Arnaud Beltrame "a appliqué l'adage 's'engager pour la vie'", témoigne un de ses collègues, ancien du GIGN

Daniel Cerdan, ancien membre du GIGN, a rendu hommage samedi sur franceinfo au gendarme abattu par un terroriste la veille dans l'Aude.

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est mort des suites de ses blessures, samedi 24 mars 2018.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est mort des suites de ses blessures, samedi 24 mars 2018. (HO / GENDARMERIE NATIONALE)

L'annonce de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame survenue dans la nuit de vendredi à samedi 24 mars suscite une vive émotion. Le gendarme qui a pris la place d'une otage dans un supermarché à Trèbes dans l'Aude a été tué par un terroriste, comme trois autres personnes. Parmi les réactions au décès d'Arnaud Beltrame, il y a celle samedi sur franceinfo de Daniel Cerdan, ancien membre du GIGN. Il a salué la bravoure et le parcours de son camarade qui a succombé à ses blessures.

franceinfo : Que vous inspire l'acte héroïque d'Arnaud Beltrame ?

Daniel Cerdan : Arnaud, qui était un bon vivant un sportif, a appliqué l'adage de la gendarmerie "une force humaine" et ayant appartenu au GIGN, il a appliqué l'adage "s'engager pour la vie". Je suis un peu retourné dans le sens où je perds un camarade, mais je ne suis pas étonné qu'il ait pris tout de suite la place de l'otage. Il sert la République, il est au service de la nation.

Comment prend-on ce genre de décision ?

Quand vous avez été à la force de protection de l'escadron parachutiste, que vous êtes à la protection d'un ambassadeur en Irak, que vous avez subi des tirs de mortier de mitraillettes et que vous avez reçu la légion d'honneur à 39 ans, je pense qu'Arnaud quand il a vu cet individu avec cet arme de poing et son couteau, il s'est dit "c'est une situation que je peux gérer". C'est le métier du gendarme, de protéger la population et les citoyens.

Beaucoup de réactions politiques et d'hommage rendus depuis samedi matin, ça vous touche ?

Oui, quand on choisit le métier des armes, parfois les politiques ne sont pas très redevables des armées. Je trouve qu'on ne pense pas suffisamment à ces 10 000 militaires qui sont sur l'opération sentinelle. Je suis un peu ému. Oui, les forces de l'ordre sont là pour donner leur vie, mais parfois, quand un gendarme décède, on a juste un représentant politique. Quand un gendarme décède, il doit avoir les honneurs de la République. Arnaud a payé de sa vie, mais il rappelle qu'il y a beaucoup de gens qui tombent sur les théâtres d'opérations. Il ne faut pas que cette reconnaissance soit seulement le 24 mars. Il part avec les honneurs, mais il rend orphelin toute sa famille et tous ses proches.