancien président de la République au même niveau que des escrocs", a-t-il dénoncé.

"Je ferai triompher mon honneur" 

"Je pourfendrai cette bande, je ferai triompher mon honneur", même si cela doit prendre "un an, cinq ans, dix ans", a prévenu l'ancien président. "C'est la France, c'est la fonction" de chef de l'Etat qui est attaquée, a-t-il lancé. "La politique, c'est fini", a-t-il par ailleurs ajouté l'ancien président de la République.