Algérie : 6 ans de prison ferme pour Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture

Khalida Toumi Messaoudi, une des figures du mouvement féministe en Algérie dans les années 1990, s'est toujours défendue de toute malversation et n'hésite pas à parler de procès politique. 

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
L'ancienne ministre algérienne de la Culture, Khalida Toumi, au 3e Festival international de la bande dessinée sur l'esplanade du Ryad El Feth à Alger, le 13 octobre 2010.  (FAYEZ NURELDINE / AFP)

Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed à Alger a condamné le 7 avril à six ans de prison ferme pour corruption l'ancienne ministre de la Culture de l'ère Bouteflika et figure féministe Khalida Toumi, selon l'agence de presse officielle APS.  KhalidaToumi, en détention depuis novembre 2020, comparaissait en première instance sous les accusations de "dilapidation de deniers publics", d'"abus de fonction" et "octroi de privilèges indus" lorsqu'elle était à la tête du ministère de la Culture. Khalida Toumi, 64 ans, a été ministre de 2002 à 2014 sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika (1999-2019), chassé du pouvoir par les manifestations du Hirak il y a trois ans et décédé en septembre 2021. 

Corruption

Les faits de corruption sont liés, selon l'accusation, à l'organisation de manifestations culturelles comme Tlemcen capitale de la culture islamique en 2011, le festival panafricain en 2009 et l'événement Alger capitale de la culture arabe en 2007. Lors du procès, le parquet avait requis 10 ans de prison ferme contre Mme Toumi. Ses co-accusés ont écopé de peines allant de deux à quatre ans de prison ferme. Elle s'est toujours défendue de toute malversation et se dit victime d'un procès politique. 

Figure du féminisme

Khalida Toumi Messaoudi a été l'une des figures du mouvement féministe en Algérie dans les années 1990 en tant que présidente de l'Association indépendante pour le triomphe des droits des femmes. Elle est l'autrice du livre Une Algérienne debout. Après la chute de Bouteflika le 2 avril 2019 sous la pression du mouvement de protestation du Hirak et de l'armée, la justice a lancé une série d'enquêtes sur des affaires impliquant des membres de son entourage, dont deux anciens Premiers ministres et de nombreux ministres. 

L'Algérie se place à la 104e place sur 180 pays du classement mondial de l'indice de perception de la corruption publié en janvier 2021 par l'ONG Transparency International.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Algérie

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.