Italie : on vous présente les cinq ministres clés pour comprendre le premier gouvernement de la leader d'extrême droite Giorgia Meloni

L'équipe gouvernementale formée par la cheffe de file du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia a prêté serment samedi matin. Objectif de la nouvelle présidente du Conseil : montrer qu'elle souhaite rassurer les partenaires de l'Italie, fondatrice de l'Europe et troisième économie de l'Union européenne.

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Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, entourée de Matteo Salvini (la Ligue, extrême droite), son ministre en charge des Infrastructures et des Transports (à droite sur la photo), et Silvio Berlusconi (chef de file de Forza Italia), à Rome, la capitale italienne, le 21 octobre 2022. (BARIS SECKIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Il lui a remis la clochette d'argent utilisée par le président du Conseil pour réguler les débats en Conseil des ministres. La passation de pouvoir entre Mario Draghi et Giorgia Meloni, la nouvelle présidente du Conseil italien – l'équivalent de Première ministre –, a eu lieu dimanche 23 octobre, lors d'une cérémonie organisée au palais Chigi à Rome, siège du gouvernement à deux pas du Parlement.

L'équipe gouvernementale formée par la cheffe de file du parti post-fasciste Fratelli d'Italia montre qu'elle souhaite rassurer les partenaires de l'Italie, inquiets après l'arrivée au pouvoir d'une cheffe de l'exécutif d'extrême droite et du gouvernement le plus eurosceptique d'Italie depuis 1946. "Il n'y a pas de surprise", a commenté sur franceinfo Hervé Rayner, professeur de science politique à l'université de Lausanne, spécialiste de l'Italie contemporaine. "Fratelli d'Italia [le parti de Giorgia Meloni] obtient une dizaine de ministères. Les deux autres partis d'union, Forza Italia  [de Silvio Berlusconi] et la Ligue [de Matteo Salvini], ont cinq ministères chacun", relève-t-il. Franceinfo revient sur cinq postes éclairant l'équilibre qu'a trouvé la nouvelle femme forte d'Italie pour son premier gouvernement.

Aux Affaires étrangères, un ancien président du Parlement européen

Antonio Tajani, l'actuel ministre italien des Affaires étrangères, au Parlement européen, à Bruxelles, le 3 juillet 2019. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Bien qu'eurosceptique, Giorgia Meloni a placé à la tête de la diplomatie italienne Antonio Tajani. Cet européiste convaincu, qui se retrouve également avec le titre de vice-Premier ministre, a été président du Parlement européen entre 2017 et 2019. La nomination de ce haut responsable du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi a rapidement été saluée par le président du Parti populaire européen, l'Allemand Manfred Weber, comme "une garantie d'une Italie pro-européenne et atlantiste". Les liens forgés par Tajani pendant près de vingt ans comme eurodéputé et commissaire européen aux Transports, seront essentiels au maintien de bonnes relations avec Bruxelles.

Sur le front diplomatique, Giorgia Meloni, atlantiste et favorable au soutien à l'Ukraine face à la Russie, a été contrainte de monter au créneau après les propos de Silvio Berlusconi. Ce dernier avait déclaré avoir "renoué" avec le président russe Vladimir Poutine, et accusé l'Ukraine d'être à l'origine de la guerre. Elle a alors rétorqué que l'Italie faisait "pleinement partie et la tête haute" de l'Europe et de l'Otan.

Aux Transports, le populiste Matteo Salvini

Matteo Salvini, actuel ministre italien chargé des Infrastructures et des Transports, à Milan (Italie), le 26 septembre 2022. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Connu pour ses déclarations controversées, notamment sur l'immigration, Matteo Salvini a déjà été vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement de Giuseppe Conte, de juin 2018 à septembre 2019.

Il espérait retrouver le portefeuille de l'Intérieur dans le gouvernement Giorgia Meloni mais il doit se contenter du poste des Infrastructures et Transports. S'il est moins prestigieux, ce poste lui permet d'avoir la main sur les ports du pays. En vertu de la politique des "ports fermés" de la Ligue, il avait bloqué plusieurs navires d'ONG venant au secours des migrants en Méditerrannée lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Surtout, il se retrouve malgré tout propulsé vice-Premier ministre.

A l'Economie, un ancien membre du gouvernement sortant

Giancarlo Giorgetti, l'actuel ministre italien de l'Economie, à Rome, la capitale de l'Italie, le 22 octobre 2022. (ANGELO CARCONI / ANSA / AFP)

Giancarlo Giorgetti, l'un des bras droits de Matteo Salvini, est un représentant de l'aile modérée de la Ligue (extrême droite). Déjà membre de l'équipe sortante de Mario Draghi, au poste de ministre du Développement économique, il se retrouve ministre de l'Economie, un portefeuille crucial.

Figure puissante de la Ligue, il a déjà servi dans le premier gouvernement de Giuseppe Conte, comprenant la Ligue et le mouvement populiste Cinq étoiles (2018 à 2019), en tant que secrétaire d'Etat aux Sports.

A l'Intérieur, un technocrate qui a été le chef de cabinet de Matteo Salvini

Matteo Piantedosi, actuel ministre italien de l'Intérieur, à Rome, la capitale italienne, le 22 octobre 2022. (GIUSEPPE LAMI / ANSA / AFP)

Matteo Piantedosi, qui était préfet de Rome depuis août 2020, s'empare du ministère de l'Intérieur, un portefeuille clé pour un gouvernement nationaliste, qui considère les questions de sécurité et d'immigration comme prioritaires et stratégiques. A 59 ans, il a passé toute sa carrière dans le corps préfectoral et la haute fonction publique, en grande partie au ministère de l'Intérieur, où il a été chef de cabinet de Matteo Salvini.

A la Famille, la Natalité et l'Egalité des chances, Eugenia Roccella

Eugenia Roccella, actuelle ministre italienne de la Famille, de la Natalité et de l'Egalité des chances, à Rome, la capitale italienne, le 22 octobre 2022. (ANDREW MEDICHINI / AP / SIPA)

Parmi les 24 ministres de ce nouveau gouvernement, on ne trouve que six femmes. Certaines sont cantonnées à des portefeuilles mineurs. "Aucune n'a un ministère de poids, que ce soit l'Intérieur, l'Economie, la Défense ou autre", remarque Hervé Rayner, spécialiste de l'Italie contemporaine.

Mais Eugenia Roccella se retrouve ministre de la Famille, de la Natalité et de l'Egalité des chances. Ce poste est hautement symbolique pour Giorgia Meloni, chrétienne conservatrice hostile aux droits LGBT+, qui a mis la famille au cœur de sa campagne. Elle "défend une vision très conservatrice, avec pour valeurs centrales 'Dieu, la famille et la patrie'", a insisté Alban Mikoczy, correspondant de France Télévisions à Rome. Le nouvel intitulé du portefeuille n'est donc pas anodin.

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