Procès des attentats du 13-Novembre : après neuf mois de procès, le réquisitoire débute

Après six années d'instruction et neuf mois de procès, les trois magistrats du parquet national antiterroriste vont à partir de mercredi requérir contre Salah Abdeslam et ses treize coaccusés.  

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Radio France
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Le Palais de Justice de Paris, où se tient le procès des attentats du 13-Novembre. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS)

Un trio de magistrats, deux hommes et une femme, vont à partir du mercredi 8 juin 2022, et jusqu'à vendredi, requérir contre Salah Abdeslam et ses treize coaccusés dans le procès des attentats du 13-Novembre. Ces trois avocats généraux ont travaillé sur le dossier des milliers d'heures depuis sept ans. Deux d'entre eux étaient déjà spécialistes du terrorisme au moment des faits, et s’étaient donc rendus sur les lieux des attaques.

Comment vont se dérouler les réquisitions ?

Les trois magistrats vont se lever l'un après l'autre, porter la voix de l'accusation dans cette grande salle pour ce procès hors norme. Pendant 15 heures, ils s'adresseront à la Cour. Ils vont démontrer par des arguments de droit ce que sont, selon eux, les responsabilités des différents accusés, dans la nuit de terreur qui coûté la vie à 130 personnes. S’ils sont six, dont Salah Abdeslam, à encourir la perpétuité, d'autres risquent vingt ans de prison. Un des accusés, qui comparaît libre, encourt six ans de réclusion.

Le fond du dossier ayant assez peu évolué au cours des 130 journées d’audience, il ne devrait pas y avoir de surprise dans les peines demandées. Quasi tous les accusés doivent répondre d’association de malfaiteurs terroriste. Les avocats généraux doivent démontrer que ce qu’ils ont fait relève de cette infraction.

Une incrimination souvent contestée

En revanche, cette incrimination est sujette à interprétation: le fait d’avoir laissé son empreinte sur une arme, par exemple, suffit-il à justifier une incrimination terroriste ? Le fait d’avoir produit de faux papiers sans savoir qu’ils étaient destinés à des terroristes ? L’enjeu, pour beaucoup d’accusés, est de faire tomber le "t" de l’AMT (association de malfaiteurs terroriste). Comme ont réussi à le faire certains accusés au procès des attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher.

>> Attentats du 13-Novembre : pour les victimes, la fin du procès suscite à la fois angoisse et soulagement

D'autant plus que l'attitude de Salah Abdeslam a changé depuis le début du procès. Celui qui s’était présenté fièrement le premier jour comme un combattant de l'autoproclamé État Islamique, a fini son dernier interrogatoire en larmes, présentant des excuses aux victimes.

Cette évolution ne devrait pas influer sur les trois magistrats du parquet national antiterroriste, restés visiblement sceptiques face au récit de l'accusé. Notamment sur le fait qu'Abdeslam ait pu être recruté seulement 48 heures avant les attaques dont il ignorait, promet-il, l'organisation exacte. On imagine donc difficilement comment les réquisitions pourraient être clémentes à l’égard du seul membre des commandos encore en vie.

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