Dépendance au gaz russe : comment fonctionnent les sites de stockage de gaz en France ?

L'Europe souhaite augmenter les réserves de gaz stockées dans les sous-sol des pays membres afin d'écarte tout risque de pénurie avec un éventuel embargo sur les produits venus de Russie. Une disposition déjà en vigueur en France, comme ici dans les Landes.

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Radio France
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Le centre de stockage de gaz de Téréga, à Lussagnet près de Pau (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Comment sortir du piège de la dépendance au gaz russe mis en évidence par le conflit en Ukraine ? L'Europe est à la recherche de moyens pour réduire ce biais : les dirigeants des 27 envisagent comme solution de mettre en place une plateforme d'achat de gaz commune, comme ils l'ont fait pour les vaccins anti-Covid 19. L'objectif est aussi d'avoir des stocks plus importants : Bruxelles souhaite ainsi augmenter les réserves de gaz stockées dans les sous-sol, en fixant un remplissage minimal à l'entrée de chaque hiver. En France, cela existe déjà : le gaz est stocké en profondeur dans onze sites répartis à travers le pays. 

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A Lussagnet, non loin de Mont-de-Marsan dans les Landes, des kilomètres de tuyaux entre et sortent du sol sur le site de stockage de Téréga. Il s'agit du deuxième stockeur de gaz en France, après une filiale d'Engie. Avec ses deux sites voisins dans la campagne bearnaise, Téréga gère un quart des réserves françaises de gaz, à 500 mètres sous le sol.

"La structure de stockage est une structure géologique faite de roche poreuse, c'est du sable finalement, protégé par à peu près 500 mètres de couches d'argile, qui en assure l'étanchéité. Ce stockage, c'est plusieurs kilomètres carrés de capacité", détaille Michel Boche, directeur des projets d'infrastructures du groupe.

Les entrées et sorties de gaz se font par ces puits (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Remplissage en été

Comme des pailles géantes plantées dans la couche de stockage, plusieurs têtes de puits permettent de remplir ou vider ce réservoir géologique. Un cycle d'approvisionnement très réglé : "L'injection se fait en été, le soutirage se fait plutôt l'hiver, précise Michel Boche. Vous injectez du gaz quand il n'est pas cher, et vous le retirez du sous-sol quand la demande est forte. Si on n'avait pas de stock, on serait soumis au prix du marché de manière beaucoup plus forte, et on aurait sans doute des difficultés à répondre à l'appointe d'une demande extrême."

Le gaz stocké n'appartient pas à Téréga, mais surtout aux gros fournisseurs du marché, par exemple Engie ou l'italien ENI. Il remplit ses réserves avec du gaz acheté à l'étranger, en Norvège d'abord, puis en Russie.

Se passer du gaz russe, possible sous conditions

Pour Thomas Pellerin-Carlin, spécialiste de l'énergie à l'Institut Jacques-Delors, se passer du gaz russe pour remplir les stocks, c'est possible, mais sous conditions : "Cela rend la chose plus difficile, il faut jouer sur plusieurs leviers, celui le plus discuté actuellement, et qui est un mal nécessaire, c'est l'importation de gaz naturel liquéfié de l'étranger. C'est quelque chose de particulièrement coûteux économiquement, et dégradant écologiquement, mais c'est nécessaire pour les années à venir. Ensuite c'est d'autant plus facile d'augmenter les stocks si on consomme moins. Donc tout le gaz qu'on continue à utiliser ces temps-ci pour chauffer les terrasses de café, tout ce gaz qu'on est en train de gaspiller au mois de mars, on pourrait très bien le stocker."

Le stockage de gaz représente 20% de la consommation en France, il serait indispensable en cas d'embargo sur le gaz russe, mais pas suffisant.

Comment fonctionnent les sites de stockage de gaz en France ? Le reportage de Grégoire Lecalot
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