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Quatre jours après les attentats, où en est l'enquête ?

Salah Abdeslam, l'un des six terroristes identifiés, est toujours recherché. Pas moins de 128 perquisitions ont été menées. 

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La Clio louée par Salah Abdeslam, l'instigateur présumé des attaques de Paris, retrouvée place Albert-Kahn dans le 18e arrondissement de la capitale française, le 17 novembre 2015.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Jour après jour, l'enquête progresse après les attentats qui ont fait 129 morts à Paris et au Stade de France, vendredi 13 novembre. L'un des six terroristes identifiés, Salah Abdeslam, est toujours activement recherché. Francetv info fait le point sur les derniers développements. 

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Six terroristes identifiés pour l'instant

Les empreintes relevées par les enquêteurs sur les différents lieux des attentats permettent d'identifier cinq des kamikazes qui ont participé aux attaques. Au Stade de France, ils étaient trois. Parmi eux, Bilal Hadfi, 20 ans. Ce Français résidant en Belgique se serait radicalisé ces derniers mois. Il a voulu pénétrer dans le stade avant de se faire exploser. Un certain Ahmad Al-Mohammad fait lui aussi partie du commando. Il est rentré en Europe par la Grèce avec un passeport syrien. Si son empreinte correspond bien à celle qui figure sur le document, le nom serait celui d'un soldat syrien de Bachar Al-Assad tué il y a plusieurs mois.

Parmi les kamikazes du Bataclan figurent deux Français : Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, originaire de Courcouronnes et identifié grâce à un morceau de doigt, et Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancy. Dernier terroriste identifié à ce jour, le kamikaze du boulevard Voltaire, Brahim Abdeslam, un Français de 31 ans, patron de bar à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. C'est le frère aîné de l'homme le plus recherché d'Europe, Salah Abdeslam, toujours en fuite.

Une voiture louée par Salah Abdeslam retrouvée à Paris

On en sait de plus en plus sur le parcours de cet homme suspecté d'être l'un des principaux instigateurs des attentats. La police fédérale belge a diffusé une nouvelle photographie de ce Français de 26 ans et activement recherché.

Une Clio noire, immatriculée en Belgique et louée par Salah Abdeslam, a été retrouvée dans le 18e arrondissement de Paris. Le véhicule était garé, en partie, sur un passage piéton dans un virage, place Albert-Kahn. Cet arrondissement avait été mentionné dans le communiqué de revendication de l'Etat islamique, même si aucune attaque n'y a été menée. Selon une source policière, "cette voiture a été aperçue sur l'autoroute A1, dans le cadre de ce qui pourrait être des liaisons préparatoires entre Paris et la Belgique".

D'après le ministère de l'Intérieur autrichien, cité par la radio ORF, Salah Abdeslam avait en outre été contrôlé début septembre en Autriche, en provenance d'Allemagne, au plus fort de la crise migratoire. "Il a dit qu'il se rendait en vacances à Vienne, mais nous n'avons aucun autre détail", a indiqué le ministère de l'Intérieur.

On sait aussi que Salah Abdeslam avait réservé, deux jours avant les attaques, deux chambres d'hôtel à Alfortville (Val-de-Marne). Une vidéo du Point, censée montrer l'intérieur des deux pièces, a par ailleurs été diffusée. Mais, selon les informations de France 2, l'hebdomadaire s'est trompé de chambres. Celles réservées par le suspect étaient vides.

Le soir des attaques, vendredi, Salah Abdeslam a pu quitter Paris grâce à deux complices, Hamza Attou et Mohamed Amri, venus le chercher depuis Bruxelles. Des témoins affirment à L'Obs qu'il les a appelés vendredi soir. "Est-ce que tu sais me dépanner, venir me chercher à Paris ? Je te paie les péages et l'essence", a-t-il demandé aux deux hommes venus le chercher à bord d'une Golf. Selon des médias belges, le lieu de rendez-vous était à Barbès vers 5 heures. Interpellés ce week-end dans le quartier de Molenbeek, ces derniers nient avoir fait partie du dispositif des attaques de Paris et affirment que l'exfiltration n'était pas préméditée.

La voix d'un jihadiste français identifiée dans la vidéo de revendication de l'Etat islamique

La voix de Fabien Clain, un jihadiste français, a été identifiée dans la vidéo de revendication de l'Etat islamique concernant les attentats de Paris, indiquent des sources proches de l'enquête à l'AFP, confirmant les informations du Monde et de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel (en allemand).

En août, Libération avait consacré un article à Fabien Clain. Ce Toulousain de 35 ans serait notamment l'un des initiateurs du projet d'attentat contre une église de Villejuif (Val-de-Marne). Il a aussi été lié à Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban.

Sept personnes arrêtées puis libérées en Allemagne

La police allemande a annoncé avoir arrêté sept personnes dans la région d'Aix-la-Chapelle, à proximité immédiate de la frontière belge. Elles vont être remises en liberté, selon des médias allemands, qui citent la police.

Le ministre fédéral de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a signalé que ces arrestations ne semblaient pas directement liées aux attentats de Paris, contrairement à ce qu'avait dit la police un peu plus tôt.

Des dizaines d'interpellations en France

Un grand nombre d'opérations policières ont eu lieu ces dernières heures. Près de 300 perquisitions administratives ont été effectuées dans toute la France depuis dimanche soir. Dans la nuit de lundi à mardi, les forces de l'ordre françaises ont procédé à "128 perquisitions" dans le cadre de l'état d'urgence, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, sur France Info. Dix personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, a également précisé à l'AFP l'entourage du ministre.

La vaste opération similaire menée partout en France dans la nuit de dimanche à lundi avait conduit à 168 perquisitions administratives et 23 interpellations, ainsi qu'à la saisie de 31 armes. "Et ça va continuer", a prévenu lundi le Premier ministre, Manuel Valls. Un certain nombre de personnes impliquées dans la préparation ou la commission des faits sont "désormais identifiées", assure Bernard Cazeneuve.

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