Procès des attentats du 13-Novembre : victimes et avocats de la défense dans l'attente du verdict

Le verdict du procès des attentats du 13 novembre 2015 est attendu mercredi pour les 20 accusés dont 14 sont présents. Une longue attente pour les victimes comme pour les avocats de la défense.

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Radio France
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Une audience au Palais de Justice de Paris, en septembre 2021. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

La fin du procès le plus long de l'histoire judiciaire française. Après dix longs mois soit 149 jours d'audience, la cour d'assise spéciale de Paris doit rendre son délibéré dans le procès des attentats du 13 novembre 2015, mercredi 29 juin à partir de 17 heures, après s'être réunie pendant deux jours et demi dans un endroit tenu secret, coupé du monde.

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Bruno Poncet ne songe pas jour et nuit au verdict, comme de nombreuses victimes. C'est plutôt serein que ce rescapé du Bataclan se rendra au délibéré, avec quand même en tête une certaine idée de la justice. "Je n'espère qu'une seule chose, c'est que, pour que la justice soit à la hauteur comme elle l'est depuis le début, les peines seront à la mesure de ce que les gens ont fait et pas de l'événement lui-même", confie-t-il.

"Aujourd'hui, c'est ça qu'on peut reconnaître à Salah Abdeslam : directement, il n'a tué personne. Il a malheureusement participé à ça mais il n'a tué personne, donc les assassins ne sont pas dans le box, ça on le sait tous."

Bruno Poncet, rescapé du Bataclan

à franceinfo

Les assassins du 13-Novembre, "moi j'en ai vu trois, ils ne sont pas là", regrette Bruno Poncet. Si les peines sont à la hauteur de ce que les gens ont fait, ce rescapé du Bataclan estime qu'"au moins, je pense qu'on arrivera à tous en sortir grandi."

L'appréhension de la défense

Les avocats de la défense sont eux plus fébriles. Maître Stanislas Eskenazi défend Mohamed Abrini, l'ami d'enfance de Salah Abdeslam. Il a reconnu à l'audience qu'il devait prendre part aux attaques du 13-Novembre avant de renoncer. L'avocat sait que son client ne sera pas épargné. "J'appréhende quand même, reconnaît Me Eskenazi. J'espère avoir été entendu par la cour. J'aurai mal au ventre si je n'avais pas fait le travail. Moi, je suis quelqu'un de pessimiste par essence, donc je m'attends au pire et j'ai fait le travail."

"J'angoissais beaucoup de ne pas être compris. Mais j'ai eu cette impression, vu le nombre de personnes qui sont venues me parler, que j'ai été compris. C'était ma pire angoisse."

Me Stanislas Eskenazi, avocat de Mohamed Abrini

à franceinfo

Une attente fébrile et la fin d'une aventure pour maître Xavier Nogueras qui défend un autre accusé du box, Mohammed Amri, jugé pour avoir ramené Salah Abdeslam de Paris vers Bruxelles la nuit des attaques. "On va avoir véritablement le sentiment que c'est fini, que notre travail est terminé, explique l'avocat. Quand on a commencé ce procès, on était au carrefour de plein de sensations différentes. On parlait de quelque chose de vertigineux, de stress, d'anxiété et en même temps, il fallait rester digne face aux victimes et à leurs souffrances." En finissant ce procès, ce sont d'autres sentiments : "Le sentiment du travail accompli, la peur de ce qui va se passer en terme de résultat, de délibéré. Et puis surtout, la peur de quitter toutes ces personnes avec qui on a vécu pendant neuf mois et il y a des liens forts qui se sont créés. C'est quelque chose de tout à fait particulier et singulier."

Le verdict sera rendu mercredi en fin d'après midi. La lecture de l'arrêt devrait prendre plusieurs heures.

Procès des attentats du 13-Novembre : l'attente du délibéré pour les avocats et les parties civiles - Reportage Gaële Joly
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