Visite de Charles III : entre curiosité et fascination, la "Royal Mania" de certains élus de la République

Ils ne rateront rien de la prise de parole du roi Charles III au Sénat. Parmi les 300 parlementaires présents ce jeudi, certains députés attendent ce moment avec impatience. D'autres, au contraire, dénoncent un "moment monarchique" sous les ors de la République.
Article rédigé par Audrey Tison
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le roi Charles III à Paris, le 20 septembre 2023, à l'occasion de sa première visite officielle en France depuis son couronnement. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Après une descente de l’avenue des Champs-Elysées et un dîner au château de Versailles aux côtés de la reine Camilla, le roi Charles va poursuivre sa première visite officielle en France depuis son couronnement au Sénat. Jeudi 21 septembre, il va s'exprimer devant une délégation de 300 sénateurs et députés dans la matinée. Un discours programmé au Sénat, à partir de 10 heures 30, que certains parlementaires ne voulaient rater pour rien au monde. 

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C'est avec beaucoup de curiosité que le socialiste Jérome Guedj a décidé de s'inscrire pour assister à ce moment qu'il juge historique : "Ce n’est pas tous les jours et on peut être un fervent républicain en France, et entendre aussi sa voix de magistère moral, on voit toute la figure d'unité que représente de roi chez nos amis britanniques", explique-t-il. "Quoi qu'on en dise, on a une curiosité, parfois même une fascination pour la monarchie britannique", ajoute l'élu.

Un sentiment partagé par Jean-Philippe Tanguy. Le député du Rassemblement national fait partie du groupe d'amitié France-Royaume-Uni, il estime que cela symbolise le réchauffement des relations bilatérales. "C'est un symbole, la reine Élisabeth II était une grande amie de la France, qui aimait beaucoup venir en France, assure-t-il. Elle a toujours été fidèle à l'entente cordiale et aux relations historiques entre nos deux pays, et le roi Charles est dans cette lignée, nous sommes contents de l'accueillir."

D'autres députés dénoncent un "moment monarchique"

Mais comme tout est politique à l'Assemblée, on trouve également des députés foncièrement opposés à cette visite d'un roi sous les ors de la République. "Et voici que Louis VI Macron nous ramène Charles III le jour de bataille de Valmy, où nous emportons la victoire et proclamons la Première République ", s'agace par exemple l'Insoumis Antoine Léaument. "Les 20 et 21 septembre, c'est un moment républicain et Emmanuel Macron choisi d'en faire un moment monarchique. Nous ne sommes pas d'accord avec ça." Pas de discours du roi pour lui, mais des "fêtes de la République", au cours desquelles des cahiers de doléances seront notamment rédigés.

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Pourtant, chacun des groupes de gauche va bien envoyer quelques représentants écouter le roi, au nom des relations entre les deux pays. Chez les écologistes, Cyrielle Chatelain va même jusqu'à saluer le système politique des Britanniques : "Je ne suis pas pour les monarques, mais au moins chez eux c'est assumé. Chez nous, on a un monarque présidentiel qui a quand même beaucoup plus de poids que le roi d'Angleterre, ça devrait nous poser question."

Un président qui a la folie des grandeurs, selon les écologistes. Selon eux, il aurait pu faire l'économie du dîner fastueux au château de Versailles pour cette visite du roi Charles III et la reine Camilla. 

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