Attaques dans l'Aude : des journalistes agressés dans la cité de Carcassonne où vivait Radouane Lakdim

Des jeunes hommes de la cité Ozanam s'en sont pris violemment à plusieurs journalistes en tentant de les intimider pour les faire fuir, samedi. 

La police sécurise la cité Ozanam, à Carcassonne, au cours d\'une perquisition, le 23 mars 2018.
La police sécurise la cité Ozanam, à Carcassonne, au cours d'une perquisition, le 23 mars 2018. (ERIC CABANIS / AFP)

Plusieurs équipes de journalistes se sont rendues samedi 24 mars au matin dans la cité Ozanam, à Carcassonne, où vivait Radouane Lakdim, le terroriste qui a perpétré les attaques dans l'Aude la veille, faisant quatre morts et quinze blessés.  

Sur place, la situation était très tendue. Dans un reportage diffusé samedi midi, on voit deux journalistes de France 3 Occitanie se faire agresser par des jeunes du quartier, dont l'un lui lance : "Casse-toi, casse-toi je vais t'éclater"

Yann Bouchez, journaliste au Monde, fait part sur Twitter des menaces qu'il a subies de la part de "deux jeunes en voiture". L'un d'eux lui aurait lancé : "T’es journaliste ? Barre-toi d’ici ou je te casse les jambes." 

Alors qu'ils discutaient avec des habitants du quartier, les journalistes de France 3, BFMTV et d'une télévision suisse-italienne ont également été violemment pris à partie par deux jeunes hommes, d'après un témoignage similaire de Marc Dana, journaliste à France 3. "Ils ont commencé à nous bousculer et à prendre nos pieds de caméras en les lançant sur nous", explique-t-il à franceinfo. Quelques minutes après, ils sont revenus à la charge en s'en prenant plus particulièrement à l'équipe de la télévision suisse-Italienne, qu'ils ont frappée. Marc Dana parle à franceinfo d'une "très vive altercation"

"Ils voulaient nous faire fuir"

Les journalistes ont alors tenté de quitter les lieux au plus vite, d'autant que les deux jeunes se sont mis à les poursuivre à bord d'un véhicule, tout autour de la cité. "Ils voulaient nous faire fuir", constate Marc Dana. Il n'y aurait aucun blessé d'après lui, même s'il a constaté que l'un des journalistes italo-suisses semblait souffrir des jambes après avoir été frappé. "C'était vraiment très tendu", raconte-t-il à franceinfo.

Interrogée par France 3 Occitanie, une retraitée habitant dans ce petit quartier sensible témoigne : "C'est une minorité qui pourrit le quartier, ils ont pris le pouvoir. Avant, il y faisait bon vivre, mais maintenant c'est craignos."