Washington va réduire ses troupes en Irak dans les "prochains mois"

L'annonce a été faite à l'issue d'un "dialogue stratégique" visant à ramener un peu de stabilité dans les relations houleuses entre les Etats-Unis et l'Irak.

Des soldats américains dans un ancien palais présidentiel transformé en base irakienne, à Mossoul le 30 mars 2020. 
Des soldats américains dans un ancien palais présidentiel transformé en base irakienne, à Mossoul le 30 mars 2020.  (ZAID AL-OBEIDI / AFP)

Le retrait aura lieu "au cours des prochains mois". Les Etats-Unis ont annoncé jeudi 11 mai qu'ils allaient "réduire" leur présence militaire en Irak, après avoir repris langue avec le gouvernement irakien désormais dirigé par un Premier ministre plus favorable à Washington, au terme de mois de tensions. Evoquant les "progrès significatifs" contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), raison de la présence américaine à la tête d'une coalition internationale, les deux pays ont affirmé dans une déclaration conjointe que "les Etats-Unis continueraient à réduire leurs forces en Irak".

Les gouvernements américain et irakien n'ont pas précisé l'ampleur ni le calendrier de ce retrait progressif. Washington va aussi "discuter avec le gouvernement irakien du statut des forces restantes", sans rechercher "une présence militaire permanente" – une position en ligne avec la volonté de désengagement du président Donald Trump, qui a promis de "mettre fin aux guerres sans fin".

5 200 soldats américains sur place en début d'année

Cette déclaration a été faite à l'issue d'un "dialogue stratégique" par visioconférence – en raison du Covid-19 –, visant à ramener de la stabilité dans les relations houleuses entre les deux alliés. Il s'agit d'une mise à jour du "dialogue" de 2008, quand les Etats-Unis avaient établi les conditions de leur départ après avoir envahi l'Irak. Depuis, leurs troupes sont revenues, bien moins nombreuses, contre l'EI.

Plus de deux ans et demi après la "victoire" sur les jihadistes côté irakien, les milliers de soldats américains dans le pays – ils étaient 5 200 en début d'année – étaient à nouveau au cœur des tensions. Le sentiment anti-américain a en effet flambé avec la mort en janvier du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien, tués à Bagdad dans un raid ordonné par le président Trump, après la multiplication de tirs de roquettes contre des intérêts américains, imputés par Washington aux forces pro-Iran.