Mali : ce que l'on sait de la mort du caporal-chef Maxime Blasco, tué lors d'une opération antijihadiste

Ce militaire "au parcours admirable", décoré à de multiples reprises, est le 52e soldat français tué au combat au Sahel depuis 2013. Sa mort intervient alors que la France a entamé le désengagement partiel de la force Barkhane dans cette région d'Afrique.

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Le caporal-chef Maxime Blasco, photographié le 24 septembre 2021. (ETAT-MAJOR DES ARMEES)

Un soldat français de plus tué au Mali. Le caporal-chef Maxime Blasco, 34 ans, a été tué vendredi 24 septembre lors d'une opération contre les jihadistes, selon un communiqué de l'armée française. Que sait-on de sa mort, qui porte à 52 le nombre de soldats français tués au combat au Sahel dans le cadre des opérations Serval puis Barkhane depuis 2013 ? Franceinfo fait le point.

Il a été tué par un "tireur embusqué"

Maxime Blasco a été tué "au cours d'une opération de reconnaissance et de harcèlement" des forces jihadistes, rapporte l'état-major des armées. "Hier matin (vendredi) dans la région de Gossi, à une quinzaine de kilomètres au nord de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, un drone français a repéré (...) une dizaine de terroristes en armes", a détaillé samedi matin le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, sur franceinfo. "Aussitôt, une patrouille d'hélicoptères de combats Tigre a décollé, ainsi que des hélicoptères de manœuvre qui emportaient des commandos pour reconnaître la zone."

"Une trentaine de commandos ont été déployés à terre et c'est dans une zone boisée, dense, qu'un tireur embusqué (...) a tiré, a pris à partie les forces françaises."

Hervé Grandjean, porte-parole de l'armée française

à franceinfo

"C'est dans ces circonstances que le caporal-chef Blasco a été blessé très grièvement", a-t-il complété. Le soldat français "a été pris en charge immédiatement par l'équipe médicale, mais il a succombé à ses blessures très rapidement. Le tireur, lui, a été neutralisé dans la foulée par les commandos qui étaient déployés à terre".

Il avait été plusieurs fois décoré

L'armée a rendu un hommage appuyé au soldat mort. "Né le 4 décembre 1986 à Grenoble, le caporal-chef Maxime Blasco a accompli toute sa carrière au 7e bataillon de chasseurs alpins", souligne-t-elle dans un communiqué. Maxime Blasco s'y était engagé en 2012. En 2014, il combat "en République centrafricaine, au Tchad et au Sénégal dans le cadre des opérations Sangaris et Barkhane comme tireur de précision", selon la même source. A partir de 2016, il est envoyé plusieurs fois au Mali dans le cadre de l'opération Barkhane. Maxime Blasco avait été plusieurs fois décoré, a également fait savoir l'armée.

"Il était titulaire de quatre citations et en était à son quatrième engagement dans Barkhane en trois ans. C'était quelqu'un qui avait un parcours opérationnel exceptionnel."

Colonel Pascal Ianni, porte-parole des armées françaises

lors d'un point-presse

Le président de la République, Emmanuel Macron, a de son côté rappelé qu'il avait conféré à Maxime Blasco, le 18 juin dernier, la médaille militaire "pour la valeur exceptionnelle de ses services", et a évoqué, dans un communiqué, son "émotion particulièrement vive". La ministre des Armées, Florence Parly, s'est pour sa part inclinée sur Twitter "devant son courage, son engagement profond au service de notre pays". "Soldat d'élite au parcours admirable, il a été décoré à trois reprises de la Croix de la valeur militaire avec étoile de bronze (...). Il a reçu la Croix de la Valeur militaire avec étoile de vermeil", a-t-elle précisé dans un communiqué. Maxime Blasco était pacsé et père d'un enfant.

VIDEO. "Ce métier est une passion, un peu une drogue" : le témoignage de Maxime Blasco avant son déploiement au Mali
FRANCE 2

Il avait sauvé la vie de ses coéquipiers après le crash de leur hélicoptère Gazelle

En 2019, Maxime Blasco avait sauvé la vie à deux de ses camarades après le crash de leur hélicoptère Gazelle. Grièvement blessé, et souffrant notamment de multiples fractures vertébrales, ce tireur d'élite avait réussi à les extraire sur une cinquantaine de mètres avant de les installer "de façon un peu artisanale sur les patins" d'un hélicoptère Tigre venu en renfort pour les extraire de la zone de combat, a souligné vendredi soir lors d'un point-presse le colonel Pascal Ianni, porte-parole des armées françaises. 

"Il n’y a que Kevin qui est sécurisé par une ligne de vie. Adrien et Max se tiennent avec leurs mains et leurs bras... A tout moment, ils peuvent lâcher prise par perte de connaissance ou avec un mauvais pilotage de ma part", racontait à France 2 Nicolas, le pilote de l'hélicoptère Tigre venu les secourir. Cette procédure, qui "n'a jamais été effectuée en entraînement ni au combat", a permis d'exfiltrer les trois militaires, accueillis à l'antenne médicale de Gao avant d’être évacués vers la France.

Le magazine de France 2 "13h15 le samedi" avait retracé l'histoire de ce crash spectaculaire et avait rencontré Maxime Blasco à cette occasion. Voici un extrait de son récit.

Une mort en plein désengagement partiel de la force Barkhane

La mort du caporal-chef Maxime Blasco survient alors que Paris a revendiqué, le 15 septembre dernier, la "neutralisation" au Mali du chef du groupe jihadiste Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), Adnan Abou Walid al-Sahraoui. Cette frappe française a été qualifiée de "succès majeur" par le chef de l'Etat. Le décès du soldat français intervient aussi au moment où la France a entamé le désengagement partiel de la force Barkhane au Sahel.

Sur décision d'Emmanuel Macron, la France a en effet entrepris de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit). Elle va réduire le nombre de troupes dans la région d'ici 2023 à 2 500 ou 3 000 hommes contre près de 5 000 aujourd'hui. Un défi logistique qui exige une coordination étroite avec Bamako.

Mais cette réorganisation intervient dans un contexte tendu entre Paris et la junte malienne, qui envisage de conclure un contrat avec la société paramilitaire russe Wagner, décrite comme proche du pouvoir russe. Un déploiement de ces mercenaires serait "incompatible" avec le maintien au Mali des troupes françaises, a averti le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

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