Lutte contre le terrorisme au Sahel : encore 2 500 à 3 000 soldats français dans la région après le retrait du Mali

Paris et ses partenaires ont officialisé jeudi leur retrait militaire du Mali. Ils souhaitent toutefois "rester engagés dans la région" sahélienne et "étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et d'Afrique de l'Ouest". 

Le président sénégalais Macky Sall et le président français Emmanuel Macron à l\'Elysée, le 17 février 2022.
Le président sénégalais Macky Sall et le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, le 17 février 2022. (IAN LANGSDON / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Quelque 2 500 à 3 000 soldats français resteront déployés au Sahel au terme de leur retrait du Mali d'ici environ six mois, a précisé jeudi 17 février l'état-major des armées françaises. Actuellement, 4 600 militaires français sont déployés dans la bande saharo-sahélienne, dont 2 400 au Mali. Poussés dehors par la junte au pouvoir à Bamako, la France et ses partenaires européens ont officialisé leur retrait militaire du Mali au terme de neuf ans de lutte antijihadiste menée par Paris, tout en affirmant vouloir rester engagés auprès des pays sahéliens et du golfe de Guinée. Ce direct est maintenant clôturé. 

 Emmanuel Macron "récuse complètement" l'idée d'échec français. "Que se serait-il passé en 2013 si la France n'avait pas fait le choix d'intervenir ? Vous auriez à coup sûr un effondrement de l'Etat malien", a répondu le chef d'Etat à la question d'un journaliste français en conférence de presse jeudi.

 Un sommet Europe-Afrique pour "changer la donne". L’Union européenne et l’Union africaine se réunissent jeudi et vendredi à Bruxelles pour un sommet visant à "changer la donne" de leurs relations, a déclaré Paris. Quarante des 55 dirigeants membres de l'Union africaine doivent retrouver leurs homologues de l'UE pour définir ce nouveau partenariat.

 "L'Afrique a une contribution inédite à apporter au reste du monde""Si l'Afrique ne réussit pas, l'Europe échouera, les nationalismes triompheront, les conflits migratoires se multiplieront, et les herses se redresseront", a lancé Emmanuel Macron mercredi soir devant des dirigeants européens et africains. "L'Afrique a une contribution inédite à apporter au reste du monde dans les années qui viennent", a-t-il estimé.

 La fin de neuf ans d'engagement militaire français. La France est militairement implantée depuis 2013 dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, proie des groupes jihadistes qui sévissent aussi dans d'autres Etats sahéliens. Paris est intervenu pour enrayer la progression des groupes islamistes radicaux menaçant Bamako et a ensuite mis sur pied une vaste opération antijihadiste régionale, Barkhane, déployant des milliers de soldats pour lutter contre les franchises locales d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #SAHEL

22h48 : "Effectivement, il faut partir. Il faut partir de manière ordonnée, mais il faut partir. Et c'est malheureusement un terrible constat, y compris de la politique d'Emmanuel Macron au Mali."

20h04 : C'est l'heure du point sur l'actualité.

• Le journaliste Jean-Jacques Bourdin est visé par une deuxième plainte, pour "agression sexuelle", "harcèlement" et "exhibition". Les faits remontent à l'année 1988.

• Yannick Jadot, le candidat écologiste, répondra aux questions de Nathalie Saint-Cricq et Laurent Guimier lors de la grande émission politique de France 2 pour l'élection présidentielle. Suivez notre direct.

• Lors d'une conférence de presse, Emmanuel Macron a annoncé la fin de l'opération antijihadiste Barkhane au Mali. Il a récusé "complètement" l'idée d'un échec, mais pour autant, l'opération Barkhane s'est heurtée à de nombreuses limites, de l'avis même de certains militaires français. Franceinfo vous explique pourquoi.

• Fabien Roussel et Jean Lassalle ont obtenu les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, annonce aujourd'hui le Conseil constitutionnel. Voici, en infographie, la course aux signatures des candidats.

19h14 : "J'aurais sans doute fait un retrait plus précoce, au moins dès le coup d'Etat de 2020. Je serais parti plus tôt, dès lors qu'il y avait une rupture, dès lors qu'il n'y avait plus d'institutions ni de dialogue politique."


L'ancien président François Hollande a défendu, dans un entretien avec l'AFP, sa décision d'envoyer en 2013 des troupes françaises au Mali pour combattre les jihadistes mais aurait décidé d'un "retrait plus précoce", dès le coup d'Etat de 2020. Sans cette intervention en 2013, "Bamako aurait été conquise par les jihadistes et l'ensemble des pays de la région auraient été déstabilisés", a rappelé l'ancien président.

19h01 : Lors d'une conférence de presse, Emmanuel Macron a annoncé la fin de l'opération antijihadiste Barkhane au Mali. Il a récusé "complètement" l'idée d'un échec, mais pour autant, l'opération Barkhane s'est heurtée à de nombreuses limites, de l'avis même de certains militaires français. Franceinfo vous explique pourquoi.

17h51 : "J'ai envoyé une mission au Mali afin de vérifier avec les autorités maliennes sous quelles conditions et sous quelles garanties nous pourrions envisager la possibilité de garder ou de ne pas garder notre travail de mission de formation. La réponse viendra dans les prochains jours."


L'Union européenne va vérifier si les conditions et les garanties sont remplies pour le maintien de ses missions de formation au Mali, après le retrait militaire de la France et de ses partenaires européens de ce pays, a annoncé cet après-midi le chef de la diplomatie européenne.

15h52 : La décision de retirer les troupes françaises du Mali a suscité de nombreuses réactions des responsables politiques, et en premier lieu des candidats à la succession d'Emmanuel Macron. "Désastre" pour Jean-Luc Mélenchon, erreur pour Valérie Pécresse... Voici les réactions.

15h20 : La commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat "approuve la décision de bon sens" du retrait militaire du Mali. C'était "devenu inévitable dès lors que la junte malienne avait tourné le dos à la transition démocratique, multiplié les gestes hostiles envers la France, fait obstruction aux opérations militaires de notre armée et de nos alliés européens et invité le groupe Wagner à se déployer sur son territoire", affirme la commission dans un communiqué.

14h21 : Au tournant des années 2012 et 2013, le président François Hollande a sollicité un accord de l'ONU pour organiser une intervention militaire au Mali. Objectif : libérer le pays de l'emprise des jihadistes. Neuf ans plus tard, la France et ses partenaires ont officialisé leur retrait militaire de ce pays. Pour tout comprendre aux dernières annonces, franceinfo revient sur les dates-clés de ces neuf ans d'engagement.

14h43 : 14 heures, voici l'habituel point sur l'actu :

• La France et ses partenaires occidentaux ont officialisé leur retrait militaire du Mali, au terme de neuf ans de lutte antijihadiste. Des forces militaires, dont près de 3 000 Français, resteront toutefois engagées auprès des pays sahéliens et du golfe de Guinée. Voici le replay du discours d'Emmanuel Macron.

• C'est la peine maximale encourue. L'avocat général Jacques Dallest a requis ce matin la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, contre Nordahl Lelandais. Les plaidoiries de la défense ont lieu cet après-midi.

• Au Brésil, au moins 104 personnes sont mortes dans les inondations et glissements de terrain à Petropolis, près de Rio de Janeiro, a annoncé la Défense civile, deux jours après ces précipitations torrentielles.

• Le Kremlin a annoncé que le retour dans leurs casernes des troupes engagées dans des manœuvres aux abords de l'Ukraine prendrait du temps. En attendant, l'Occident accuse Moscou d'y maintenir, voire d'y renforcer sa présence militaire.

12h27 : Un coup d'œil à la pendule, il est déjà midi. Voici l'essentiel de l'actu en quatre points :

• La France et ses partenaires occidentaux ont officialisé leur retrait militaire du Mali, au terme de neuf ans de lutte antijihadiste menée par Paris. Des forces militaires, dont près de 3 000 Français, resteront toutefois engagées auprès des pays sahéliens et du golfe de Guinée.

• A la veille du verdict, la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans a été requise à l'encontre de Nordahl Lelandais, accusé notamment de l'enlèvement et du meurtre de Maëlys de Araujo en 2017. Les plaidoiries de la défense auront lieu cet après-midi.


• La Russie a-t-elle retiré des troupes à la frontière ? "Nous savons maintenant que c'est faux", a avancé un haut responsable de la Maison Blanche, accusant Moscou d'avoir "augmenté sa présence" militaire "ces derniers jours", y compris hier.

• Le groupe Bolloré fête ses 200 ans. Avant de prendre sa retraite, son PDG, Vincent Bolloré, envisage un dernier grand coup : le rachat du groupe Hachette Livre. Notre journaliste Laurence Houot vous raconte pourquoi ce projet sème la panique dans le monde de l'édition.

11h50 : "Quand on ne gagne pas des guerres, cela veut dire qu'on les perd. Nous avons perdu la guerre contre le terrorisme au Mali."


Tout en reconnaissant des "succès tactiques" français face aux jihadistes, ce journaliste de L'Opinion souligne que "la menace se déporte maintenant beaucoup plus au Sud ou à l'Est, vers les grandes capitales de l'Afrique", comme Abidjan (capitale économique de la Côte d'Ivoire) ou Dakar (Sénégal). Voici un extrait de son intervention sur France Inter.

11h39 : Selon l'état-major des armées françaises, après le départ du Mali, "de 2 500 à 3 000" soldats français resteront déployés au Sahel. Actuellement, 4 600 militaires français sont déployés dans la bande saharo-sahélienne, dont 2 400 au Mali.

11h32 : Vous n'avez pas suivi les annonces d'Emmanuel Macron tout à l'heure ? Session de rattrapage dans cet article, qui revient sur la fermeture des bases au Mali, le redéploiement de forces européennes vers le Niger et la réorientation plus générale de l'action française vers les pays côtiers.




(PHILIPPE DESMAZES / AFP)

11h07 : Quel regard les habitants du Sahel portent-ils sur l'action militaire française dans la région ? En reportage au Burkina Faso, nos envoyés spéciaux Claude Guibal et Gilles Gallinaro ont pu mesurer la défiance de la population. Une colère qui s'exprime aussi sur les réseaux sociaux : "Comment une des armées les plus puissantes du monde est-elle incapable de venir à bout de colonnes de jihadistes à moto ?"



(GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

10h21 : Ce départ du Mali signe-t-il la fin de l'opération française Barkhane ? Sans répondre clairement à la question, Emmanuel Macron rappelle qu'un basculement était déjà en cours au profit de la force européenne Takuba, pour "européaniser notre présence" et apporter davantage de "soutien" aux armées nationales.




10h15 : Interrogé sur le calendrier de retrait des forces françaises, Emmanuel Macron estime que la fermeture des bases au Mali "va prendre quatre à six mois". Pour rappel, ce matin, l'Elysée mentionnait "juin 2022" comme échéance pour la définition du nouveau dispositif au Sahel.

10h01 : "Il y aura moins d'opérations de lutte contre le terrorisme" au Mali, reconnaît le président français. Il accuse la junte malienne d'avoir "décidé de beaucoup moins travailler sur ce sujet" et d'avoir "embauché des mercenaires qui viennent essentiellement sécuriser leurs intérêts économiques et la junte elle-même".



(FRANCEINFO)

09h59 : Le chef de l'Etat rend hommage aux 53 soldats français morts au Sahel depuis 2013 "pour la liberté". Il salue aussi la mémoire des "six Français qui ont perdu la vie au Niger en août 2020, fauchés avec leurs accompagnateurs nigériens, alors qu'ils étaient venus s'engager avec l'organisation Acted".

09h52 : Emmanuel Macron "récuse complètement" la notion d'échec de la France, au crépuscule de son engagement militaire au Mali. "Si la France n'avait pas fait le choix d'intervenir, vous auriez eu à coup sûr un effondrement de l'Etat malien", voire "une partition avec un califat territorial", avance-t-il.

09h52 : "La France et ses partenaires ont infligé à Al-Qaïda et Daech des défaites qui ont changé la nature et la capacité de projection de ces deux organisations."

A l'heure du bilan de l'action française au Mali, Emmanuel Macron évoque "des résultats considérables" depuis 2013.

09h44 : A quoi ressemblera le "retrait coordonné" du Mali annoncé par l'Elysée ? Les bases de Gossi, de Ménaka et de Gao vont fermer, précise Emmanuel Macron. D'ici là, "nous maintiendrons nos missions de soutien au profit de la Minusma", la Mission des Nations unies au Mali, promet-il.

09h41 : Des militaires européens de la force Takuba seront "repositionnés" au Niger dans une zone à la frontière avec le Mali, annonce Emmanuel Macron.

09h39 : "Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d'autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés. C'est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui au Mali."


Jugeant que "la lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier", le chef de l'Etat accuse les autorités maliennes d'utiliser ce prétexte pour une "conservation indéfinie du pouvoir".



(FRANCEINFO)

09h32 : Le départ des forces Barkhane et Takuba du Mali permettra, selon le chef de l'Etat, de se "recentrer, sur demande de nos partenaires, là où notre contribution est attendue". Le nouveau dispositif dans chaque pays de la région sera défini "dans les semaines et mois qui viennent".

09h30 : En accord avec ses partenaires, la France entend aussi "mettre davantage les populations civiles au cœur de notre stratégie de lutte contre les groupes terroristes". Emmanuel Macron réclame un "sursaut civil" pour faire "rempart" aux organisations jihadistes, condition selon lui d'une action militaire "efficace".

09h24 : "Les Etats du golfe de Guinée sont de plus en plus exposés à des tentatives d'implantation des groupes terroristes sur leur territoire."

Le chef de l'Etat dit vouloir "impliquer et appuyer davantage les pays voisins" du Mali, de plus en plus menacés par Al-Qaïda et Daech, qui en font "une priorité de leur stratégie d'expansion". Il rappelle qu'une attaque a eu lieu récemment dans le nord du Bénin, causant notamment la mort d'un Français travaillant pour un parc naturel.

09h20 : Emmanuel Macron salue la "décision courageuse du président François Hollande d'intervenir au Mali", en 2013, "à la demande des autorités maliennes et régionales". Il rappelle le "rôle fédérateur" joué par la France, depuis, dans l'action militaire dans la région.

09h17 : Au lendemain d'une réunion avec ses partenaires occidentaux et africains impliqués au Sahel, Emmanuel Macron s'exprime en conférence de presse au sujet du retrait des forces Barkhane et Takuba du Mali. Vous pouvez suivre son intervention par ici.


09h10 : Place à un nouveau point sur l'actualité :

• La France et ses partenaires occidentaux ont annoncé un "retrait coordonné du territoire malien" des forces Barkhane et Takuba. Emmanuel Macron doit commenter ce départ dans les minutes qui viennent, dans une conférence de presse à suivre dans notre direct.

• La Russie a-t-elle retiré des troupes à la frontière ? "Nous savons maintenant que c'est faux", a avancé un haut responsable de la Maison Blanche, accusant Moscou d'avoir "augmenté sa présence" militaire "ces derniers jours", y compris hier.

• Il a fini par sauter le pas. L'eurodéputé Nicolas Bay, fraîchement suspendu par le Rassemblement national, a annoncé son ralliement à Eric Zemmour. Il reproche à Marine Le Pen de "multiples revirements et reculades" et son "refus de toute forme de débat interne".

• A la veille du verdict dans le procès de Nordahl Lelandais, place aujourd'hui au réquisitoire et aux plaidoiries de la défense. L'ancien maître-chien de 38 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys De Araujo en 2017.

09h05 : A quoi ressemblera l'engagement français au Sahel après le départ des troupes du Mali ? Selon l'Elysée, les pays occidentaux impliqués dans la région ont entamé "des consultations politiques et militaires" avec leurs partenaires africains pour "arrêter les paramètres de cette action commune d’ici juin 2022".

09h01 : Lors d'une réunion entre dirigeants africains et européens, les membres des opérations Barkhane et Takuba ont "exprimé leur volonté de rester engagés dans la région", malgré leur retrait du Mali. Ils "sont convenus de poursuivre leur action conjointe contre le terrorisme (...) notamment au Niger et dans le Golfe de Guinée".

08h57 : A quelques minutes d'une conférence de presse d'Emmanuel Macron sur le sujet, la France confirme son départ du Mali. "Le Canada et les Etats européens opérant aux côtés de l’opération Barkhane et au sein de la task force Takuba estiment que les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire actuel dans la lutte contre le terrorisme au Mali."

08h55 : L'Elysée annonce un "retrait coordonné" des forces françaises, européennes et canadiennes déployées au Mali.

06h09 : Sous vos acclamations, voici les premiers titres de ce jeudi 17 février :

• La France et ses partenaires européens vont-ils retirer leurs troupes du Mali ? Emmanuel Macron doit annoncer, à 9 heures, en conférence de presse, des décisions sur l'avenir de la mission Barkhane, actées hier soir lors d'un sommet de dirigeants européens et africains.

• La Russie a-t-elle retiré des troupes à la frontière ? "Nous savons maintenant que c'est faux", a avancé un haut responsable de la Maison Blanche, accusant Moscou d'avoir, au contraire, "augmenté sa présence" militaire "ces derniers jours", y compris hier.

• Il a fini par sauter le pas. L'eurodéputé Nicolas Bay, fraîchement suspendu par le Rassemblement national, a annoncé son ralliement à Eric Zemmour. Il reproche à Marine Le Pen de "multiples revirements et reculades" et son "refus de toute forme de débat interne".

• A la veille du verdict dans le procès de Nordahl Lelandais, place aujourd'hui au réquisitoire et aux plaidoiries de la défense. L'ancien maître-chien de 38 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys De Araujo en 2017.