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Groupe État islamique : "L'objectif de la coalition est d'éliminer cette menace en faisant le minimum de pertes"

Le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, est revenu, jeudi pour franceinfo, sur la situation à Mossoul et Raqqa, capitale de l'organisation État islamique.

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Radio France
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Des Irakiens déplacés arrivent dans un camp de réfugiés le 22 octobre 2016 dans la ville de Qayyarah, au sud de Mossoul, alors qu'une opération de récupération de la ville de Mossoul du groupe de l'Etat islamique a lieu. (BULENT KILIC / AFP)

En Irak, la bataille de Mossoul a commencé il y a un mois. Les forces irakiennes encerclent désormais la deuxième ville d'Irak. À Raqqa, en Syrie, où la bataille est aussi en cours, la ville semble isolée. Sur ces deux fronts, "l'objectif de la coalition est d'éliminer cette menace en faisant le minimum de pertes auprès de la population", a expliqué jeudi 24 novembre sur franceinfo le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

franceinfo : La lente progression de la coalition à Mossoul correspond-elle à ce qui était prévu ?

Général Dominique Trinquant : Dès le départ, il était prévu que cela durerait de longues semaines et que cela dépendrait de la volonté des jihadistes de défendre leurs positions. Pour l'instant la ville est encerclée, ce qui empêche les jihadistes d'être ravitaillés, et leur coupe tous chemins de retrait. Maintenant, on va rentrer dans le combat rue à rue, maison à maison, qui va être extrêmement compliqué.

Quelle est la difficulté pour la coalition à Mossoul ?

Daech est installée depuis deux ans dans Mossoul. Elle connaît bien le terrain. Elle a bénéficié de la complicité d'une partie de la population. La partie de la ville, à l'est du fleuve, qui est libérée, était la plus facile parce que c'était une partie relativement neuve. Dans l'ouest, la vieille ville, ce sont des ruelles étroites dans lesquelles les véhicules blindés ne pourront pas rentrer. Le combat risque d'être pénible. Une partie de la population est restée et sert de bouclier humain. Ce n'est pas dans l'intérêt de l'armée irakienne de tuer la population qui est dans la ville.

En Syrie, la bataille de Raqqa est aussi en cours. La situation est-elle comparable ?

Le problème est différent. Autant Mossoul est à cheval sur une rivière, autant Raqqa est au nord de la rivière. Actuellement les forces qui progressent au nord de la rivière, sont essentiellement des Kurdes, et quelques unités islamistes. Il y a un problème supplémentaire, c'est l'arrivée de l'armée turque qui veut se mêler de cette opération. Cela va compliquer les choses. Mossoul, c'est 1 200 000 habitants, deuxième ville d'Irak et importante sur le plan économique. Elle est en limite des zones kurde et sunnite. Et la plupart des combattants sont originaires de Mossoul. À Raqqa, ce sont beaucoup les brigades internationales, tchétchènes et européennes, qui combattent. Il y a une composition de jihadistes différente entre les deux villes, avec des combats qui vont être différents.

Le retour de ces jihadistes étrangers doit-il être considéré comme une crainte ?

En étant cynique, l'intérêt de tout le monde est qu'ils se fassent tuer dans les combats. S'ils ont une vraie volonté de combattre, c'est le sort qui leur sera réservé. Ce sont des jihadistes, qui sont dans un autre univers que le nôtre, qui ont décidé de mourir en martyr, en faisant le maximum de pertes en face. L'objectif de la coalition est d'éliminer cette menace en faisant le minimum de pertes auprès de la population.

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