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Présidentielle 2022 : à Marseille, Emmanuel Macron soigne sa gauche en promettant une "politique qui sera écologique ou ne sera pas"

Dans une ville qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête du premier tour, le candidat Macron a envoyé des signaux à sa gauche en parlant de l'environnement comme du "combat du siècle".

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France Télévisions
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Emmanuel Macron en meeting à Marseille, le 16 avril 2022. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Le 24 avril, c'est un référendum pour ou contre l'écologie." A huit jours du second tour de l'élection présidentielle, voilà l'image utilisée par Emmanuel Macron pour définir l'un des enjeux du scrutin. Le président-candidat LREM, qui entend convaincre les Français de le réélire face à Marine Le Pen, a conclu une semaine riche en déplacements et en interviews par son premier meeting de l'entre-deux-tours, à Marseille, samedi 16 avril.

Dans une ville qui a voté à plus de 31% pour le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, dimanche dernier, le chef de l'Etat a donc poursuivi sa stratégie d'appels du pied aux électeurs de gauche en déroulant une série de mesures environnementales. Et ce, après avoir multiplié les concessions, que ce soit sur sa réforme des retraites ou sur la déconjugalisation de l'allocation aux adultes handicapés.

Entre deux références footballistiques, Emmanuel Macron a dit cette fois avoir entendu le "message fort des électeurs" pour mettre l'environnement "au cœur de [sa] campagne et des années à venir en France", tout comme le dernier rapport du Giec, qui donne trois années aux gouvernements pour réagir.

"Nous devons donner une perspective nouvelle pour le 24 avril et pour les années qui viennent."

Emmanuel Macron

en meeting à Marseille

"Nous devons réconcilier le pays par un changement de paradigme, par une ambition nouvelle" sur l'environnement, selon lui. Dans le jardin du Pharo, qui surplombe le Vieux-Port de la cité phocéenne, il a donc parlé climat et transition énergétique à quelque 3 000 personnes (selon le chiffre des organisateurs, mais il restait de la place dans le parc) venues l'écouter debout, sous un soleil estival. 

"Pendant cinq ans, nous nous sommes battus"

Dans les sondages, s'il garde pour l'instant une petite avance pour le second tour, la digue du "front républicain" n'apparaît plus aussi solide que par le passé. "L'objectif du discours, c'est de dire : 'On a entendu le message de dimanche et le fait que 30% des gens se sont portés sur des candidats qui portent un projet écologique et social", assume son équipe.

Au moment où le mouvement Extinction Rebellion a débuté une action de blocage dans le centre de Paris pour faire parler des enjeux climatiques, le président-candidat a d'abord tenu à rappeler les avancées de son quinquennat. "Pendant cinq ans, nous nous sommes battus", a-t-il assuré. Il a ainsi cité l'abandon de projets phares comme l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), vanté son action à l'international et établi une longue liste de mesures allant de la rénovation thermique des logements à la conversion des véhicules polluants. "Nous avons été deux fois plus vite pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre que lors des quinquennats précédents, a affirmé le candidat. Mais très clairement, le Giec nous a dit que ça ne [suffisait] pas." 

"Si nous voulons respecter les accords de Paris, il faut aller deux fois plus vite. Et vous savez quoi, on va le faire !"

Emmanuel Macron

en meeting à Marseille

Conscient du retard pris par la France, Emmanuel Macron a tenu à faire quelques annonces. Il a ainsi promis que son "prochain Premier ministre sera[it] directement chargé de la planification écologique", un concept cher à Jean-Luc Mélenchon. Ce Premier ministre sera appuyé de deux ministres. Le premier, chargé de la planification énergétique, devra "faire de la France la première nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon", notamment grâce au nucléaire, aux énergies renouvelables et "à une stratégie hydrogène"

"Cela démontre irréfutablement l'importance que nous accorderons à ce combat du siècle."

Emmanuel Macron

en meeting à Marseille

Le ou la deuxième ministre, chargé de la planification écologique territoriale, aura pour mission "d'organiser avec les élus locaux la transition environnementale dans chaque territoire" avec "un agenda de décentralisation massive". Les transports publics, le fret ferroviaire et fluvial ou encore la rénovation thermique des logements seront au cœur des missions de ce nouveau ministère. "La politique que je mènerai dans les cinq années à venir sera écologique ou ne sera pas", a résumé le président-candidat. Mais il n'a pas renversé la table pour autant. "Je ne crois pas dans la décroissance, a-t-il prévenu. Pour financer nos hôpitaux, il nous faut produire et travailler davantage."

"Notre défi est de faire une économie plus écologique, pas moins d'économie pour l'écologie."

Emmanuel Macron

en meeting à Marseille

Le président-candidat a également dit vouloir créer une "fête de la nature", à l'image de la fête de la musique, qui pourrait se tenir chaque année fin mai, "moment d'union nationale autour de nos paysages". Evoquant encore les circuits courts, la plantation de 140 millions d'arbres, la lutte contre la pollution plastique ou contre les décharges à ciel ouvert, Emmanuel Macron a donc cherché à envoyer un message fort aux Français sensibles à la question écologique. 

Mais pas sûr que ce discours permettra de changer le regard de ses contempteurs, comme l'association Greenpeace, qui fustige un "bilan catastrophe" en matière d'écologie et qualifie le président sortant de "champion des promesses, mais pas des actes"

En collaboration avec l'association Les Shifters, franceinfo avait d'ailleurs établi avant le premier tour une analyse détaillée du programme d'Emmanuel Macron. Il était jugé "éloigné" des objectifs climatiques de la France. Le président n'est pas revenu explicitement sur son renoncement concernant l'interdiction du glyphosate ou sur ses promesses non tenues, comme le doublement de la capacité des énergies éolienne et solaire. Il n'a pas évoqué non plus la condamnation de la France en 2021 pour son inaction climatique, dans "l'Affaire du siècle".

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