Retrait des troupes françaises au Mali : les réactions politiques

La France et ses partenaires européens ont officialisé jeudi leur retrait militaire du pays, au terme de neuf ans de lutte antijihadiste.

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Radio France
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Des soldats français de l'opération Barkhane à Tombouctou (Mali) le 5 décembre 2021 (THOMAS COEX / AFP)

La décision de retirer les troupes françaises du Mali pour les redéployer dans d'autres pays de la région comme le Niger a suscité de nombreuses réactions des responsables politiques, et en premier lieu des candidats à la succession d'Emmanuel Macron.

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À commencer par Valérie Pécresse : sur LCP, la candidate Les Républicains a exprimé son souhait que les forces françaises restent au Sahel. "Je pense qu'il faut rester au Sahel. Si on abandonne ce terrain, alors nos soldats seront sans doute morts pour rien. Et ça, je ne l'admettrai pas". L'état-major des armées a confirmé que 2 500 à 3 000 soldats français resteront bien déployés au terme de leur retrait du Mali d'ici environ six mois.

Christian Cambon, sénateur Les Républicains, président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, a salué "une décision de bon sens", car "on ne peut pas admettre qu'un pays dans lequel nous sommes intervenus nous traite et nous humilie de la sorte". La France et ses partenaires européens vont se redéployer dans la région sahélienne. "On se dirige vers une tout autre organisation avec des bases beaucoup plus légères et plus de maniabilité de l'ensemble de nos forces", a-t-il expliqué.

Autre réaction, celle de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national : "C'est une forme d'écran de fumée. La vraie question maintenant, c'est comment nous partons, quels moyens nous mettons à disposition de l'armée pour pouvoir partir dans des conditions de sécurité optimales ?" Pas de réaction pour le moment d'Éric Zemmour.

Une "décision inévitable"

De l'autre côté de l'échiquier politique, le ton est plutôt à l'hommage. C'est le cas d'Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, sur France 2 : "D'abord, je veux rendre hommage aux 57 Français qui sont tombés sur le sol malien et qui ont défendu au Sahel nos valeurs, la liberté." Chez les écologistes, on réagit dans un communiqué qui parle de "décision inévitable". Yannick Jadot réaffirme que la solution pour la paix ne peut être que militaire et passe par la diplomatie.

Chez les insoumis de Jean-Luc Mélenchon, les mots sont bien plus forts : Clémentine Autain, députée La France insoumise, évoque un immense gâchis, sans visibilité stratégique. "Il faut qu'on sorte de cette logique de Françafrique. On ne peut pas continuer à estimer qu'on s'installe, on repart, on se réinstalle, sans aucune visée stratégique de long cours." Le même terme de "Françafrique" est également utilisé par le candidat communiste Fabien Roussel. Une position fait en tout cas l'unanimité : que la France conserve une présence militaire. 

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