Vrai ou faux Législatives 2024 : on a vérifié quatre affirmations de "L'Evénement" avec Gabriel Attal, Jordan Bardella, Raphaël Glucksmann, Clémence Guetté et David Lisnard

Article rédigé par franceinfo
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De gauche à droite : Gabriel Attal, Jordan Bardella, Raphaël Glucksmann, Clémence Guetté et David Lisnard, invités de l'émission "L'Evénement" sur France 2, le 4 juillet 2024. (FRANCE 2)
Les représentants des grandes formations politiques du pays étaient interviewés sur France 2, jeudi soir, à trois jours du second tour des élections législatives.

Ils étaient cinq : Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), Raphaël Glucksmann, député européen PS-Place publique, Gabriel Attal, Premier ministre et candidat aux législatives sous la bannière Ensemble, David Lisnard, maire Les Républicains de Cannes (Alpes-Maritimes) et président de l'Association des maires de France, et Clémence Guetté, députée La France insoumise (LFI) du Val-de-Marne réélue dès le premier tour des élections législatives. A trois jours du second tour, ils ont répondu tour à tour, jeudi 4 juillet, sur France 2, aux questions posées lors de l'émission "L'Evénement" par des journalistes et des experts, ainsi qu'à celles d'internautes. Franceinfo a vérifié quatre déclarations prononcées par ces personnalités politiques.

1 Jordan Bardella assure qu'il pourra faire baisser "très vite" la TVA sur l'énergie à 5,5% : pas si simple

"La baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l'énergie, [dont] le carburant, est une mesure que je souhaite prendre très vite et que je ferai adopter par l'intermédiaire d'un projet de loi de finances rectificative."

Jordan Bardella, président du Rassemblement national

sur France 2

Jordan Bardella a, une nouvelle fois, promis de baisser la TVA sur les produits énergétiques de 20% à 5,5%. Notamment sur le carburant. C'est "une mesure que je souhaite prendre très vite et que je ferai adopter par l'intermédiaire d'un projet de loi de finances rectificative", a répété la tête d'affiche du RN. Mais cette mesure ne peut pas être appliquée si facilement : il est illégal d'abaisser la TVA sur le carburant au-delà du taux "normal" de 15% fixé par la directive européenne de novembre 2006.

Pour y parvenir, le RN espère négocier avec Bruxelles, comme l'a fait notamment la Pologne. Mais celle-ci a obtenu une dérogation auprès de l'UE sur fond de crise énergétique. Une dérogation définitive sur les carburants est incompatible avec la directive de 2022, qui prévoit une échéance à 2030 pour la taxation réduite des énergies fossiles. Ainsi, seule une partie de la promesse du RN peut s'appliquer : une TVA réduite sur le gaz et l'électricité.

2 Raphaël Glucksmann cite l'Espagne pour affirmer que l'augmentation du smic à 1 600 euros n'est "pas une mesure gauchiste" : imprécis

"Ce n'est pas une mesure gauchiste, cela a été fait en Espagne."

Raphaël Glucksmann, eurodéputé Place publique

sur France 2

Interrogé sur l'augmentation du Smic à 1 600 euros net par mois, l'une des mesures phares du programme économique du Nouveau Front populaire, Raphaël Glucksmann, a rétorqué que ce n'était "pas une mesure gauchiste", car "cela a été fait en Espagne". De fait, s'il ne précise pas ce qu'il entend par "gauchiste", c'est bien depuis 2018, au moment de l'arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez, secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), que le salaire minimum a été relevé de 54%, comme le soulignent Les Echos. Les socialistes espagnols étaient appuyés de manière décisive en ce sens par Podemos, mouvement de la gauche radicale qui a soutenu Pedro Sanchez et lui a permis pendant plusieurs années de se maintenir au pouvoir.

3 Gabriel Attal affirme que "la plupart des pays européens" connaissent "une forte poussée des mouvements d'extrême droite" : vrai

"On voit dans la plupart des pays européens une poussée forte des mouvements d'extrême droite. C'est le cas en Allemagne. C'est le cas aux Pays-Bas. C'est le cas en Italie où elle a gagné. C'est le cas au Portugal."

Gabriel Attal, Premier ministre

sur France 2

Interrogé sur la responsabilité d'Emmanuel Macron dans la montée du Rassemblement national en France, Gabriel Attal a mis en avant le fait que la France n'était pas le seul pays concerné au sein de l'UE. "On voit dans la plupart des pays européens une poussée forte des mouvements d'extrême droite", assure le Premier ministre, en citant l'exemple de l'Allemagne, des Pays-Bas et de l'Italie. Effectivement, à l'issue des élections européennes du 9 juin, ces deux premiers pays ont envoyé davantage d'eurodéputés issus de l'extrême droite à Bruxelles. En Italie, le nombre de députés européens d'extrême droite se stabilise à un niveau élevé.

Cette poussée de l'extrême droite se vérifie aussi dans les résultats des élections législatives dans ces pays depuis 2010. Le Portugal étant l'un des derniers pays où l'extrême droite a connu une percée historique, en début d'année.

Certains Etats connaissent aussi une dynamique inverse. Dans les pays nordiques, tels que la Suède et la Finlande, l'extrême droite a ainsi reculé aux dernières élections européennes.

4 Pour Clémence Guetté, "neuf Français sur dix" gagnent moins de 4 000 euros par mois : vrai

"Neuf Français sur dix, avec notre réforme fiscale, vont y gagner. En dessous de 4 000 euros net mensuels individuels, les gens vont payer moins de prélèvements obligatoires."

Clémence Guetté, députée LFI

sur France 2

La représentante de La France insoumise était interrogée sur le système d'imposition que souhaite réformer le Nouveau Front populaire (NFP), en introduisant 14 tranches progressives, au lieu de cinq actuellement. Elle a ainsi assuré que "neuf Français sur dix (...) vont payer moins de prélèvements obligatoires" puisque cela concerne les salariés "en dessous de 4 000 euros net" par mois.

Ce ratio est juste, selon les chiffres de l'Insee de 2021. Hors fonction publique, 90% des salariés gagnaient moins de 4 010 euros précisément, en équivalent temps plein. 

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