"Titanic" : qui est Paul-Henri Nargeolet, le Français porté disparu lors d'une expédition sur l'épave ?

Directeur du programme de recherches sous-marines sur l'épave du Titanic, il a été le premier à avoir remonté à la surface 800 objets du paquebot. Il fait partie du groupe d'explorateurs à bord du sous-marin qui a disparu dimanche, confirme la Cité de la mer de Cherbourg à franceinfo ce mardi.
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Paul-Henri Nargeolet, directeur des recherches sous-marines du RMS Titanic, à Genève (Suisse) le 9 octobre 2014. (GR?GORY YETCHMENIZA / MAXPPP)

"Dans le sous-marin, en débouchant pour la première fois sur l’épave du Titanic, pendant un moment, pratiquement dix minutes, on n'a pas dit un mot", confiait Paul-Henri Nargeolet en avril 2022 à franceinfo. Le Français de 77 ans avait été le premier, en 1993, à avoir remonté à la surface 800 objets du paquebot qui a sombré après avoir heurté un iceberg à 600 kilomètres des côtes de Terre-Neuve. Trente ans plus tard, il est monté dimanche 18 juin à bord d'un petit sous-marin pour aller observer l'épave du Titanic

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Plus aucun contact n'a pu être établi avec l'engin de moins de sept mètres de long, nommé "Titan", 1h45 après avoir entamé sa descente. La société OceanGate Expedition qui propose ces expéditions autour du Titanic écrit sur son site que ce submersible dispose d’une assistance vitale pour 96 heures. Les passagers de ce voyage exceptionnel, un pilote et de quatre autres personnes, dont Paul-Henri Nargeolet et le millardaire britannique Hamish Harding, avaient payé 250 000 dollars pour voir l'épave mythique. 

Passionné par les épaves "depuis tout petit"

Paul-Henri Nargeolet est le directeur du programme de recherches sous-marines sur l'épave du Titanic. En avril 2022, il avait publié un livre, Dans les profondeurs du Titanic, aux éditions HarperCollins. "Je raconte que j'ai rencontré deux survivantes le même jour, une le matin, qui m'a dit : 'Moi, je n'aime pas ce que vous faites parce que mon père est mort sur l'épave, ça ne me plaît pas, il faut laisser tout ça tranquille'. L'après-midi du même jour, j'ai rencontré une autre survivante qui m'a dit : 'Moi, j'aime bien ce que vous faites et d'ailleurs, ma maman a oublié son collier de perles sur la table de nuit. Est-ce que vous pouvez aller le chercher ?' Ce sont deux façons de voir les choses, elles sont différentes."

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En remontant, en 1993, des objets ayant appartenu aux victimes, Paul-Henri Nargeolet souhaitait que "les générations futures aient quelques choses qui viennent du Titanic. 

"Grâce à ces objets, on retrouve l'histoire de gens dont on n'aurait jamais parlé. Parce que, qu'est-ce qui a été mis en avant très souvent ? Ce sont les célébrités de l'époque qui étaient les millionnaires ou milliardaires de l'époque. Mais les histoires des émigrants qui voulaient avoir une vie meilleure aux États-Unis ont été oubliées."

Paul-Henri Nargeolet, spécialiste du Titanic

à franceinfo

Paul-Henri Nargeolet avait passé 22 ans dans la Marine nationale en tant qu'officier spécialisé dans le déminage, la plongée et l'intervention sous-marine profonde. "J'ai toujours été fasciné par les épaves depuis tout petit", confiait-il à franceinfo en avril 2022. Lors de sa première plongée sur l'épave du Titanic, "les contrats n'étaient pas pas signés. On n'aurait même pas dû la faire, mais on était sur place. Je me suis dit : si jamais, ils ne signent pas, on est là, il faut au moins qu'on fasse une plongée. Et alors on a fait la plongée et le soir, on a reçu un télex de la direction de l'Ifremer, disant : 'Le contrat est signé vous pouvez plonger". Ensuite, lui et ses équipes décrochent un contrat pour 12 plongées. "On en a fait 32 !"

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