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Irak : "Il reste des terroristes parmi la population de Mossoul" d'après le journaliste Kamal Redouani

Deux mois après le début de la bataille de Mossoul, la ville est presque inaccessible. L'armée irakienne y combat les jihadistes de l'État islamique. Sur franceinfo, samedi, le journaliste indépendant Kamal Redouani, l'un des rares à pouvoir y entrer, a décrit la situation actuelle.

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Radio France
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Un soldat des forces anti-terroristes irakiennes, le 24 novembre 2016 (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Depuis deux mois, l’armée irakienne combat les jihadistes du groupe État islamique à Mossoul, au nord de l'Irak. Il est difficile de connaître la situation exacte sur place. Le grand reporter indépendant Kamal Redouani est l’un des rares journalistes francophones à pouvoir accéder à la ville en ce moment. Sur franceinfo samedi 24 décembre, il a affirmé que le groupe terroriste menait des attaques sur place.

franceinfo : Que se passe-t-il exactement à Mossoul en ce moment ?

Kamal Redouani : Le front est figé. L’armée irakienne et les milices chiites ne combattent pas mais protègent leur territoire. Il y a quelques heures, trois voitures remplies de TNT ont explosé aux portes de Mossoul. C’est le groupe État islamique qui attaque en ce moment avec un système de kamikazes. Leurs membres s’en prennent à l’armée. Ils essaient d’ouvrir des brèches pour pouvoir sortir de Mossoul.

La pause opérationnelle, annoncée par l'armée américaine, est-elle utile pour les forces irakiennes ?

Cette pause était obligatoire. L'armée a annoncé trop vite qu'elle avait gagné des territoires, mais tous les quartiers ne sont pas sécurisés. Derrière eux, les Américains laissent une population dans laquelle se trouvent encore des gens affiliés aux terroristes. Avant de reprendre l'avance, l'armée devait faire un travail de nettoyage de ces quartiers pour pouvoir continuer sereinement.

Combien de personnes vivent encore à Mossoul ?

On parle d’un million de personnes. Je n’ai aucun moyen de le vérifier. En revanche, j’ai vu des bus remplis de personnes qui fuient Mossoul. Chaque nuit, des familles essaient de quitter la ville au péril de leur vie. Souvent, ils perdent des membres de leur famille, en passant la frontière qui sépare les parties libres de celles tenues par les terroristes.

Il n’existe donc pas de couloir humanitaire à Mossoul ?

L'organisation État islamique refuse de laisser partir la population, les jihadistes tirent sur les habitants qui essaient de fuir. Il y a à peine deux jours, j’ai rencontré une famille qui a perdu cinq de ses membres en essayant simplement de franchir cette ligne de front qui les sépare de la liberté.

Des jihadistes parviennent-ils à s'enfuir vers Raqqa, le fief de l'État islamique, en Syrie ?

Ils ne peuvent plus le faire. Les milices chiites ont fermé ce couloir. Aujourd'hui, les terroristes sont vraiment encerclés par l’armée. Par conséquent, ils tentent de quitter Mossoul en se faisant passer pour des civils.

Les services de renseignement irakiens font un travail très difficile, ils interrogent tous ceux qui passent la frontière, les testent, mais ils ont peu de moyens pour savoir si leurs cartes d’identité sont des vraies ou pas. Ils ont tout de même mis la main sur 700 personnes soupçonnées d’appartenir au groupe État islamique et qui essayaient de sortir de Mossoul.

Kamal Redouani estime qu'il faut "nettoyer les quartiers déjà repris avant de continuer à avancer".
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