Hommages à Steve Maia Caniço à Nantes : "J'ai les plus grandes craintes pour samedi après-midi"

"On va encore avoir un déferlement de haine contre la police, contre la gendarmerie nationale, bref contre tout ce qui incarne l'ordre républicain", estime le secrétaire général du syndicat Police Unité SGP-FO.

Une fresque en hommage à Steve, à Nantes.
Une fresque en hommage à Steve, à Nantes. (SARAH TUCHSCHERER / RADIO FRANCE)

"J'ai les plus grandes craintes pour cet après-midi", a assuré Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Police Unité SGP-FO samedi 3 août sur franceinfo, alors que deux rassemblements se déroulent samedi à Nantes, l'un en hommage à Steve Maia Caniço en fin de matinée, l'autre contre les violences policières l'après-midi.

>> DIRECT. Mort de Steve : plusieurs centaines de personnes à la marche blanche, la préfecture craint des tensions à Nantes

franceinfo : Craignez-vous des violences samedi à Nantes, comme le préfet de Loire-Atlantique ?

Yves Lefebvre : Je partage la crainte avec une certaine modération. Je reste convaincu que la marche en hommage à ce défunt jeune homme, cette marche organisée ce matin par ses proches, est une marche d'hommage. Elle doit avoir lieu. C'est là qu'il faut faire un distinguo avec ce qu'il risque de se passer cet après-midi. On va encore avoir un déferlement de haine contre la police, contre la gendarmerie nationale, bref contre tout ce qui incarne l'ordre républicain. Ceci est alimenté par quelques "gilets jaunes" radicalisés, par quelques groupes pseudo-politiques de gauche, de l'extrême gauche, je pense notamment encore une fois aux Insoumis. C'est tout cela qui me fait craindre de la violence. Pas pour ce matin, mais pour cet après-midi, j'ai les plus grandes craintes.

Y a-t-il un vrai risque que les forces de l'ordre soient prises pour cibles ?

Bien sûr. Pourquoi ? Parce que certains se sont fait des gorges chaudes depuis la synthèse rendue cette semaine par l'IGPN. Certains ont dit que l'IGPN couvrait la police. Mais certainement pas, c'est entièrement faux ! L'IGNP dit simplement que la riposte des forces de l'ordre, dès lors qu'elle a été engagée, était proportionnée. Par contre, la problématique se pose : pourquoi les forces de l'ordre sont-elles intervenues ? Qui a donné l'ordre ? Pourquoi tout n'avait pas été préparé en amont pour assurer la sécurité ? À mon sens, il ne fallait pas intervenir aussi vite que les forces de l'ordre sont intervenues ce soir-là.

Quelques jours après, je n'avais de cesse de dire qu'on avait mis en danger les gradés et les gardiens de la paix qui ont été engagés ce soir-là. Je remets en cause la responsabilité des donneurs d'ordre. Celui qui était sur place, sauf erreur de ma part un commissaire divisionnaire, a décidé d'engager immédiatement les forces de l'ordre, alors même que les forces mobiles, spécialisées dans ce domaine, sont arrivées quinze minutes plus tard et elles ont refusé d'être engagées parce qu'il y avait trop de danger. Je remets en cause l'autorité préfectorale qui n'a pas pris toutes les mesures. In fine aussi la municipalité. Est-ce que la municipalité ne devait pas mettre en place un barriérage ou déplacer le lieu de par le contexte dangereux et la proximité de la Loire ?

Plusieurs associations qui appellent à manifester ce samedi après-midi mettent sur le même plan les violences des manifestants et celle des policiers...

Aujourd'hui, une partie de la population, que j'espère minoritaire, stigmatise ceux qui portent l'habit bleu. La violence est légitime dès lors qu'elle est employée par les forces de l'ordre, après la déclinaison de toutes les sommations nécessaires. Ne faisons pas d'amalgames, c'est malheureusement ce qu'on fait depuis le 1er décembre. Un amalgame entre une violence illégitime de pseudo-manifestants qui ne sont in fine que des casseurs, des gens qui ont la volonté de casser du flic, et celle des forces de l'ordre qui sont là pour faire respecter le droit républicain.