Ethiopie : Washington somme les Américains à quitter "immédiatement" le pays

Les groupes rebelles n'excluent plus de marcher sur Addis Abeba, la capitale. 

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France Télévisions
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Des jeunes marchent à côté d'un char abandonné appartenant aux forces tigréennes au sud de la ville de Mehoni, en Éthiopie, le 11 décembre 2020. (EDUARDO SOTERAS / AFP)

Les Etats-Unis ont de nouveau exhorté, lundi 15 novembre, les Américains à quitter "immédiatement" l'Ethiopie en guerre par leurs propres moyens, en ajoutant cet avertissement : il n'y aura pas d'opération d'évacuation militaire comme ce fut le cas pour l'Afghanistan. L'ambassade américaine incite depuis plusieurs jours ses concitoyens à prendre des vols commerciaux pour partir du pays, où des groupes rebelles n'excluent plus de marcher sur Addis Abeba, la capitale. Elle propose des prêts à ceux qui seraient dans l'incapacité d'acheter un billet dans l'immédiat. "Nous faisons cela non pas par pessimisme sur les perspectives de paix, mais par sens pratique", a expliqué le porte-parole du département d'Etat, Ned Price, en lançant un nouvel appel. Il a dit redouter un "malentendu" de la part de l'opinion qui pourrait "penser que ce qui a eu lieu en Afghanistan peut être reproduit par le gouvernement américain partout ailleurs dans le monde".

Chronique d'une guerre annoncée

La guerre a débuté en novembre 2020 quand Abiy Ahmed a envoyé l'armée destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui contestaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Les forces éthiopiennes ont reçu l'appui de troupes de l'Erythrée voisine. Abiy Ahmed a déclaré la victoire le 28 novembre, mais les combattants du TPLF ont repris en juin l'essentiel du Tigré, puis avancé dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Alliés à un groupe armé de l'ethnie oromo (l'OLA), ils ont revendiqué depuis fin octobre des gains territoriaux stratégiques dans ces deux régions, sans exclure de marcher sur la capitale Addis Abeba.

Menace pour toute l'Afrique de l'Est

Avec des milliers de morts, deux millions de déplacés et les craintes d'une marche rebelle sur Addis Abeba, la guerre en Ethiopie fait planer la menace d'une déstabilisation à grande échelle, avec des répercussions potentielles sur toute l'Afrique de l'Est. La situation inquiète les pays voisins de l'Ethiopie et la communauté internationale, qui s'emploient tous à mettre fin au conflit opposant depuis un an les forces gouvernementales aux rebelles de la région septentrionale du Tigré. Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a averti que l'échec à organiser des discussions "conduirait à l'implosion de l'Ethiopie et se répercuterait sur d'autres pays de la région". Antony Blinken est attendu ce 16 novembre au Kenya, l'un des nombreux voisins de l'Ethiopie, inquiet d'un afflux de réfugiés causé par la guerre. Des dizaines de milliers de personnes ont déjà fui vers l'ouest, au Soudan, mettant à rude épreuve les relations entre les deux nations, déjà envenimées notamment par le projet éthiopien de Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil. 

L'Union africaine (UA), dont le siège se trouve à Addis Abeba, a redoublé d'efforts pour mettre fin aux combats, par l'intermédiaire de son émissaire pour la Corne de l'Afrique, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Sans grand résultat, pour l'instant. 

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