Vidéo Assaut du Capitole en 2021 : "Je craignais que la police tire dans le tas", se souvient le correspondant de France Télévisions

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franceinfo
Article rédigé par
Caroline Delavault - franceinfo
France Télévisions

Loïc de La Mornais, correspondant permanent de France Télévisions aux Etats-Unis, était au cœur de l'attaque du Congrès par des partisans de Donald Trump, à Washington, le 6 janvier 2021. Il témoigne. 

Quel rôle Donald Trump a-t-il joué dans l’assaut du Capitole ? Une commission d’enquête parlementaire tente, depuis début juin, de faire la lumière sur la responsabilité de l’ancien président américain dans la violente invasion du Congrès, le 6 janvier 2021. Ce jour-là, la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine est certifiée par le Congrès, le démocrate est élu 46e président des Etats-Unis. Le président sortant, Donald Trump, conteste alors sa défaite et prononce un discours enflammé : "On ne concède pas quand l’élection a été volée !" fustige-t-il devant des milliers de militants en colère, avant de les appeler à "marcher vers le Capitole".

Loïc de La Mornais, correspondant de France Télévisions à Washington, assiste au discours aux côtés de Thomas Donzel, le journal reporter d'images avec qui il travaille. "Ce matin-là, les militants étaient très nombreux, cela nous a frappés, se souvient-il. Beaucoup nous ont dit qu’il allait se passer quelque chose, mais on était loin d’imaginer ce que ça allait être… On pensait à une grosse manifestation." 

"Une violence inimaginable"

À l'issue de la prise de parole de Donald Trump, Loïc de La Mornais et Thomas Donzel rejoignent leur bureau pour diffuser leur reportage dans le journal de 20 heures de France 2. Au même moment, des centaines de partisans de Donald Trump se dirigent vers le Capitole. "Juste après la diffusion de notre sujet, il doit être 14h20 heure locale, on apprend qu’il se passe quelque chose au Capitole. Des coups de feu auraient été tirés." Le grand reporter décide de repartir, à pied, en direction du monument, pour suivre les manifestants.

Sur place, des violences éclatent. Près de 800 personnes en colère parviennent à pénétrer dans l'enceinte du bâtiment et envahissent le Congrès. "Ce qui me marque, c’est qu’on est aux côtés de manifestants qui hurlent et qui vocifèrent avec des fourches ! D’autres sont armés de battes de base-ball !" se remémore-t-il avec effroi. "Entendre des phrases comme 'Il faut pendre le vice-président' ou 'Les policiers sont des traîtres'... C’est quelque chose d’inimaginable, c’est une violence qu’on n’avait jamais entendue auparavant aux Etats-Unis." Loïc de La Mornais prend alors l’antenne sur franceinfo. Pendant plusieurs minutes, en direct et en plein milieu de la foule, il raconte l'invraisemblable.

"ll fallait faire attention à la violence qui arrivait de tous les côtés et à ce que l’on racontait. Il ne fallait pas en faire trop, on n’était pas en plein cœur d’un bombardement en Ukraine!" explique-t-il.

"On s'était dit que ça n'irait jamais jusque-là"

Mais face au millier d’émeutiers et à la confusion qui règne, le journaliste craint tout de même le pire. "J’avais peur que les policiers, arrivés en renfort, tirent dans le tas ! On est dans un pays où la police a la gâchette facile. Des émeutiers étaient en train de tenter un coup d'État !" se souvient-il. En effet, des sénateurs et députés américains, dont le vice-président Mike Pence, sont alors piégés à l’intérieur du Capitole. "Je craignais qu’il y ait des dizaines, voire des centaines de morts !" ajoute-t-il.

En fin de soirée, les forces de l’ordre parviennent péniblement à maîtriser la situation. Au total, quatre émeutiers et un policier sont tués. Au lendemain de l’assaut, l’Amérique se réveille groggy. Dans un reportage, Loïc de La Mornais revient sur cette journée "qui a fait trembler la démocratie américaine”. "L’Histoire, l’actualité, peut toujours aller plus loin qu’on ne l’imagine. On s’était dit que ça n’irait jamais jusque-là, ça a été pourtant le cas", analyse-t-il près d’un an après l’assaut. "Il faut toujours rester extrêmement humble face au développement de l’actualité", conclut Loïc de La Mornais sur cet événement qui a marqué sa carrière.

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