Attentat déjoué à Paris : les catholiques ne veulent pas se laisser gagner par la peur

Le projet d'attentat qui visait des églises de Villejuif inquiète la communauté catholique, qui refuse toutefois de céder à la panique.

L\'archevêque de Paris, André Vingt-Trois, lors d\'une conférence de presse avec le ministre de l\'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Paris, le 23 avril 2015.
L'archevêque de Paris, André Vingt-Trois, lors d'une conférence de presse avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Paris, le 23 avril 2015. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Des projets d'attentats contre deux églises de Villejuif (Val-de-Marne) ont été déjoués par la police, a annoncé Bernard Cazeneuve, mercredi 22 avril. "Les chrétiens, les catholiques de France" étaient les premiers visés par ce projet d'attaque, selon le Premier ministre, Manuel Valls. Alors que le suspect, Sid Ahmed Ghlam, est toujours en garde à vue jeudi, la communauté catholique se dit inquiète. Fidèles et responsables du clergé refusent toutefois de céder à la panique.

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"Nous ne sommes pas sur Terre pour être les ennemis les uns des autres", selon André Vingt-Trois

Pour l'archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, ces révélations ne doivent pas attiser les tensions entre les communautés. "Nous ne voulons pas nous incliner devant une conception du monde qui ferait de nous des ennemis les uns des autres, déclare le cardinal, cité par RTL, lors d'une conférence de presse tenue avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, jeudi 23 avril. Nous essayons, dans notre comportement et dans notre mise en place d'une certaine vigilance, de garder notre liberté de vivre et de manifester ce que nous croyons."

Il faut "faire confiance au gouvernement", affirme l'évêque de Créteil

"Je ne m'attendais pas à (...) ce qu'on puisse s'attaquer à des catholiques", a avoué Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, à France 3, mercredi 22 avril. Il appelle ses fidèles à faire confiance au gouvernement, précisant toutefois qu'il n'est pas possible d'avoir des hommes en armes devant chacune des 46 000 églises de l'Hexagone. "On cherche à diviser les différentes communautés croyantes, à nous opposer, souligne l'évêque de Créteil. Mais il ne faut pas céder à la peur."

La Conférence des évêques appelle à garder les églises ouvertes

"Il n'y a pas lieu d'instaurer un climat de peur et de crainte aujourd'hui, estime Monseigneur Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des évêques de France, lors d'un entretien avec RTL, mercredi 22 avril. Il faut garder une vigilance, mais garder ce climat d'accueil et de bienveillance vis-à-vis de ceux qui entrent dans les églises."

L'évêque n'est toutefois pas surpris par le projet d'attentat contre les catholiques, ajoutant que, "partout dans le monde, des chrétiens sont pris pour cible". "Les églises doivent rester ouvertes, insiste Mgr Ribadeau-Dumas. Chacun doit pouvoir prier dans une église. Si nous devons être suspicieux envers celui qui entre, cela me semble contraire au message de l'Evangile."

Les catholiques veulent "assumer leurs croyances"

A Toulouse aussi, la communauté catholique s'est dit choquée par le projet d'attentat. "Quand on sait qu'on va à la messe et qu'on est susceptible [d'être la cible] d'un attentat, on ne vient pas la peur au ventre, mais on est un peu inquiet de savoir 'à qui le tour?'", réagit un fidèle au micro de France 2, mercredi 22 avril. "Il faut assumer ses croyances et se dire que, si un tel risque existe, il faut faire avec", explique un autre Toulousain.