LFI, EELV, PS... Comment vont fonctionner les différents partis de la Nupes à l'Assemblée nationale ?

Après une rentrée en ordre dispersé au Palais-Bourbon, "insoumis", socialistes, communistes et écologistes tentent de s'accorder pour s'opposer au gouvernement d'Elisabeth Borne.

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Des députés des différents partis de la Nupes devant l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juin 2022. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Objet politique non-identifié aux élections législatives, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) cherche sa voie parlementaire. Quelques jours après le second tour, qui l'a vu faire entrer plus de 130 députés à l'Assemblée nationale, l'alliance des partis de gauche tente de se structurer sous les ors du Palais-Bourbon.

Relation entre les différents groupes parlementaires, candidatures aux principaux postes de l'Assemblée nationale, vote sur les premiers textes législatifs… L'articulation de ces forces diverses à la chambre basse n'a rien d'évident, même si les représentants des "insoumis", des socialistes, des communistes et des écologistes affichent leur unité dans un paysage parlementaire chamboulé.

La Nupes se réunira chaque semaine

Ce grand mécano politique a pourtant commencé avec un couac, lundi, lorsque Jean-Luc Mélenchon a proposé à ses alliés de gauche de ne former qu'un seul groupe commun à l'Assemblée, une idée immédiatement balayée par les trois autres composantes de la Nupes. "Il y a déjà un intergroupe prévu", ont rétorqué en chœur les cadres d'EELV, du PS et du PCF.

Cette fameuse structure a justement vu le jour jeudi après-midi, lors d'une réunion d'une heure et demie, à laquelle ont assisté 16 représentants des quatre composantes de la coalition. "On va se voir chaque semaine", a assuré aux journalistes la communiste Elsa Faucillon à la sortie de ce premier rendez-vous. Jeudi, autour de la table, André Chassaigne (PCF) était le seul président de groupe absent, contrairement à Mathilde Panot (LFI), Julien Bayou et Cyrielle Chatelain (EELV) et Boris Vallaud (PS), en compagnie d'autres cadres de l'alliance.

A quoi vont s'atteler les représentants de la Nupes, mardi 29 juin, ainsi que les semaines suivantes ? Selon Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, il s'agit avec cet intergroupe de "faire du travail en commun entre nos quatre groupes parlementaires", a-t-elle déclaré aux côtés d'Elsa Faucillon.

Droit de tirage, niches parlementaires...

"Cet intergroupe, poursuit l'écologiste Sophie Taillé-Polian, ça va être l'occasion de dire 'tiens, il y a tant de sujets importants à faire émerger, on se les répartit pour que les niches parlementaires soient complémentaires et non pas concurrentes'. On peut aussi s'organiser pour bien balayer les sujets en vue du droit de tirage", dont dispose chaque groupe parlementaire, une fois par an, pour créer une commission d’enquête. 

"L'intergroupe, c'est de la coordination, c'est hyper important"

La députée écologiste Sophie Taillé-Polian

à franceinfo

Dans les faits, l'intergroupe n'apparaît officiellement nulle part. "A titre personnel, je ne serais pas opposé à ce que ça soit formel, avec des moyens pour exister", défendait auprès de franceinfo Aurélien Taché, du groupe écologiste, en début de semaine. Mais contrairement aux groupes parlementaires "classiques", cette structure similaire aux intergroupes du Parlement européen restera informelle.

Pour la gauche, 95% de votes identiques ?

Les chantiers de cet intergroupe sont en tout cas nombreux, à commencer par la définition d'une position commune sur les textes que devrait présenter le gouvernement en juillet. Sur les mesures en faveur du pouvoir d'achat, y aura-t-il une unanimité à gauche contre le texte ? "Au sein de cette coalition, on s'est mis d'accord sur un programme, avec 650 mesures. Sur ces 650 mesures, il y a 95% qu'on défend en commun et 5% pour lesquels il y a des nuances qu'on traitera au Parlement. Sur les 95% des points du programme, on s'est engagés à voter la même chose, donc on votera la même chose", a expliqué le député LFI Manuel Bompard sur franceinfo, vendredi 24 juin.

"Il y aura peut-être des moments où les groupes de la Nupes ne voteront pas tout à fait de la même manière."

Le député La France insoumise Manuel Bompard

à franceinfo

Ces divergences pourraient aussi concerner la question d'une motion de censure contre Elisabeth Borne, début juillet. Alors que la Première ministre pourrait ne pas se soumettre à un vote de confiance à l'issue de sa déclaration de politique générale, les députés de La France insoumise seront "sans doute contraints" de déposer une motion de censure pour s'opposer au gouvernement, a assuré Manuel Bompard sur franceinfo, vendredi.

Rabault veut porter sa voix au sein de la Nupes

Dans le même temps, Fabien Roussel, député communiste critique de la Nupes, ne "comprend pas beaucoup pourquoi il y a cette motion de censure", a-t-il défendu sur RTL, mardi. D'autres députés de la Nupes, comme Valérie Rabault, se montrent prudents. "On ne peut pas dire qu'on censure le gouvernement alors qu'on ne sait pas ce qu'il propose", a évacué la députée socialiste sur France 2, vendredi.

La parlementaire PS a par ailleurs réaffirmé qu'elle briguait la présidence de la commission des finances, alors que les différents partis de la Nupes ont acté le fait de ne présenter qu'un seul candidat à cette fonction, à savoir le député LFI Eric Coquerel. Avant une grande réunion de tous les députés de cette alliance électorale, mardi après-midi, tous les violons ne sont pas (encore) accordés.

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