Attentats de Paris : Omar Ismaïl Mostefaï, un des kamikazes du Bataclan, identifié par un morceau de doigt

Il faisait l'objet d'une fiche S pour radicalisation depuis 2010 et aurait séjourné en Syrie en 2014. Il est l'un des terroristes qui a tué 89 personnes dans la salle de spectacle parisienne, avant de se faire exploser.

Une femme passe devant le Bataclan, le 17 novembre 2015 à Paris.
Une femme passe devant le Bataclan, le 17 novembre 2015 à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

C'est le premier membre du commando des attentats de Paris identifié. Dans un couloir du Bataclan, les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) ont trouvé un doigt. Il appartient à Omar Ismaïl Mostefaï, un petit délinquant de Courcouronnes (Essonne) né le 21 novembre 1985. Avant d'ouvrir le feu dans la salle de concert, puis de se faire exploser, il n'était connu que pour des "petits" délits : huit condamnations entre 2004 et 2010 tout de même, pour des conduites sans permis, des vols, des outrages, sans aucune incarcération.

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Les services français ont cependant un peu anticipé sa trajectoire. En 2010, il a fait l'objet d'une fameuse fiche S, pour radicalisation. Mais il n’a "jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", a précisé, samedi 14 novembre, le procureur de la République de Paris, François Molins.

Un probable passage en Syrie

Omar Ismaïl Mostefaï a même mené une vie tranquille à Chartres (Eure-et-Loir), de 2005 à 2012, sans se faire remarquer. "Il disait bonjour à tout le monde. Il allait matin et soir à la mosquée. Il attendait qu’on passe le prendre en voiture. Mais je pense qu’il travaillait à Paris", explique au Monde une de ses voisines. Abdallah Benali, le président de la mosquée de Lucé, non loin de là, ne se souvient pas de lui. Boulanger de profession, l'homme est décrit par ses anciens voisins, collègues et ami comme "doux, réservé, à la compagnie agréable", selon L'Echo républicain, qui publie une photo de Omar Ismaïl Mostefaï.

A partir de 2007, il fréquente un groupe de tablighs, "un courant de l'islam qui prône une pratique rigoureuse de la religion, mais qui refuse la violence", précise le quotidien régionale. Il rompt avec ce groupe, déserte les salles de prière et semble se radicaliser en 2010. Les autorités perdent sa trace  en 2012 entre l'agglomération de Chartres et la Turquie. 

Omar Ismaïl Mostefaï serait retourné dans cette ville en 2014. Mais avant cela, il a probablement fait un séjour en Syrie, et y serait retourné en 2015. Selon un responsable d'Ankara, les forces de l'ordre turques ont "informé la police française deux fois, en décembre 2014 et juin 2015" au sujet de cet homme, sans toutefois jamais avoir "de retour de la France sur cette question". Le Parisien évoque un signalement sur le territoire turc à l'automne 2013.

"Je le croyais au bled, en Algérie", réagit son frère

Sa famille, avec laquelle il a coupé les ponts, n'a pas apporté une grande aide à l'enquête. Samedi soir, l'un de ses cinq frères et sœurs s'est présenté spontanément à l'hôtel de police de Créteil (Val-de-Marne). Il croyait son frère "au bled, en Algérie, avec sa famille et sa petite fille".

"Ça fait un moment que je n'ai plus de nouvelles. Je n'ai pas son numéro au bled, moi..., se défend ce père de famille. C'est un truc de fou, c'est du délireMoi, hier, j'y étais sur Paris, et j'ai vu comment c'était la merde !"