Guerre en Ukraine : "Seul Poutine sait quelles sont les entreprises européennes qui payent le gaz russe en roubles", affirme un expert

Depuis plusieurs semaines, le Kremlin exige que le gaz russe soit payé en roubles et non plus en euros. Une manoeuvre au coeur d'une nouvelle réunion à Bruxelles, prévue ce lundi, avant de nouvelles sanctions probables. 

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Radio France
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Vladimir Poutine à Moscou (Russie), le 23 avril 2022.  (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

Vers un nouveau durcissement des sanctions ? Parmi les conséquences économiques de la guerre en Ukraine, la crise énergétique est toujours au coeur des tractations en l'Europe et la Russie. Ce lundi 2 mai, les ministres de l'énergie de l'Union européenne se réunissent de nouveau à Bruxelles en session extraordinaire pour examiner les moyens de faire face au chantage de Vladimir Poutine

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Le président russe exige en effet depuis début avril que le gaz russe soit payé non plus en euros mais en roubles. Faute de quoi, le Kremlin menace de couper le robinet. Car en coupant le robinet du gaz à la Pologne et à la Bulgarie, Valdimir Poutine a fait monter les enchères, comme un joueur de poker qui parie sur la dépendance de certains pays comme l'Allemagne ou l'Autriche aux importations russes. 

Pour Thomas Pellerin-Cardin, directeur du Centre énergie de l'Institut Jacques Delors, les pays européens n'auront pas d'autre choix que d'anticiper la fin du gaz russe : "Après la Pologne, après la Bulgarie, qui sera le prochain sur la liste ? Est-ce que ce sera l'Allemagne ? Est-ce que ce sera la France ou l'Italie ? Et donc, nous, Européens, il faut qu'on s'y prépare, qu'on fasse comme si cet embargo était inévitable, de manière à être prêt le jour où Poutine, effectivement, coupera le gaz. Le jour où nous choisirons de ne plus dépendre du gaz russe pour ne plus financer la guerre que Vladimir Poutine est en train de mener en Ukraine."

"Acheter du gaz russe quoi qu'il en coûte"

En attendant, certaines entreprises européennes paieraient leurs importations de gaz russe en euros avant d'être convertis en roubles par le géant énergétique Gazprom, poursuit Thomas Pellerin Cardin.

"Il y a une volonté de pouvoir continuer à acheter du gaz russe quoi qu'il en coûte, de la part de plusieurs entreprises européennes qui importent du gaz. L'Allemagne n'est pas du tout une exception. Les Autrichiens et aussi les Français, non plus probablement. À ce stade, on ne sait pas quelles sont les entreprises qui payent ce gaz en roubles. La seule personne qui sait c'est Poutine. C'est pas la Commission européenne, ce n'est pas le président de la République française."

Le maitre du Kremlin espère ainsi garder l'atout-maître du gaz le plus longtemps possible face aux Européens. Pourtant, avant même cette réunion prévue lundi  Bruxelles, des sources européennes citées par l'AFP préviennent que l'Union européenne finalise un arrêt progressif de ses achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie pour sanctionner la guerre en Ukraine et pourrait annoncer cette semaine un calendrier et de nouvelles mesures

Dimanche, le géant Gazprom a par ailleurs annoncé que les livraisons de gaz russe vers les pays de l'UE et la Turquie ont fortement baissé entre janvier et avril par rapport à cette même période en 2021, tandis que celles vers la Chine ont explosé, grimpant de 60% sur un an via le gazoduc Power of Siberia.

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