"On n'a eu que des 'blabla' de la part des autorités" : un an après l'incendie de Lubrizol, les habitants réclament justice

Un millier de personnes, selon les organisateurs, 580 selon la police, ont manifesté samedi à Rouen, un an après l'incendie de l'usine Lubrizol. Les habitants réclament des réponses.

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Edité par Pauline Pennanec'h - Benjamin Mathieu
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des manifestants dans le cortège à Rouen, le 26 septembre 2020, un an après l'incendie de l'usine Lubrizol. (LOU BENOIST / AFP)

Ils sont partis de l'usine Lubrizol, située dans une zone industrielle à trois kilomètres du centre de Rouen, dont l'activité a repris il y a à peine quelques semaines. Le 26 septembre 2019, l'usine s'embrasait, et 10 000 tonnes de produits chimiques partaient en fumée. Dans le cortège, Ludovic barre le mot "transparence" sur une grande pancarte. Le Rouennais est déguisé en préfet et porte sur lui ces mots : "blabla". "Depuis un an, on n'a eu que des blabla de la part des autorités, lâche-t-il, et, entre autres, du préfet de qui on attendait qu'il frappe un grand coup de poing sur la table pour protéger sa population et qu'il s'en prenne aux pollueurs et non à la population qu'il a laissé à l'abandon."

Ludovic, manifestant dans le cortège à Rouen, le 26 septembre 2020, un an après l'incendie de l'usine Lubrizol. (LOU BENOIST / AFP)

"Nous n'oublions pas"

"Lubrizol coupable, État complice", pouvait-on lire sur la banderole de tête. Les manifestants, un millier de personnes selon les organisateurs, 580 selon la police, ont repris le slogan "Pollueur payeur, État menteur", considérant qu'ils sont enfumés depuis un an. Nathalie Le Meur, adhérente de l'association Rouen Respire, porte un masque noir sur lequel était écrit ce jeu de mots "Fumer tue". "La cigarette, quand on en fume beaucoup, on risque de déclencher des maladies, explique-t-elle, et donc les fumées peuvent également provoquer des maladies chroniques."

La seule chose que je sais, c'est qu'aujourd'hui, on ne sait pas.

Nathalie Le Meur, adhérente de l'association Rouen Respire

à franceinfo

La manifestation, à l'appel d'une cinquantaine d'organisations, en grande majorité citoyennes, ne fait pas le plein. Il y a tout de même quelques élus nationaux comme la députée La France insoumise Mathilde Panot. "Un an après Lubrizol, nous n'oublions pas, et nous demandons à vos côtés la justice et la vérité sur la pollution que subissent aujourd'hui les travailleurs", scande-t-elle à la tribune. Selon la députée européenne Marie Toussaint, la logique économique prime à Rouen : "L'Etat a fait du forcing pour rouvrir l'usine de Lubrizol sans véritable concertation des populations, alors qu'on ne sait même pas l'origine de l'incendie qui a eu lieu il y a un an."

Les Rouennais demandent donc de la transparence. D'autres manifestations à l'appel de "Notre maison brûle" avaient lieu samedi en France, devant plusieurs autres sites de type Seveso concernés par les dangers industriels.

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